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La Géorgie, un pays sous influence étrangère?

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En Géorgie, la loi sur « l'influence étrangère » menace la société civile et les médias indépendants, et provoque des manifestations à Tbilissi, la capitale.

Des manifestations réprimées par la police anti-émeute et où il n'est pas rare que des journalistes indépendants soient pris à partie. L'un d'eux, Giorgi Baskhajauri, du média Aprili, a raconté au Monde qu'avoir été battu, il a été traité de « pédé » (sic) et qu'on lui a lancé : « Tu vas apprendre à être intelligent. » Le pouvoir tente de discréditer les manifestations en les assimilant à un « mouvement gay ».

Mais s'il en va de mœurs, c'est bien de mœurs démocratiques qu’il s'agit. Car cette loi sur l'influence étrangère, qui doit être adoptée d'ici au 17 mai, semble être une copie conforme de la loi sur « les agents de l'étranger » qui a été votée en Russie, après le début de la guerre en Ukraine. Une loi qui visait à faire taire les médias indépendants ainsi que toute critique de la guerre. Une loi que l'on retrouve, à peu de choses près, au Kirghizistan et en Abkhasie, sous influence russe.

À lire aussiGéorgie: un point de bascule?

Esprit de contradiction ?

Le gouvernement géorgien est pris dans une contradiction. D'un côté, il y a cette loi qui oblige les ONG recevant au moins 20% de financements étrangers à s'enregistrer, sous peine d'amende, en tant qu'« organisation servant les intérêts d'une puissance étrangère ». Un terme qui revient à les désigner comme des traitres ou des vendus.

De l'autre, il y a l'aspiration majoritaire de la population à intégrer l'Union européenne. Le Premier ministre Irakli Kobakhidze n'y est pas insensible puisqu'il continue de promettre pour 2030 l'intégration à l'UE à laquelle le pays est candidat officiel depuis décembre. Seulement, Bruxelles a fait part de sa « grande inquiétude » en Géorgie et si la loi est adoptée, cela risque de compromettre le processus d'adhésion.

À écouter aussiConflit en Géorgie: «Le pouvoir table sur le soutien d’une majorité silencieuse»

Ingérences du pouvoir dans les médias publics

La Géorgie fait partie des pays où la censure des médias s'est intensifiée, selon Reporters sans frontières. Dans le classement que l'ONG vient de publier, elle dégringole de la 77e à la 103e place et RSF parle pour ce pays de « mimétisme spectaculaire des actes de répression russe ». On constate des ingérences du pouvoir dans les médias publics, mais aussi la reprise en mains de la ligne éditoriale par des propriétaires amis, comme sur la chaîne Rustavi 2, ou des campagnes de dénigrement, comme sur la chaîne Imedi.

La loi sur l'influence étrangère arrive après une première tentative, il y a un an et un retrait du texte sous la pression de la rue. Pourquoi ce retour, alors, de ce qu'on appelle la « loi russe » ? L'influence de l'oligarque Bidzina Ivanichvili, ancien Premier ministre qui a fait fortune en Russie, n'y est pas pour rien, alors qu'une réforme fiscale permettrait parallèlement de protéger ses avoirs.

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Des manifestations réprimées par la police anti-émeute et où il n'est pas rare que des journalistes indépendants soient pris à partie. L'un d'eux, Giorgi Baskhajauri, du média Aprili, a raconté au Monde qu'avoir été battu, il a été traité de « pédé » (sic) et qu'on lui a lancé : « Tu vas apprendre à être intelligent. » Le pouvoir tente de discréditer les manifestations en les assimilant à un « mouvement gay ».

Mais s'il en va de mœurs, c'est bien de mœurs démocratiques qu’il s'agit. Car cette loi sur l'influence étrangère, qui doit être adoptée d'ici au 17 mai, semble être une copie conforme de la loi sur « les agents de l'étranger » qui a été votée en Russie, après le début de la guerre en Ukraine. Une loi qui visait à faire taire les médias indépendants ainsi que toute critique de la guerre. Une loi que l'on retrouve, à peu de choses près, au Kirghizistan et en Abkhasie, sous influence russe.

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Le gouvernement géorgien est pris dans une contradiction. D'un côté, il y a cette loi qui oblige les ONG recevant au moins 20% de financements étrangers à s'enregistrer, sous peine d'amende, en tant qu'« organisation servant les intérêts d'une puissance étrangère ». Un terme qui revient à les désigner comme des traitres ou des vendus.

De l'autre, il y a l'aspiration majoritaire de la population à intégrer l'Union européenne. Le Premier ministre Irakli Kobakhidze n'y est pas insensible puisqu'il continue de promettre pour 2030 l'intégration à l'UE à laquelle le pays est candidat officiel depuis décembre. Seulement, Bruxelles a fait part de sa « grande inquiétude » en Géorgie et si la loi est adoptée, cela risque de compromettre le processus d'adhésion.

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Ingérences du pouvoir dans les médias publics

La Géorgie fait partie des pays où la censure des médias s'est intensifiée, selon Reporters sans frontières. Dans le classement que l'ONG vient de publier, elle dégringole de la 77e à la 103e place et RSF parle pour ce pays de « mimétisme spectaculaire des actes de répression russe ». On constate des ingérences du pouvoir dans les médias publics, mais aussi la reprise en mains de la ligne éditoriale par des propriétaires amis, comme sur la chaîne Rustavi 2, ou des campagnes de dénigrement, comme sur la chaîne Imedi.

La loi sur l'influence étrangère arrive après une première tentative, il y a un an et un retrait du texte sous la pression de la rue. Pourquoi ce retour, alors, de ce qu'on appelle la « loi russe » ? L'influence de l'oligarque Bidzina Ivanichvili, ancien Premier ministre qui a fait fortune en Russie, n'y est pas pour rien, alors qu'une réforme fiscale permettrait parallèlement de protéger ses avoirs.

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