Fascisme, capitalisme et classe ouvrière (1ère partie)

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Une histoire du fascisme italien et du nazisme allemand dans leurs caractéristiques communes et leurs rapports au grand capital et à la classe ouvrière à partir de l’analyse matérialiste de Daniel Guérin dans Fascisme et grand capital (Libertalia, 2013) – avec Charles Jacquier, historien, éditeur du livre. La première partie de l’émission (1 heure 10 minutes) comporte : Une distinction du fascisme comme mouvement et comme parti au pouvoir ; Une définition préliminaire du fascisme-mouvement comme « révolte dans l’ordre » ; Une critique des thèses révisionnistes faisant du nazisme un parti ouvrier ; Un rappel du lien entre crises du capitalisme et montée des mouvements fascistes ; Une discussion préliminaire des liens entre fascisme(s) et (anti)capitalisme (et leur évolution au cours de l’histoire) ; Une présentation du contexte de l’écriture du livre (sous-estimation effarante du danger nazi à gauche, absence de théorisation solide du fascisme, prise de conscience précoce de Daniel Guérin des dangers du nazisme et voyages en Allemagne en 1932-33, incitation par Simone Veil d’entreprendre une recherche approfondie au sujet du fascisme, décision d’écriture suite aux émeutes fascisantes du 6 février 1934) ; Un rappel du contexte de l’arrivée au pouvoir du parti nazi ; Une présentation de l’édition du livre chez Libertalia ; Une rapide présentation de Daniel Guérin et des intentions de son livre (expliquer la victoire du fascisme notamment comme un produit d’une stratégie non-révolutionnaire des partis de gauche) ; Une discussion des liens complexes entre fascisme et grand capital, de leur alliance initiale (pour des motifs de crise des profits davantage que de menace révolutionnaire), de leur autonomie relative et de leurs contradictions montantes (étatisation de l’économie pour des raisons militaires, aventurisme impérialiste) ; Une distinction du fascisme et des dictatures conservatrices (Vichy, Portugal salazariste, Espagne franquiste) ; Une histoire schématique de l’ascension au pouvoir du fascisme : milice du grand capital (surtout de l’industrie lourde) contre l’agitation des ouvriers (surtout dans l’Italie des « années rouges » de 1919-1920) avec un discours démagogique « antisystème » à destination des ouvriers et un discours conservateur à destination des classes moyennes et du grand capital, puis parti de défense du grand capital procédant d’abord à une destruction du mouvement ouvrier, un abaissement drastique des salaires et des conditions de travail, un rétablissement des profits au travers de commandes militaires à l’industrie lourde, Une sociologie complexe du parti nazi et du parti fasciste ; Un rappel de l’opportunisme de Mussolini (« anticlérical » signant des accords avec l’Église catholique, « républicain » s’accommodant d’une monarchie) et des fascistes italiens (qui ont un programme incohérent, défendant tout et son contraire, et qui veulent avant tout accéder au pouvoir à leur propres bénéfices) ; Une définition de la « mystique fasciste » : culte religieux du chef, mobilisation d’affects des gens contre leurs propres intérêts, antirationalisme, nationalisme messianique ; Une énumération des mensonges fascistes (acceptation des grèves et des syndicats comme moyen de régulation économique national, idéologie corporatiste d’une co-gestion salariés/patrons de l’économie, défense des petits artisans et des petits commerces, critique du capital monopoleur et des grands propriétaires terriens, anti-libéralisme) et des réalités du fascisme au pouvoir (interdiction des grèves sous peine de prison puis de mort, destruction des syndicats et des conventions collectives, despotisme patronal, concentration capitalistique, ultra-libéralisme fiscal) ; Un exposé de l’encadrement autoritaire fasciste des travailleurs (syndicat unique para-étatique).

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