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Ep. 163 Féminisme, capitalisme et entrepreneuriat peuvent-ils faire bon ménage?

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Les plus observateurs d’entre vous auront sûrement remarqué que bien que je parle souvent de systèmes d’oppression, de patriarcat, de richesse et de pouvoir, il y a un mot que je n’utilise pas souvent dans mes réflexions : le capitalisme.

Une partie de moi évite le terme parce qu’en tant qu’ancienne étudiante de philosophie continentale et des cultures slaves (j’en ai lu des compte-rendus de goulags et de reconstruction post-bolshévique), j’ai une compréhension plutôt tendue des forces idéologiques qui soutiennent le capitalisme et ses contraires.

Et l’autre partie de moi n’en parle pas parce que j’ai été plusieurs fois ouvertement critiquée pour mes positions “de droite” (leurs mots) quand je réfléchissais à voix haute sur des sujets comme l’argent, le luxe et la richesse.

(Dans les sphères dans lesquelles j’évolue, c’est à peine si c’est l’équivalent de prendre le thé avec Jeff Bezos, voter pour Donald Trump et héberger une horde vampires mangeurs de nouveaux-nés dans mon sous-sol.)

Bref, c’est une façon compliquée de dire que c’est un sujet que je trouve hyper complexe et pour lequel je déplore trop souvent les analyses superficielles et incendiaires qui utilisent le manteau de la soi-disant moralité pour jeter de la haine gratuite à d’autres femmes entrepreneures.

CECI DIT.

Je me vois aussi comme une chercheure sur l’ambition chez les femmes et je réfléchis constamment à la question : “Est-ce que tout entrepreneuriat - parce que basé dans un système capitaliste - est fondamentalement abusif?”.

C’est notamment une des questions à laquelle j’ai été confrontée alors que je rédigeais mes propositions de recherche doctorale. Et pour être 100% honnête, j’y réfléchis encore, car je n’ai pas de réponse qui me satisfasse.

Aujourd’hui, j’avais quand même envie de te partager quelques-unes de mes croyances qui nourriront peut-être tes propres réflexions sur le sujet.

Mais avant de commencer!… je veux m’assurer que tu as bien vu qu’il est encore possible de regarder le replay de ma masterclass gratuite qui s’appelle : Apprendre à danser avec le chaos entrepreneurial… sans surcharger ton système nerveux ou faire de ta croissance un événement traumatique

Pour accéder à l’enregistrement, tout ce que tu as à faire est de remplir le formulaire de candidature pour Autopoiesis. Ça va te prendre 3 min max et ça a comme seul objectif d’apprendre à te connaître un peu et voir si le travail que je propose via ce programme est adapté à là où tu veux aller avec ton entreprise dans les prochaines années.

Si tu penses que ça peut potentiellement t’intéresser, candidate pour que je t’envoie le lien pour visionner le replay avant que ça expire. Pas plus compliqué que ça.

ICI POUR DEMANDER TON INVITATION

Bon, maintenant retournons au capitalisme et à l’entrepreneuriat…

Voici quelques raisons pourquoi je n’arrive pas [encore] à adhérer au discours anti-capitaliste.

RAISON #1 : L’anti-capitalisme n’existe que dans le framework de pensée du capitalisme… et je ne veux pas rester prisonnière de cette vision du monde.

L’une des caractéristiques du capitalisme, c’est sa capacité à absorber toute idéologie, tout mouvement, toute résistance, et de l’exploiter pour son propre avantage. Pense à la profusion des t-shirts de Che Guevara ou à l’industrie de l’imagerie nostalgique de la Russie de Staline. L’ironie est la gasoline du capitalisme. ⛽

(Voici un article datant de 2017 sur le cas Pepsi en relation à Black Lives Matters qui traite de la problématique).

L’anti-capitalisme de par son nom même se définit comme un mouvement réactionnaire (anti-) qui existe uniquement comme négation de son grand frère (-capitalisme). Le premier existe dans le contexte du second.

Et même si la condamnation d’un système basé dans la violence et l’exploitation est une noble cause, fonder une idéologie socioéconomique sur la négation de quelque chose de fondamentalement problématique nous met dans une position de pure réactivité.

Un genre de Noir/Blanc dans lequel on offre pas une alternative qui sort du cadre même de la réflexion capitaliste.

Et selon moi, dans la réactivité, il n’y a pas de créativité.

Voilà probablement la plus grande critique que je fais du discours anti-capitaliste : son manque d’imagination.

RAISON #2 : Le discours anti-capitaliste sous-tend trop souvent une position de privilège ancré dans la culpabilité occidentale.

Et ici, je vais parler plus spécifiquement de l’anti-capitalisme qui démonise l’argent, la richesse et la propriété privée dans les mains de monsieur et madame tout le monde.

Le socialisme, le communisme et autres idéaux anti-capitalistes sont fun à envisager quand t’as 19 ans et que t’as envie d’essayer la vie de bohème avec tes 2 colocs’ dans ton appart mal décoré que ton papa comptable t’a déniché dans le quartier le plus hip de la ville (fait vécu).

Mais je te garantis que si tu parles à une Serbe, une Haïtienne ou une Sud-Coréenne des bienfaits d’un régime proto-communiste et de l’immoralité d’accumuler des biens au-delà de ce qui est “socialement” acceptable, tu vas te faire donner une leçon d’histoire assez vite.

Perso, je suis la première génération d’une lignée qui a réussi à s’extirper d’une extrême pauvreté. Ma mère vient d’un pays machiste qui a littéralement fait faillite (l’Argentine) et a grandi avec une mère divorcée monoparentale qui a dû utiliser toute sa débrouillardise pour faire vivre ses 3 enfants. Mon père est victime des orphelinats catholiques dans la période noire de Duplessis dans le Québec des années 40. La précarité financière fait partie de nos traumas intergénérationnels. La recherche de sécurité, de stabilité et de richesse est un mécanisme naturel de survie.

Se sentir coupable de nos privilèges ne nous donne pas la supériorité morale de juger qui que ce soit d’aspirer à tirer son épingle d’un jeu biaisé et violent.

RAISON #3 : Je préfère combattre le patriarcat, l’extraction et l’entrepreneuriat oppressif, plutôt que la richesse.

Bien entendu, j’aimerais vivre dans un monde où les ressources sont distribuées équitablement. Mais notre obsession de l’hyper-croissance, l’entitlement de l’Humain au-delà de la Nature et notre déconnexion profonde à notre spiritualité ont créé un littéral déficit planétaire.

En tant que citoyenne privilégiée de l’Occident, je considère avoir une obligation morale de déconstruire ces modèles de concevoir le monde. Cette déconstruction a lieu au sein de mon entreprise, mais aussi dans ma vie personnelle et mes schémas de pensée.

C’est notamment pourquoi je vois l’entrepreneuriat comme un geste féministe. Il nous permet de changer les dynamiques que l’on entretient avec notre environnement, avec notre histoire et avec nos communautés… idéalement pour le mieux.

(En passant, voici deux livres qui m’ont beaucoup aidé à cheminer ces derniers temps : True Wealth de l’économiste américaine Juliet B. Schor et Braiding Sweetgrass de la botaniste Potawatomi Robin Wall Kimmerer).

Malgré cela, je n’ai jamais eu le besoin de démoniser l’argent pour changer les paradigmes, car selon ma vision des choses, l’argent est une façon abstraite de participer à un acte d’échange, acte moralement neutre à la base de nos interactions humaines.

Pour ce qui est de la richesse, elle est présente partout autour de nous; suffit de la remarquer. On peut en être garante momentanément et ensuite la redonner, la redistribuer et la faire circuler.

Et tu sais quoi? C’est ce qui se passe quand les femmes accèdent à plus d’argent : elles la font circuler. C’est un fait documenté. Selon toutes les recherches sérieuses qui ont été faites sur le sujet, quand les femmes sont en position de richesse, elles font circuler le profit dans leurs familles, leurs communautés, etc. Bref, elles améliorent la situation de ceux et celles qui les entourent.

Le problème n’est donc pas l’outil (l’argent) ou le résultat (la richesse), mais bien de bloquer cette circulation.

RAISON #4 : Je me méfie de toute injonction de moralité perfectionniste.

Bon, ceci est plus une opinion qu’une raison, mais je pense réellement que beaucoup d’entrepreneurs anticapitalistes ont de la difficulté à réconcilier leurs désirs matériels et spirituels de vivre bien. Cette tension se manifeste par une position moralisatrice qui me rappelle beaucoup trop l’oppression qu’on met sur les femmes “d’être des bonnes petites filles parfaites”.

Et quand je vois ce mal-être, j’ai de la misère à me dire : oui, c’est comme ça que tout le monde devrait penser et se sentir. Au contraire, ça me fait plutôt me questionner à qui bénéficie de cette confusion? 🤔

95% du temps, la réponse est évidente : le patriarcat.

La honte est l’arme préférée de l’oppression. Dès qu’elle se pointe le nez, j’ai un gros red flag qui se lève.

Donc quoi de mieux que de créer une honte profonde autour de l’argent chez les femmes pour pouvoir maintenir en place les systèmes de pouvoir actuels… n’est-il pas coquin?

Moi ce que je veux c’est de voir plus de femmes en position de pouvoir, parce qu’encore une fois, c’est documenté que quand les femmes prennent la tête d’entreprises, qu’elles accumulent de la richesse et qu’elles participent activement aux prises de décision… les communautés qui les entourent en BÉNÉFICIENT DAVANTAGE.

Donc si on arrêtait de pointer du doigt celles qui se fraient un chemin vers ce leadership et qu’on les encourageait plutôt à continuer à s’élever jusqu’à ce qu’elles soient en mesure de transformer, elles aussi, le tissus économique et social?

Rallions-nous contre les Musk, Zuckerberg et autres oligarques de ce monde et laissons tranquille la petite entrepreneure qui a réussi à faire son 500 000$ cette année, brisé un cycle de pauvreté intergénérationnel et profité pour payer à sa famille un voyage de luxe à Bali, ok?

Ouf! Fallait que ça sorte…

Bon, naturellement, j’ai beaucoup plus à dire sur le sujet (et avec beaucoup plus de nuance).

Comme expliqué, c’est une réflexion qui est encore activement en cours. En fait, je suis si sérieuse dans la réflexion que je désire passer les 5 prochaines années de ma vie à faire de la recherche là-dessus. Mais voici où j’en suis.

Bien entendu, il n’y a pas de réponse facile… mais éventuellement, on a pas le choix que de se positionner.

Et si on veut revenir au concret de la business, je pense que ce type de réflexion est d’autant plus cruciale au moment où, collectivement, on commence à se questionner sérieusement sur nos modèles de créer et maintenir des entreprises oppressives.

Si c’est le genre de question qui t’habite, un des piliers sur lesquels on va se pencher dans Autopoiesis dans les prochains mois est comment établir notre propre éthique de profit.

Parce qu’à la fin de la journée, ta façon d’entreprendre est un sujet qui se déclinera entre toi et ta conscience.

Le but, comme toujours, c’est d’être consciente, intentionnelle.

Parce qu’une conscience ignorée peut rapidement se transformer en saboteur destructeur.

Alright, FNAME.

C’est tout ce que j’avais pour toi aujourd’hui.

N’oublie pas d’envoyer ta candidature pour Autopoiesis. Le replay de la masterclass expire bientôt et ça serait plate que tu passes à côté.

>>> Ici pour remplir le formulaire.

Bon weekend 🌞

Tatiana

À écouter également : Ep. 126 Le marketing répulsif avec Jasmine Touitou et Ep. 151 L’entreprise autopoïétique : ce que le vivant nous apprend sur le succès

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Une partie de moi évite le terme parce qu’en tant qu’ancienne étudiante de philosophie continentale et des cultures slaves (j’en ai lu des compte-rendus de goulags et de reconstruction post-bolshévique), j’ai une compréhension plutôt tendue des forces idéologiques qui soutiennent le capitalisme et ses contraires.

Et l’autre partie de moi n’en parle pas parce que j’ai été plusieurs fois ouvertement critiquée pour mes positions “de droite” (leurs mots) quand je réfléchissais à voix haute sur des sujets comme l’argent, le luxe et la richesse.

(Dans les sphères dans lesquelles j’évolue, c’est à peine si c’est l’équivalent de prendre le thé avec Jeff Bezos, voter pour Donald Trump et héberger une horde vampires mangeurs de nouveaux-nés dans mon sous-sol.)

Bref, c’est une façon compliquée de dire que c’est un sujet que je trouve hyper complexe et pour lequel je déplore trop souvent les analyses superficielles et incendiaires qui utilisent le manteau de la soi-disant moralité pour jeter de la haine gratuite à d’autres femmes entrepreneures.

CECI DIT.

Je me vois aussi comme une chercheure sur l’ambition chez les femmes et je réfléchis constamment à la question : “Est-ce que tout entrepreneuriat - parce que basé dans un système capitaliste - est fondamentalement abusif?”.

C’est notamment une des questions à laquelle j’ai été confrontée alors que je rédigeais mes propositions de recherche doctorale. Et pour être 100% honnête, j’y réfléchis encore, car je n’ai pas de réponse qui me satisfasse.

Aujourd’hui, j’avais quand même envie de te partager quelques-unes de mes croyances qui nourriront peut-être tes propres réflexions sur le sujet.

Mais avant de commencer!… je veux m’assurer que tu as bien vu qu’il est encore possible de regarder le replay de ma masterclass gratuite qui s’appelle : Apprendre à danser avec le chaos entrepreneurial… sans surcharger ton système nerveux ou faire de ta croissance un événement traumatique

Pour accéder à l’enregistrement, tout ce que tu as à faire est de remplir le formulaire de candidature pour Autopoiesis. Ça va te prendre 3 min max et ça a comme seul objectif d’apprendre à te connaître un peu et voir si le travail que je propose via ce programme est adapté à là où tu veux aller avec ton entreprise dans les prochaines années.

Si tu penses que ça peut potentiellement t’intéresser, candidate pour que je t’envoie le lien pour visionner le replay avant que ça expire. Pas plus compliqué que ça.

ICI POUR DEMANDER TON INVITATION

Bon, maintenant retournons au capitalisme et à l’entrepreneuriat…

Voici quelques raisons pourquoi je n’arrive pas [encore] à adhérer au discours anti-capitaliste.

RAISON #1 : L’anti-capitalisme n’existe que dans le framework de pensée du capitalisme… et je ne veux pas rester prisonnière de cette vision du monde.

L’une des caractéristiques du capitalisme, c’est sa capacité à absorber toute idéologie, tout mouvement, toute résistance, et de l’exploiter pour son propre avantage. Pense à la profusion des t-shirts de Che Guevara ou à l’industrie de l’imagerie nostalgique de la Russie de Staline. L’ironie est la gasoline du capitalisme. ⛽

(Voici un article datant de 2017 sur le cas Pepsi en relation à Black Lives Matters qui traite de la problématique).

L’anti-capitalisme de par son nom même se définit comme un mouvement réactionnaire (anti-) qui existe uniquement comme négation de son grand frère (-capitalisme). Le premier existe dans le contexte du second.

Et même si la condamnation d’un système basé dans la violence et l’exploitation est une noble cause, fonder une idéologie socioéconomique sur la négation de quelque chose de fondamentalement problématique nous met dans une position de pure réactivité.

Un genre de Noir/Blanc dans lequel on offre pas une alternative qui sort du cadre même de la réflexion capitaliste.

Et selon moi, dans la réactivité, il n’y a pas de créativité.

Voilà probablement la plus grande critique que je fais du discours anti-capitaliste : son manque d’imagination.

RAISON #2 : Le discours anti-capitaliste sous-tend trop souvent une position de privilège ancré dans la culpabilité occidentale.

Et ici, je vais parler plus spécifiquement de l’anti-capitalisme qui démonise l’argent, la richesse et la propriété privée dans les mains de monsieur et madame tout le monde.

Le socialisme, le communisme et autres idéaux anti-capitalistes sont fun à envisager quand t’as 19 ans et que t’as envie d’essayer la vie de bohème avec tes 2 colocs’ dans ton appart mal décoré que ton papa comptable t’a déniché dans le quartier le plus hip de la ville (fait vécu).

Mais je te garantis que si tu parles à une Serbe, une Haïtienne ou une Sud-Coréenne des bienfaits d’un régime proto-communiste et de l’immoralité d’accumuler des biens au-delà de ce qui est “socialement” acceptable, tu vas te faire donner une leçon d’histoire assez vite.

Perso, je suis la première génération d’une lignée qui a réussi à s’extirper d’une extrême pauvreté. Ma mère vient d’un pays machiste qui a littéralement fait faillite (l’Argentine) et a grandi avec une mère divorcée monoparentale qui a dû utiliser toute sa débrouillardise pour faire vivre ses 3 enfants. Mon père est victime des orphelinats catholiques dans la période noire de Duplessis dans le Québec des années 40. La précarité financière fait partie de nos traumas intergénérationnels. La recherche de sécurité, de stabilité et de richesse est un mécanisme naturel de survie.

Se sentir coupable de nos privilèges ne nous donne pas la supériorité morale de juger qui que ce soit d’aspirer à tirer son épingle d’un jeu biaisé et violent.

RAISON #3 : Je préfère combattre le patriarcat, l’extraction et l’entrepreneuriat oppressif, plutôt que la richesse.

Bien entendu, j’aimerais vivre dans un monde où les ressources sont distribuées équitablement. Mais notre obsession de l’hyper-croissance, l’entitlement de l’Humain au-delà de la Nature et notre déconnexion profonde à notre spiritualité ont créé un littéral déficit planétaire.

En tant que citoyenne privilégiée de l’Occident, je considère avoir une obligation morale de déconstruire ces modèles de concevoir le monde. Cette déconstruction a lieu au sein de mon entreprise, mais aussi dans ma vie personnelle et mes schémas de pensée.

C’est notamment pourquoi je vois l’entrepreneuriat comme un geste féministe. Il nous permet de changer les dynamiques que l’on entretient avec notre environnement, avec notre histoire et avec nos communautés… idéalement pour le mieux.

(En passant, voici deux livres qui m’ont beaucoup aidé à cheminer ces derniers temps : True Wealth de l’économiste américaine Juliet B. Schor et Braiding Sweetgrass de la botaniste Potawatomi Robin Wall Kimmerer).

Malgré cela, je n’ai jamais eu le besoin de démoniser l’argent pour changer les paradigmes, car selon ma vision des choses, l’argent est une façon abstraite de participer à un acte d’échange, acte moralement neutre à la base de nos interactions humaines.

Pour ce qui est de la richesse, elle est présente partout autour de nous; suffit de la remarquer. On peut en être garante momentanément et ensuite la redonner, la redistribuer et la faire circuler.

Et tu sais quoi? C’est ce qui se passe quand les femmes accèdent à plus d’argent : elles la font circuler. C’est un fait documenté. Selon toutes les recherches sérieuses qui ont été faites sur le sujet, quand les femmes sont en position de richesse, elles font circuler le profit dans leurs familles, leurs communautés, etc. Bref, elles améliorent la situation de ceux et celles qui les entourent.

Le problème n’est donc pas l’outil (l’argent) ou le résultat (la richesse), mais bien de bloquer cette circulation.

RAISON #4 : Je me méfie de toute injonction de moralité perfectionniste.

Bon, ceci est plus une opinion qu’une raison, mais je pense réellement que beaucoup d’entrepreneurs anticapitalistes ont de la difficulté à réconcilier leurs désirs matériels et spirituels de vivre bien. Cette tension se manifeste par une position moralisatrice qui me rappelle beaucoup trop l’oppression qu’on met sur les femmes “d’être des bonnes petites filles parfaites”.

Et quand je vois ce mal-être, j’ai de la misère à me dire : oui, c’est comme ça que tout le monde devrait penser et se sentir. Au contraire, ça me fait plutôt me questionner à qui bénéficie de cette confusion? 🤔

95% du temps, la réponse est évidente : le patriarcat.

La honte est l’arme préférée de l’oppression. Dès qu’elle se pointe le nez, j’ai un gros red flag qui se lève.

Donc quoi de mieux que de créer une honte profonde autour de l’argent chez les femmes pour pouvoir maintenir en place les systèmes de pouvoir actuels… n’est-il pas coquin?

Moi ce que je veux c’est de voir plus de femmes en position de pouvoir, parce qu’encore une fois, c’est documenté que quand les femmes prennent la tête d’entreprises, qu’elles accumulent de la richesse et qu’elles participent activement aux prises de décision… les communautés qui les entourent en BÉNÉFICIENT DAVANTAGE.

Donc si on arrêtait de pointer du doigt celles qui se fraient un chemin vers ce leadership et qu’on les encourageait plutôt à continuer à s’élever jusqu’à ce qu’elles soient en mesure de transformer, elles aussi, le tissus économique et social?

Rallions-nous contre les Musk, Zuckerberg et autres oligarques de ce monde et laissons tranquille la petite entrepreneure qui a réussi à faire son 500 000$ cette année, brisé un cycle de pauvreté intergénérationnel et profité pour payer à sa famille un voyage de luxe à Bali, ok?

Ouf! Fallait que ça sorte…

Bon, naturellement, j’ai beaucoup plus à dire sur le sujet (et avec beaucoup plus de nuance).

Comme expliqué, c’est une réflexion qui est encore activement en cours. En fait, je suis si sérieuse dans la réflexion que je désire passer les 5 prochaines années de ma vie à faire de la recherche là-dessus. Mais voici où j’en suis.

Bien entendu, il n’y a pas de réponse facile… mais éventuellement, on a pas le choix que de se positionner.

Et si on veut revenir au concret de la business, je pense que ce type de réflexion est d’autant plus cruciale au moment où, collectivement, on commence à se questionner sérieusement sur nos modèles de créer et maintenir des entreprises oppressives.

Si c’est le genre de question qui t’habite, un des piliers sur lesquels on va se pencher dans Autopoiesis dans les prochains mois est comment établir notre propre éthique de profit.

Parce qu’à la fin de la journée, ta façon d’entreprendre est un sujet qui se déclinera entre toi et ta conscience.

Le but, comme toujours, c’est d’être consciente, intentionnelle.

Parce qu’une conscience ignorée peut rapidement se transformer en saboteur destructeur.

Alright, FNAME.

C’est tout ce que j’avais pour toi aujourd’hui.

N’oublie pas d’envoyer ta candidature pour Autopoiesis. Le replay de la masterclass expire bientôt et ça serait plate que tu passes à côté.

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Bon weekend 🌞

Tatiana

À écouter également : Ep. 126 Le marketing répulsif avec Jasmine Touitou et Ep. 151 L’entreprise autopoïétique : ce que le vivant nous apprend sur le succès

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