Demain j'arrête !

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Ça va bientôt faire deux ans qu'on se retrouve chaque semaine pour une nouvelle vidéo et je voulais vous souhaiter une très bonne année. Je sais que ça fait aussi deux ans qu'on est un peu dans le "mood" Covid. Alors, espérons que ce Covid s'en aille et qu'on finisse par s'en sortir. Pour cette nouvelle année, j'avais envie de parler de résolution. Je crois qu'on est nombreux à avoir fait des résolutions. "Le 1er janvier, je m'arrête. Le 1er janvier, je ne fume plus." J'avais aussi comme méthode et je suis certain qu'on est nombreux à l'avoir, “lundi, le lundi, je me mets au régime.” Lundi, j'arrête de fumer. Lundi, j'arrête de boire. Lundi, je fais du sport. Lundi, lundi, lundi, lundi.
Quand est-ce que j'ai arrêté de fumer ? Le 21 août 2018. Vous savez quoi ?
Ce n'était pas un 1er janvier, ce n'était pas un lundi, c'était un mardi. J'ai fumé ma dernière cigarette un mardi. Donc, le mercredi, je ne fumais plus et depuis, je n'ai pas fumé.
Alors, pourquoi je dis ça ?
C'est un peu comme si ma tête était comparable à un bocal, un bocal rempli de fumée, c'est-à-dire que quand j'ai une compulsion, que ce soit de boire, que ce soit de me droguer, que ce soit de fumer, que ce soit de manger, pendant des années, 45 ans pour la cigarette, trois ans pour la drogue, 25 ans pour l'alcool, quand j'ai cette brume dans ma tête comme dans ce bocal, et bien, je ne comprends pas ce qui m'arrive, je ne sais pas du tout ce qui pourrait me sauver. En général, je me dis: “Je m'arrête quand je veux ou je m'arrêterai oui, le 1er janvier.” “Oh non, lundi prochain, etc."
Vous êtes comme moi, comme des millions d'autres sur la planète dans un moment de, clarté où vous dites: "Bon, il faut quand même que je fasse quelque chose." Sachez-le, ce n'est ni le 1er janvier, ni le lundi prochain que tout va se passer.
Pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas ça aujourd'hui ?
Pourquoi est-ce que je n'arrêterai pas aujourd'hui, je n'écraserais pas aujourd'hui, là, maintenant ma dernière cigarette ?
Pourquoi je ne déposerais pas aujourd'hui, là, maintenant, mon dernier verre ? Pourquoi est-ce que je ne déposerais pas…
Pour quelles raisons pendant 45 ans, j'ai fumé ou pendant 25 ans, j'ai bu tous les jours ? Parce que je vous rappelle que les 25 années, c'est clairement tous les jours que je consommais de l'alcool. Pourquoi est-ce que ça a duré aussi longtemps ?
Parce que imaginez-vous encore une fois, ma tête, votre tête peut-être, en ce moment, imaginez-la comme un bocal avec un gros couvercle, vous savez les gros pots de confiture avec les couvercles avec des pinces. C'est plein plein plein plein de fumée, on ne voit pas clair, on ne sait pas ce qui est en train de nous arriver, on n'en prend pas conscience.
C'est pour ça que je dis qu'on n'est pas des criminels, on est juste des addicts parce que c'est vrai qu'on ne prend pas conscience de ce qu'on est en train de faire. On a l'impression dans notre monde imaginaire que tout va bien et que finalement, tout ce qui ne nous va pas, bah, c'est la faute des autres ou c'est la faute de la société. C'est toujours la faute de quelqu'un, mais jamais de la faute du produit que je suis en train de m'injecter, de fumer ou de boire ou de sniffer. Ce n'est jamais la faute du produit. Je voulais en ce début d'année donc, en général, on prend des bonnes résolutions, vous rappeler le principe de l'addiction. Le principe de l'addiction, c'est qu'on est dans une espèce de brouillard. Je l'ai été quasiment toute ma vie. Je le suis encore par moments.

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