À la une: la rentrée dans le viseur et en face, la résistance - 24/10/2020

 
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Par Frédéric Couteau and Norbert Navarro, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.
Nous sommes samedi et pourtant plusieurs journaux français nous parlent de l’école, de la rentrée. Un « défi » comme qualifié par Le Parisien dans son édito. Il faut dire que l’école reste sous le choc, une semaine après l’assassinat de Samuel Paty. Et avant cette rentrée, Le Parisien nous le rappelle : « il y a quelques préalables pour éviter à tous ces professeurs d’aller au casse-pipe ». « Les enseignants s’inquiètent », peut-on lire. « L’assassinat de Samuel Paty est dans tous les esprits », révèle une note confidentielle du Service central du renseignement territorial, consultée par Le Parisien et qui se veut le relai d’un milieu « qui reste combatif et qui fait bloc, mais qui n’est pas serein ». Est dénoncé, entre autres, le manque de soutien. Le Parisien cite notamment le Syndicat national des écoles (SNE) qui regrette « que les enseignants soient systématiquement soupçonnés dès qu’un parent vient se plaindre (...) depuis que c’est l’école qui doit s’adapter aux élèves ». Beaucoup d’enseignants craignent, aujourd’hui plus que jamais, de se retrouver « en première ligne ». Repenser l’école et les enseignements En tout cas, c’est ce que souhaite le journal La Croix du jour, pour qui l’enseignement de la religion doit être remodelé. La chercheuse à l’École pratique des hautes-études (EPHE), interrogée par le quotidien, explique que pour parler de religion de manière laïque, il faut la traiter « comme un système symbolique de compréhension du monde, qui s’inscrit dans l’histoire ». Et concernant les caricatures ? Cette spécialiste nous dit « que l’essentiel est de montrer, à travers ces caricatures, que l’on débat par les idées, par le dessin mais pas par les coups (...). L’élève a le droit de dire que ça ne le fait pas rire mais il faut aussi apprendre à construire un regard critique avec ces images ». En tout cas, sûr que l’enjeu est grand et le défi de taille pour l’école. Marquée, l’institution l’est, ça c’est sûr, et n’est pas près d’oublier ce drame de Conflans-Sainte-Honorine. L’école Saint-Antoine du Cap d’Ail s’en souviendra même tous les jours. L’établissement sera très bientôt renommé École Samuel-Paty. Nice-Matin nous raconte comment cette idée a été adoptée vendredi soir au sein du conseil municipal, notamment face aux critiques d'une vingtaine de parents d’élèves. « Une petite manifestation, pour une grosse crainte » écrit Nice-Matin, « celle de voir l’école de leurs tout jeunes enfants devenir la cible d’éventuels terroristes ». Mais pour le maire Les Républicains de la commune du sud de la France, il s’agit là « d’une décision aussi symbolique que nécessaire ». Libération de son côté fait sa Une sur la gauche et l’islam : « trente ans de divisions » écrit le journal L’article consacré installe sur une place de la République parisienne, au moment de l’hommage à Samuel Paty dimanche dernier, les membres de cette gauche divisée. « La tension est palpable entre chacune des familles. Elles ne se parlent pas, s’observent de loin » écrit Libé. Le journal cite ce briscard de la politique qui rôde à gauche depuis le siècle dernier, qui décrit : « À gauche, il y a d’un côté une partie qui voit tout par le prisme social, elle est également tournée vers la lutte contre l’islamophobie ou l’identité de genre ; de l’autre, une gauche qui envisage tout avec le prisme identitaire et qui brandit la laïcité comme arme, en oubliant que la loi permet de croire ou de ne pas croire ». Libération poursuit avec l’école On y revient : « l’école : héritage commun de la gauche qui a été frappé au cœur » écrit le quotidien dans son édito, ajoutant « l’école, dans sa fonction émancipatrice, c’est l’histoire de la gauche, sa contribution majeure, avec la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, à l’idéal républicain ». La question, dit Libération, c’est « si la gauche, dans les mois qui viennent, va se fracasser sur ce qui lui reste de ciment commun. Elle en prend le chemin. Ou si à l’inverse l’immense violence de l’attentat de Conflans, parce qu’il touche l’école, peut susciter un sursaut ». L’école, comprenez des valeurs qui permettent de se retrouver, alors que souffle la tempête. La gauche qui prend place dans de nombreuses colonnes ce matin Et pas n’importe laquelle. Le Figaro en parle ce matin : « Le retour médiatique des hollandais ». François Hollande lui-même est dans Libé ce samedi matin, Manuel Valls dans Le Figaro. « Ce sont eux que les médias réclament pour évoquer le terrorisme islamiste » écrit Le Figaro. Eux qui ont affronté les attentats de 2015, rappelle le quotidien. Personne d’autre à gauche n’a eu à le faire. « Au fond, seuls eux savent de quoi ils parlent », déclare un proche de l’ex-président dans les pages du journal. Et pour finir, que tout le monde se rassure, il est bien sûr aussi question du coronavirus ce samedi dans la presse Et chaque titre le traite à sa manière. Libé nous emmène dans le Maine-et-Loire, dans un bistrot où le patron raconte pourquoi ses habitués ne respecteront pas totalement le couvre-feu qui entre en vigueur ce soir. « Ils feront traîner les choses » évoque le journal. Ouest-France de son côté s’interroge ce matin : « Pourquoi la façade Atlantique s’en sort-elle mieux ? » Un épidémiologiste de Rennes tente d’apporter des pistes de réflexions : initialement le virus vient plutôt de l’Est, une météo plus clémente, moins de contacts sociaux ou encore des résultats de test plus rapides. En conclusion, le mystère reste entier.

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