À la Une: retour à Conflans une semaine après - 25/10/2020

 
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Par Frédéric Couteau and Norbert Navarro, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.
Conflans-Sainte-Honorine, ville où Samuel Paty a été assassiné la semaine dernière. Ce professeur d’histoire décapité par un terroriste islamiste, après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet faites par Charlie Hebdo. « Et si on ouvrait les yeux ? », interroge très directement Marianne, quand Le Point raconte de son côté tout le parcours de Samuel Paty, de son bac obtenu brillamment, ses études en prépa littéraire où est née sa vocation jusqu’à ce fameux 16 octobre. Ce jour, où une de ses élèves de 3e raconte qu’une fois encore son professeur d’histoire géographie a reparlé de la polémique. « Non ce n’était pas un message de haine » a-t-il assuré avant d’être assassiné sur le chemin du retour de l’école. Après l’horreur, Le Point remonte le fil de l’histoire, détail après détail, anecdote après anecdote, jusqu’aux tenues vestimentaires portées par Samuel Paty en prépa. Parallèlement, Marianne s’exclame : « Jusqu’à quand va-t-on se coucher ? ». « Arrêtons avec les "ils ne passeront pas", les "nous ferons bloc" » peut-on lire dans l’édito du journal qui ajoute : « Tout le problème est que depuis vingt ans, on ne fait pas bloc », divisés entre « le déni des uns, la lâcheté des autres et l’isolement de ceux qui résistent ». D’où l’importance écrit l’hebdomadaire « de reprendre la main ». Le Point et Marianne qui s’interrogent ensuite à l’unisson Qu’est-ce qu’un prof doit dire ou non, enseigner ou ne pas enseigner ? Le Point donne notamment la parole à cette enseignante d’histoire-géographie qui redoute cette période de la Toussaint. « Elle vient de terminer les deux premiers chapitres de l’années consacrés à Byzance et à l’Europe carolingienne et, comme tous ses collègues, elle doit maintenant aborder la naissance de l’Islam avec ses élèves de 5e ». Elle se confie : « Je fais très attention ». Les sujets religieux ne sont pas les seuls à poser problème aux enseignants, explique Le Point : « Le colonialisme, le genre ou l’éducation sexuelle également ». Le but, explique cette autre prof : « C’est de ne pas trop entrer dans le débat et d’éviter les polémiques ». En tout cas, face aux plaintes et aux signalements faits par de nombreux professeurs, une enseignante de lycée résume : « Nous sommes seuls, sans consignes ni accompagnement face à la loi sur la laïcité, on nous dit : démerdez-vous ». À la une également, le conflit dans le Haut-Karabakh Ce territoire azerbaïdjanais séparatiste, soutenu par l’Arménie, où un conflit dure depuis plusieurs semaines. L’Obs nous emmène à la rencontre des acteurs arméniens de ce conflit, à travers les photos de Lorenzo Meloni. Nous sommes sur le front aux côtés soldats, enfoncés dans les tranchées creusées hâtivement, nos yeux sont attirés par les mains croisées de cette femme en robe de chambre, l’air résignée, réfugiée sous terre pour échapper à un énième bombardement. Celle-là même qui croise cette vieille dame, foulard sur la tête, elle aussi recluse dans les entrailles du sol, mais les mains fermement posées sur les genoux, le regard droit devant. « Des clichés désespérants » précise l’hebdomadaire, « pris auprès de la population qui se terre dans les caves et les sous-sols ». Car au-dessus de leurs têtes rien ne va, en témoigne cette photo de la salle de spectacle de Chouchi, bombardée, éventrée, où seuls les sièges tiennent encore. Le e-sport, dans les colonnes du M, Le magazine du Monde cette semaine Le e-sport ou sport électronique, « qui perd au jeu de la mixité », nous dit le journal. Est pointé en exemple les mondiaux de League of Legends, jeu vidéo de combat célébrissime. En 2019, Paris a accueilli l’événement, durant lequel « cinq joueurs chinois ont remporté l’ultime rencontre face à cinq Européens, devant 15 000 spectateurs. Aucune fille parmi les dix finalistes, une immense majorité d’hommes dans les tribunes », raconte le M, précisant ensuit que « parmi les 45 millions de personnes ayant regardé la compétition en ligne, tout comme parmi les joueurs et joueuses amateurs, le déséquilibre apparaît bien moins flagrant ». Une ancienne joueuse pro, aujourd’hui employée chez Ubisoft, raconte : « Longtemps dénigrées, les petites filles et adolescentes qui jouaient en ligne, ont fini par se résigner et intégrer : le haut niveau ce n’est pas pour elles » . Et c’est sans compter l’accueil qu’on leur réserve sur les différentes plateformes : « On estime que 20% des des joueuses nouvellement arrivées sur un jeu en ligne abandonnent à cause des insultes », raconte cette même source. L’industrie du jeu vidéo, rappelle le magazine du Monde, qui représente tout de même « 120 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2019 [et] dépasse les secteurs du cinéma ou de la musique ». Enfin, Le Parisien nous parle de ce qui manque aux habitants des zones rurales « Ce matin là, au bar tabac Le Clos de Coignères (...), le dernier de Corbreuse, dans le sud de l’Essonne (...), il n’y a pas un habitué au comptoir d’ailleurs barré par des rubans blancs et rouges », peut-on lire dans les colonnes du journal. Tous ont dit adieu à la convivialité – c’est le mot employé par Le Parisien – depuis le 17 octobre dernier, date de l’instauration du couvre-feu. « Depuis », raconte toujours le gérant, « les gens ne font qu’entrer et sortir pour acheter leur pain ou leur journal. En temps normal, on aurait parlé du dernier match du PSG ou du quinté d’hier ». Une cliente se désespère un peu plus loin : « Mes amis, je ne les vois pas ailleurs qu’ici. Un bar tabac, c’est la vie d’un village, ça me motive à sortir de chez moi ». Pourtant, si l’on en croit l’épidémiologiste interrogé quelques pages avant, il est fort probable que cette mesure du couvre-feu ne suffise pas. Pour lui, il faut s’attendre à ce que la seconde vague soit pire que la première, car la première, « a été freinée par le confinement ». Pas sûr donc, que la convivialité fasse son retour de si tôt.

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