Jean-Baptiste Jalabert : la passion d'un torero

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La tauromachie ne laisse personne indifférent. "Pour certains, c’est un scandale, une cruauté envers l’animal, une pratique archaïque qu’il faut absolument faire interdire. Pour d’autres, notamment dans le sud et le sud-ouest de la France, la tauromachie est une véritable tradition élevée au rang d’art et certains aficionados ne rateraient pour rien au monde une corrida avec un magnifique toro ou un grand torero", prévient d’emblée Thierry Lyonnet. Dans les arènes d’Arles, il est allé à la rencontre de Jean-Baptiste Jalabert, dit Juan Bautista, qui, après 20 ans de carrière dans les plus grandes arènes du monde a pris sa retraite de matador en 2019, à 38 ans. Aujourd'hui éleveur de toros et directeur des arènes d’Arles (comme son père qui le fut précédemment), celui qui a désormais quitté son nom de scène, évoque ces arènes qui représentent beaucoup pour lui. "C’est ma ville, mon port d’attache depuis toujours. Pendant plus de 20 ans, j’ai participé ici aux ferias". Une passion ancrée depuis toujours "L’intensité d’être face à un toro, on ne le retrouve nulle part ailleurs mais l’organisation de spectacles me plait beaucoup ", souligne Jean-Baptiste Jalabert. Celui qui n’a jamais envisagé de devenir autre chose que torero raconte combien cette passion ne l’a jamais lâchée, depuis son plus jeune âge où il a baigné dans ce milieu de taureaux et de chevaux. "Personne ne peut aimer autant un taureau de combat qu'un torero ou un éleveur" Un apprentissage technique " La passion a commencé sur l’élevage de l’animal où j’aimais m’occuper des taureaux. Puis l’ambiance du spectacle m’a fasciné aussi, je voyais ce torero au milieu de la piste, ces milliers de personnes qui l’applaudissaient. J’avais envie de me projeter et de devenir un jour comme celui qui se trouvait au milieu de l’arène. J’en ai fait mon rêve et mon objectif. Je n’ai pas fait d’école taurine à proprement dire mais j’ai fait une école chez moi avec les professionnels qui venaient s’y entraîner, des amis de mon père qui m’ont donné des conseils de base". Car si l’apprentissage est très technique, face au taureau, ce n’est que de l’improvisation. "Il faut avoir des centaines de taureaux dans la tête pour piocher au bon moment la technique qui va s’adapter à cet animal-là. Il faut observer sa façon de te regarder, la distance, la façon de l’appeler". La grâce du taureau : si rare Un des rôles du torero, assure-t-il, est de mettre en valeur le taureau pendant une corrida. "Il doit faire ressortir les qualités et l’émotion de chaque animal. Il y a des animaux qui vont être spectaculairement bons et en arriver jusqu’à la grâce. C’est rare : dans ma carrière j’en ai gracié une vingtaine sur 700 combats et 1 500 taureaux" . Face aux anti-corridas "Je comprends qu’on ne puisse pas aimer mais je regrette qu’on ne nous respecte pas plus. Le fait de voir mourir un animal en direct peut être dur, choquant. Si on nous laisse nous expliquer, certains de ces antis peuvent comprendre le sens de tout cela. Le taureau de combat est exclusif à ce spectacle. La tauromachie est protégée et va continuer à l’être". En France, depuis 2000, les corridas ne peuvent s’exercer que dans les régions de tradition taurine. Et Jean-Baptiste Jalabert l’affirme haut et fort : " Personne ne peut aimer autant un taureau de combat qu'un torero ou un éleveur".

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