RedU T1 Ch29 Ep09

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 Red Universe Tome 1 Chapitre 29 Épisode 09 : « Remords(5) » 

Cette scène s’était déroulée plus de quatorze années en arrière. Cela faisait déjà plus d’un an qu’il ne l’avait plus vu. Calande Rorré ou la Capitaine Fakir avaient pris la relève de son cœur et de son corps…
Méhala et lui venaient tout juste de faire l’amour…
Ce garçon ne représentait qu’une projection du passé destinée à lui nuire…
Mille-et-une raisons auraient pu le retenir de tomber, elles se multipliaient dans sa tête en une cacophonie assourdissante face à cet Apollon qui fut sien durant près d’une décennie. Lorsque ses genoux ployèrent et qu’il toucha le sol, une ultime voix lui cria qu’il pouvait encore se reprendre, qu’il était maitre de son âme. Ses yeux s’embuèrent pourtant et ses derniers scrupules s’effacèrent devant l’image même de la pureté.
Le jeune corps se révélait à la lumière lunaire dans une semi-obscurité que le lait de son épiderme glorifiait. Ses proportions parfaites traçaient les membres de longs muscles qui dessinaient une anatomie en pleine croissance s’approchant du divin. Une chevelure d’or semblait luire de son propre chef, détachant de cette quasi-apparition un pelage qui recouvrait le crâne, les sourcils et le pubis, attirant — absorbant — le regard. Et encore, si ce n’était que physique, mais Fabio Ouli représentait tout ce que Poféus n’avait su être. Sa perfection intellectuelle, un savant mélange de naïveté et de maturité et ses pouvoirs fantastiques le plaçaient au-dessus de cette humanité barbare. La soumission absolue du jeune homme à son égard en avait fait l’archétype du partenaire idéal pour celui qui n’était alors que contramiral.
Fabio pouvait lire dans tous les esprits, sauf celui d’Angilbe ; personne ne pouvait résister à Poféus et ses Forces mentales, sauf Fabio. Le duo qu’ils formèrent mêla amour et masochisme, introversion et ambition, et rien ne leur survécut, pas même le secret le mieux gardé de la lignée royale : les Titans.
Tu n’as pas souvent été repentant et jamais dans cette position, remarqua simplement le garçon, un sourire aux coins des lèvres.
C’est vrai…
Alors, dis-le, s’il te plait. Je… je l’attends depuis si longtemps.
Poféus courba l’échine, les paupières serrées à s’en faire mal. Oui, il s’agissait bien de larmes qui se formaient et qu’il tentait de retenir. Il inspira profondément, comme pour se préparer à plonger dans une étendue liquide sans fin, puis prononça simplement :
« Je regrette de t’avoir quitté, Fabio. ».
Ça y était, c’était dit. Pourtant autre chose remontait, une épaisse digue venait finalement de céder en son for intérieur, quelque chose de puissant qui avait demandé des siècles d’effritements et de coups de boutoir pour ressurgir maintenant et ici. Comme effrayé devant une horde de chevaux en furie, il s’affola, cherchant autour de lui une quelconque échappatoire. Il ne découvrit que le mobilier ciré dont l’odeur titillait encore les narines, une literie raffinée aux ourlets compliqués pendants de chaque côté d’un large sommier central, faisant lui-même face à un vieux miroir aux moulures de bois précieux. Au-delà des hautes portes-fenêtres donnant sur le balcon, une nuée de cirrus tramaient le ciel d’où perçait la lune en pleine gloire. Elle s’auréolait parfois, mal dissimulée derrière un nuage, puis s’ébrouait à nouveau d’une clarté aveuglante dans l’obscurité étoilée. Et tout cela mettait en valeur l’hypnotique pâleur de Fabio…
« Je… dois… me faire pardonner pour beaucoup plus que cela.
… pour…
… pour les humiliations, le mépris, la… l’injustice avec laquelle je t’ai traité ! Je ne vois pas… je ne me souviens pas de moment où je t’ai considéré comme tu le méritais ! »
Il leva les yeux vers le visage adolescent, impuissant à stopper le flot de paroles qui s’échappait de ses lèvres :
« Je t’ai même trompé, plusieurs fois, avec des mignons, dans ton dos. R… Ralato m’y aidait et je savais qu’il te détestait assez pour te le dissimuler.
Tout ce que tu m’as offert, je l’ai reçu avec dédain. Tout ce que tu accomplissais n’était jamais assez : tu représentais ma gloire, mon trophée, celui sur lequel je m’appuyais sans vergogne. Je t’ai… je t’ai EXPLOITÉ pour accéder à la puissance et assouvir mes fantasmes !
PARDON !
… PARDONNES-MOI ! »
Et il fondit en larmes, le visage enfoui dans les cuisses de son ancien amant. Face à ce presque adulte, il s’effondrait maintenant autant physiquement que psychiquement. Cet enfant avait grandi à ses côtés, écrasé sous la domination de celui qui, affamé de pouvoir, ne le voyait plus, il représentait le coin par lequel la honte parvenait finalement à faire imploser une coquille cent fois d’acier. Angilbe cria son désespoir comme Fab io l'avait fait lui-même à plusieurs reprises durant leur vie commune.
Cela se produisit donc ainsi, dans l’intimité de sa chambre à coucher, là où il avait commis ses crimes parmi les plus abjectes, là où il avait également connu l’amour le plus passionné. Là où Heir avait manqué par deux fois de l’assassiner et qu’il avait échafaudé certains de ses plans les plus retors. Ce fut au centre de cette immense toile, qu’il avait si patiemment tissé tout au long de son existence, qu’Angilbe Poféus retrouva finalement les remords, les regrets et la douleur qu’il réprimait depuis si longtemps aux tréfonds de son âme.
Il pleurait et criait à la fois, de la bave se mêlant à des larmes qui s’écrasaient sans compter sur le sol. Impossible de reprendre son souffle, chaque bouffée d'air se transformait en sanglots et en hurlements, tout juste réussit-il à prononcer un nom :
F… Fabio… FABIO !
Tu as de l’eau qui coule de tes yeux, mon chéri.
Très lentement, deux mains juvéniles vinrent se glisser dans la maigre chevelure qu’il lui restait et l’attirèrent délicatement. La douce chaleur du bas-ventre de Fabio représentait une branche flottant dans un océan en tempête et sans réfléchir, il s’y agrippa. Ses bras enserrèrent tout le bassin, compressant les chairs, appuyant sur les os : Fabio, son Fabio revenait encore pour le sauver… ou le tuer, mais qu’importe ! Depuis l’œil du cyclone de souffrance qui l’arasait, il cherchait de l’aide.
Et Fabio était là.
Quelques longues minutes s’écoulèrent, le temps que la respiration d’Angilbe se refasse plus profonde, reprenne un rythme, sinon normal, au moins stable. Il réussit à libérer un bras pour s’essuyer grossièrement, quand Fabio s’exprima enfin, d’une voix douce et jeune, dénuée de tout reproche :
Je t’absous de tes péchés, Angilbe Poféus.
Q… quoi ?
Amour et haine ne sont que les faces d’une seule et même médaille. Nous avons tous souffert de ta personnalité égoïste ou peureuse. Crois-tu que nous ignorions à qui nous avions à faire ?
Angilbe releva la tête, croisant enfin le regard de Fabio. Mais était-ce vraiment le jeune homme qui lui parlait maintenant ?
« Nous sommes ceux qui t'avons tout donné et nous t’avons déjà pardonné il y a bien longtemps de ce que le destin a fait de toi. »
Doucement, il se libéra de l’étreinte du vieil homme et s’accroupit à son tour face à lui, ses mains glissant de la tête au visage… qu’il rapprocha du sien pour un baiser tendre, chaste, dénué de tout sous-entendu. Il dura longtemps, non pas passionné, mais raisonné, de cet amour assumé entre deux êtres ayant partagé toute leur vie. Angilbe le lui rendit, presque surprit d’être encore considéré comme un être humain aux yeux de… de qui, d’ailleurs ?
De moi, fit Fabio.
Ou de moi, répondit Heir ?
De nous, compléta Magnam.
Et pour nous, ajouta Méhala.
À tout jamais… conclut Calande Rorré.
Le visage face à lui changeait, se métamorphosait au fur et à mesure des apparitions furtives de ceux pour qui il avait compté plus que tout. La chambre s’était évaporée, il ne restait qu’un chemin de terre, un simple sentier sinueux émergeant du néant. En son centre, Calande Rorré et Angilbe Poféus, agenouillés l’un en face de l’autre, se tenaient par les bras, front contre front.
« Je… finissons-en, Calande. Je pense que… je crois que je suis enfin prêt. »
Elle lui souleva la tête, l’embrassant encore une ultime fois, et ils se relevèrent de concert. D’une main, elle désigna la voie qui se poursuivait devant eux :
« Allons par là, c’est ainsi que nous nous éteindrons tous les deux. Tous ensemble, devrais-je dire. »
Angilbe acquiesça sans dire un mot et s’engagea à la suite de sa dernière compagne. Pourtant, quelque chose le retint en arrière, comme si aller de l’avant devenait de plus en plus difficile. Calande, sentant la contrainte, se méprit :
Viens avec moi, aie confiance.
Calande, je n’arrive pas à…
Allez, viens te dis-je !
Comprenant que cela demanderait de plus en plus d’efforts, elle se tourna un peu exaspérée pour le réprimander, quand elle se couvrit les yeux de ses bras, hurlante de douleur et de terreur. Poféus se retourna à son tour et plissa les paupières devant l’intensité de ce qui émanait derrière lui.
Un gigantesque cerf de feu embrasait le ciel dans toutes les directions. Au centre de celui-ci, un homme brillait comme le soleil et sa main s’agrippait au chancelier sans même le toucher. Ralato Ouli observait le couple qui s’en allait, une expression de colère peinte sur son visage.

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SOUTENEZ REDUNIVERSE ! Prod: podshows, Réa: Raoulito, Relecture : Gortozaran, TheDelta, CowboyE, Hadaria - Acteurs: Tristan: narration, Pofeus: pof, Calande: coupie, MagnamIV: raoulito, Fabio/méhala : Myeve, Heir : destroK Derush/montage : Coles/Raoulito Musiques: VG, Ian, Cleptoporte, Pia

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