Photographie: l'avant-garde féministe des années 1970 aux Rencontres d'Arles

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Direction Arles, dans le sud de la France, où se poursuivent jusqu’au 25 septembre les Rencontres internationales de la photographie. Coup de projecteur sur une exposition collective qui présente les projets de 71 figures majeures de l’avant-garde féministe des années 1970. 200 œuvres jalonnent le parcours de cette exposition. Chaque image, chaque vidéo semble dénoncer les injustices d’une société résolument patriarcale. Les œuvres sont signés d’artistes venues d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine essentiellement. Christoph Wiesner est le directeur des Rencontres d’Arles : « Elles étaient sur des continents différents, mais elles utilisaient finalement le même langage et le même vocabulaire, avaient des pratiques communes alors qu'elles ne se connaissaient pas. Ce qui est très intéressant, c'est de voir comment la photographie a servi aussi de moyen d'émancipation. » Toutes ces photos proviennent de la collection viennoise Verbund, constituée dans les années 1970. Elle montre les travaux de photographes ou plasticiens d’avant-garde dont fait partie la française Orlan. « La fondation Verbund a une énorme collection qui est uniquement basée sur les années 1970 et la révolution féministe. Donc, ils lui ont acheté beaucoup d'œuvres, et ces œuvres tournent dans le monde entier. Depuis le début, la fondation essaye d'éclairer justement toutes ces femmes qui, la plupart du temps, sont mortes sans aucune visibilité » poursuit le directeur des Rencontres. ► À écouter : Rencontres de la photographie d’Arles : « Un monde à guérir », 160 ans de photographies de la Croix-Rouge L’essentiel de l’exposition est constituée de photos en noir et blanc. L'œuvre de l’Américaine Francesca Woodman occupe une place centrale dans ce vaste panorama. La photographe, disparue tragiquement en 1981 à l'âge de 22 ans, met en scène sa rage face aux standards esthétiques de l'époque. Parmi les autres images fortes, les autoportraits de la cubaine Ana Mendieta, qui se photographie le visage collé à une vitre déformant ses traits. L’exposition se clôt sur un autoportrait d’Orlan. L'artiste française crée un second corps de femme à partir de son propre corps. Explications de Christophe Wiesner : « Cette photo s'appelle "Orlan accouche d'elle-m'A-I-M-E". Ce n'est pas un corps de femme, c'est plutôt un corps comme une œuvre d'art, comme un corps mutant. L'idée, c'était vraiment d'accoucher de l'art. On ne sait pas quel corps c'est. » L’exposition est organisée en plusieurs chapitres comme « Femmes au foyer – mère – épouse », ou « Enfermement – émancipation », ou encore « Diktat de la beauté – corps féminin ». Elle est présentée dans un lieu baptisé La Mécanique générale, sur le site des anciens ateliers SNCF. Peut-être une manière de rappeler que le chantier de l’égalité hommes-femmes est loin, lui, d’être terminé. ► À lire aussi : Culture : 53e Rencontres de la photographie d'Arles, un cru très féministe

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