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«Olympisme, une histoire du monde»: à Paris, une exposition entre sport et politique

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Au Palais de la Porte Dorée, à Paris, se tient, jusqu'à la fin des Jeux olympique, une exposition consacrée à l'histoire des Jeux modernes. De 1896 à Athènes jusqu'à Paris 2024, l'histoire des Jeux olympiques est le miroir de l'histoire mondiale et les JO sont les témoins et les acteurs des soubresauts de la géopolitique mondiale. C'est que met en lumière cette exposition pédagogique et très complète.

L'olympisme est le miroir du monde. Théâtre de ses luttes, de ses rêves et de ses contradictions. Voilà ce qu'a voulu mettre en lumière le Palais de la Porte Dorée. « C'est cinq ans de travail avec sept commissaires, à la fois des historiens et des conservateurs, pour croiser deux histoires, explique sa directrice générale Constance Rivière. L'histoire du monde depuis la fin du XIXe siècle et l'histoire de l'olympisme. »

Pour chaque olympiade, d'Athènes en 1896 jusqu'à Tokyo en 2021, l'exposition entremêle l'histoire des sportifs ayant marqué les Jeux et celle des soubresauts du monde. « C'est à la fois toutes les grandes luttes, les luttes sociales, les luttes pour l'égalité, les luttes pour les femmes qui se reflètent dans l'histoire des Jeux. Ce sont aussi les grands conflits du monde : la guerre froide, les deux guerres mondiales, la lutte pour la décolonisation », énumère Constance Rivière.

Malgré l'apolitisme revendiqué par le Comité international olympique, les Jeux deviennent quasiment dès le départ une affaire de géopolitique. Dans cette enceinte planétaire se mettent en scène la puissance des uns et les luttes des autres. À cet égard, les Jeux de Berlin en 1936 resteront comme un triste exemple. Pour l'historien Yvan Gastaut, Hitler se sert des Jeux et les Jeux servent Hitler : « À ce moment-là, le sport et le nazisme se sont reliés dans un même intérêt, ce qui pose problème. Dans cette exposition, on ne veut pas négliger cette dimension, explique-t-il. On n'est pas dans une histoire officielle qui serait de montrer les très bons côtés du CIO (il y en a), mais de montrer que parfois aussi le système olympique est parti en errements, et s'est dévoyé par rapport à des systèmes politiques qui ont utilisé le sport. »

Quelle meilleure enceinte que ces rendez-vous quadriennaux pour faire valoir ses droits ? En 1968 à Mexico, Tommie Smith et John Carlos, deux athlètes noirs américains, montent sur le podium du deux cents mètres et inscrivent, poing levé, pour l'histoire le geste politique dans l'arène sportive.

Ce geste sportif dans l'arène politique, c'est justement de lever le poing, d'être le symbole d'une lutte antiraciste, contre le racisme dont sont victimes les afro-américains à cette époque-là. D'une manière assez géniale, ces deux hommes se sont exprimés avec force, avec puissance. Ils ont payé le prix de leur geste, puisqu'ils sont exclus des jeux. Et, ils vont devenir des parias, jusqu'à être aujourd'hui – encore vivants tous les deux-réhabilité au nom de leur engagement.

Dès les années soixante les nations décolonisées apparaissent aux Jeux. Les JO sont pour les jeunes nations africaines et asiatiques un moment clé. Celui où leur nom et leurs drapeaux apparaissent, où leur hymne national est joué, où leurs sportifs jouent sous leurs couleurs. L'olympisme est aussi – et peut-être même avant tout – une immense lutte de libération.

À lire aussiArt et sport: «L'Olympisme. Une invention moderne, un héritage antique», au Louvre

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L'olympisme est le miroir du monde. Théâtre de ses luttes, de ses rêves et de ses contradictions. Voilà ce qu'a voulu mettre en lumière le Palais de la Porte Dorée. « C'est cinq ans de travail avec sept commissaires, à la fois des historiens et des conservateurs, pour croiser deux histoires, explique sa directrice générale Constance Rivière. L'histoire du monde depuis la fin du XIXe siècle et l'histoire de l'olympisme. »

Pour chaque olympiade, d'Athènes en 1896 jusqu'à Tokyo en 2021, l'exposition entremêle l'histoire des sportifs ayant marqué les Jeux et celle des soubresauts du monde. « C'est à la fois toutes les grandes luttes, les luttes sociales, les luttes pour l'égalité, les luttes pour les femmes qui se reflètent dans l'histoire des Jeux. Ce sont aussi les grands conflits du monde : la guerre froide, les deux guerres mondiales, la lutte pour la décolonisation », énumère Constance Rivière.

Malgré l'apolitisme revendiqué par le Comité international olympique, les Jeux deviennent quasiment dès le départ une affaire de géopolitique. Dans cette enceinte planétaire se mettent en scène la puissance des uns et les luttes des autres. À cet égard, les Jeux de Berlin en 1936 resteront comme un triste exemple. Pour l'historien Yvan Gastaut, Hitler se sert des Jeux et les Jeux servent Hitler : « À ce moment-là, le sport et le nazisme se sont reliés dans un même intérêt, ce qui pose problème. Dans cette exposition, on ne veut pas négliger cette dimension, explique-t-il. On n'est pas dans une histoire officielle qui serait de montrer les très bons côtés du CIO (il y en a), mais de montrer que parfois aussi le système olympique est parti en errements, et s'est dévoyé par rapport à des systèmes politiques qui ont utilisé le sport. »

Quelle meilleure enceinte que ces rendez-vous quadriennaux pour faire valoir ses droits ? En 1968 à Mexico, Tommie Smith et John Carlos, deux athlètes noirs américains, montent sur le podium du deux cents mètres et inscrivent, poing levé, pour l'histoire le geste politique dans l'arène sportive.

Ce geste sportif dans l'arène politique, c'est justement de lever le poing, d'être le symbole d'une lutte antiraciste, contre le racisme dont sont victimes les afro-américains à cette époque-là. D'une manière assez géniale, ces deux hommes se sont exprimés avec force, avec puissance. Ils ont payé le prix de leur geste, puisqu'ils sont exclus des jeux. Et, ils vont devenir des parias, jusqu'à être aujourd'hui – encore vivants tous les deux-réhabilité au nom de leur engagement.

Dès les années soixante les nations décolonisées apparaissent aux Jeux. Les JO sont pour les jeunes nations africaines et asiatiques un moment clé. Celui où leur nom et leurs drapeaux apparaissent, où leur hymne national est joué, où leurs sportifs jouent sous leurs couleurs. L'olympisme est aussi – et peut-être même avant tout – une immense lutte de libération.

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