À la Une: l’angoisse des jours d’après en Côte d’Ivoire - 01/11/2020

 
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Par Frédéric Couteau and Norbert Navarro, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.
Les incidents qui ont agité l’élection présidentielle d’hier font craindre des lendemains difficiles après ce scrutin vivement contesté par l’opposition. « En Côte d’Ivoire : l’angoisse de l’après », formule Le Journal du Dimanche. Selon cet hebdomadaire, « les observateurs s’attendent à un taux bien inférieur à la dernière élection – pourtant considérée sans enjeu -, lors de laquelle 54,63 % des inscrits avaient donné leur voix ». Bien inférieure, la participation ? « À travers la ville d’Abidjan et dans plusieurs localités du pays, la tenue du scrutin a été perturbée, parfois empêchée et plusieurs bureaux de vote se sont transformés en lieux d’affrontement entre partisans du président sortant et ceux de l’opposition, résolument décidés à ne pas laisser cette « forfaiture » se passer », explique Le JDD, en référence au troisième mandat brigué par le président sortant Ouattara. Raison pour laquelle « les jours à venir restent les plus critiques avec l’annonce des résultats, qui seront sans aucun doute contestés », prévient Le Journal du Dimanche. Le fantôme de Sankara Au Burkina Faso c’est le 22 novembre que, sur fond d’aggravation de la situation sécuritaire, est programmée la prochaine élection présidentielle. Une fièvre qui n’a rien à voir avec le coronavirus et qui s’est emparée des Burkinabè : la fièvre sankariste du nom de Thomas Sankara. Trente-trois ans après sa mort, l’ex-président du Burkina Faso « fascine plus que jamais, constate L’Obs. La jeunesse du pays réclame la vérité sur son assassinat ainsi que le rôle joué par la France ». Cette fièvre sankariste, c’est « la deuxième vie du Che Guevara africain », formule cet hebdomadaire. Etant rappelé que l’ex-président burkinabé a été assassiné le 15 octobre 1987 par ses compagnons d’armes (il avait alors 37 ans), L’Obs, au pays des « hommes intègres », remarque que, « plus de trois décennies après sa mort, les idées panafricaines et tiers-mondistes de cette icône (…) sont plus vivantes que jamais ». Soulignant « l’impasse où sont les forces françaises face aux djihadistes », ce magazine signale aussi que l’opinion publique est « de plus en plus gagnée par un sentiment antifrançais. Dans ce contexte, la figure de Thomas Sankara, symbole d’une Afrique qui veut se libérer de la tutelle de l’ancien empire, rejaillit de plus belle à l’anniversaire de sa mort ». Bouillonnement d’autant plus vif que près de 7 Burkinabè sur 10 ont moins de 25 ans. Justement, Thomas Sankara « hante les rêves de cette jeunesse », pointe L’Obs. Journal dans lequel Serge Bambara, alias le rappeur Smockey, figure de la société civile, le dit haut et fort : « Ici, la France est de plus en plus attaquée par la jeunesse ». Le cofondateur du collectif Balai citoyen se mobilise pour qu’éclate la vérité sur l’assassinat. Le suspect numéro un est connu : Blaise Compaoré, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. « Frère d’armes de Sankara, il l’aurait trahi et aurait commandité son meurtre pour s’emparer du pouvoir. Il a été chassé par la révolte de la rue après vingt-sept ans d’un règne semi-autoritaire. Exfiltré avec l’aide de la France, il est aujourd’hui réfugié en Côte d’Ivoire », rappelle L’Obs. En attendant, la statue de Thomas Sankara, « qui domine désormais la capitale, du haut de ses 8 mètres, fait définitivement vivre son mythe » au Burkina Faso, rapporte L’Obs. Le dilemme des otages Retour sur la libération de Sophie Pétronin, de deux Italiens et du chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, en échange de celle de 200 détenus islamistes, avec cette question posée par La Croix L’Hebdo : fallait-il céder au chantage des terroristes ? Car cette échange « a été perçu comme une victoire des ravisseurs du GSIM, un groupe armé lié à Al-Qaida », souligne cet hebdomadaire catholique. Seulement voilà, des États « assument leur devoir de solidarité vis-à-vis de leurs concitoyens, objecte La Croix L’Hebdo. Vu de France, notamment, on n’abandonne pas un ressortissant capturé par des terroristes. Sauver un otage, c’est sauver une part de nous-mêmes et conforter au passage le contrat social entre un citoyen et son pays ». Devoir d’assistance universel qui interpelle l’ancien diplomate Didier Le Bret. « Cette doctrine déresponsabilise les gens, tout en mettant en danger les intérêts de la France », dit-il à La Croix L’Hebdo. A chacun sa vérité… Toussaint endeuillée, Noël confiné ? Cet appel enfin à la discipline du gouvernement aux Français pour éviter le prolongement du confinement. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de la santé souligne le caractère « très critique » de la situation face au coronavirus en France et prévient que « si le confinement n'est pas bien respecté, il faudra prendre des mesures complémentaires ». Après une Toussaint aujourd’hui endeuillée par les attentats terroristes, « Noël ne sera pas normal cette année » prévient Olivier Véran dans Le JDD. Bonnes fêtes à tous les catholiques… quand-même.

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