Revue de presse internationale - À la Une: un coup de fil pour apaiser les tensions entre la France et les États-Unis

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« Une offre de paix. » Joe Biden a « offert un rameau d’olivier » à Emmanuel Macron. The Financial Times relate l’appel téléphonique : trente minutes au ton « amical », d’après l’attachée de presse de la Maison Blanche citée par The Wall Street Journal. « C’est la première fois que les deux hommes s’entretiennent depuis le début de cette crise diplomatique majeure », ajoute un article en ligne de CNN. Biden a semblé reconnaître « des faux-pas » dans la conduite des pourparlers sur les sous-marins. « Un rare aveu » pour le média américain. Mais « les États-Unis ne se sont pas excusés », précise The New York Times. Les deux pays ont « convenu dans une déclaration commune que la situation aurait bénéficié de consultations ouvertes entre alliés sur des questions d’intérêt stratégique ». « Un langage diplomatique fade » pour le journal américain après un coup de fil sollicité par Biden. Pour un Macron en pleine précampagne présidentielle, « toute suggestion de supplication aurait été inacceptable », note The New York Times. Qu’attendre de ces nouveaux contacts entre la France et les États-Unis ? Le sous-texte de cette déclaration conjointe est examiné avec attention par la presse étrangère. La référence à une « défense militaire européenne plus forte et complémentaire à l’Otan », « une priorité clé » pour Macron, souligne Politico. The Financial Times assure qu’un responsable français a déclaré que les États-Unis « tentaient de réparer la relation de manière “transactionnelle” ». Sonnante et trébuchante ? En tout cas, Naval Group, le signataire floué de l’accord des sous-marins, a « déjà envoyé la facture », apprend-on dans The Washington Post. Le Français boude toujours l’Australien. « Cela va prendre du temps », comme le concède ce mercredi matin le Premier ministre Morrison au quotidien The Guardian. Le journal britannique ajoute que si l’ambassadeur français doit faire son retour à Washington la semaine prochaine, « rien n’est moins sûr pour celui en poste à Canberra ». Cette crise diplomatique, « dernier défi lancé à l’administration américaine à maintenir l’unité de ses alliés », comme le juge The Wall Street Journal. Certains alliés s’efforcent plutôt d’attiser les braises « Boris Johnson attise encore plus les flammes de la crise », pour El Mundo. En marge de sa visite aux États-Unis, le Premier ministre demande à la France de se rassurer, dans un mélange de « franglais » à SkyNews, raillé à travers le monde. « Prenez un grip... Ressaisissez-vous... Donnez-moi un break », dit-il. Pour Bloomberg, « BoJo se moque de l’indignation française ». « Une déclaration que Macron n’a pas semblé trouvé très drôle », commente The New York Times. Un Premier ministre britannique qui « approfondit la rupture avec la France », d’après le Guardian, qui rappelle que BoJo s’exprimait peu avant le coup de fil de Biden et « s’apprêtait à apaiser la fureur de Paris ». La France et le Royaume-Uni ont rivalisé d’amabilités ces derniers temps ; Londres cinquième roue du carrosse pour Le Drian ; un vassal américain pour Clément Beaune. Des mots qui risquent d’avoir un impact durable. « Certains responsables britanniques, assure le Financial Times, s’attendent un “durcissement des positions” de la France sur les “questions sensibles” des relations commerciales du Brexit », ou encore sur le dossier des migrants. Un Boris Johnson qui a tout fait pour s’attirer les lumières de la presse étrangère « Mes amis, l’adolescence de l’humanité touche à sa fin ». Tard hier soir à la tribune de l’ONU, le Guardian fait le long récit tout en verbatim du discours post-adolescent de BoJo, qui accueille la COP 26 à Glasgow dans un peu plus d’un mois. Il compare « l’humanité à un impétueux adolescent de 16 ans », précise encore le journal britannique. Un BoJo qui a disserté sur le mot grec deino, réussi à citer dans ce même discours Sophocle et Kermit la grenouille des Muppets : « C’est facile d’être vert. » Chapeau l’artiste ! Mais au fait, « quand est-il passé au vert BoJo ? », s’interroge Politico. L’ironie, c’est qu’il grenouillait dans le climato-sceptisime. « Il a passé les dernières décennies à douter de la nécessité de faire quoi que ce soit pour lutter contre le changement climatique », ajoute, cruel, le site américain. « Il doit s’expliquer sur sa conversion climatique », titre The Times. David Ahoronovitch le prend au mot. Et exhume ses déclarations et écrits passés. « Il n’y a pas si longtemps, il reprenait les écrits climato-négationnistes d’un Piers Corbyn - maintenant militant anti-vaccin », nous apprend le journal anglais. Et qui doutait de l’impact des gaz à effet de serre sur le climat. « Un Boris Johnson show aux Nations unies », ironise encore le pourtant très sérieux Bloomberg. Un voyage cependant qui ne pourra pas éclipser « d’autres revers, notamment le président Biden minimisant la perspective d’un accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis », conclut, limpide et factuel, The Washington Post.

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