Bombardier/Alstom : Québec peut relancer les usines et sauver les emplois – CSN

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Alors que Bombardier Transport est en négociation avec Alstom, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’inquiète pour l’avenir de près de 1000 travailleurs de l’usine de La Pocatière et de ceux d’Alstom à Sorel.

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) Photo : M. Giroux 24 mai 2018

Dans une entrevue avec Alice Chantal Tchandem, le président de la CSN Jacques Létouneau a indiqué que le démantèlement de ce fleuron de l’économie canadienne ne devrait pas se produire. Mais, si cela arrivait, des dispositions devraient être prises afin que les travailleurs ne soient pas laissés sur le carreau.

C’est ainsi qu’il a suggéré que le gouvernement du Québec octroie plus de marchés à cette division de Bombardier qui pourra passer aux mains de la compagnie française.

« Il est regrettable d’assister à la déstructuration d’une entreprise bien québécoise, bâtie par des milliers de travailleuses et travailleurs d’ici. L’important, aujourd’hui, c’est que le gouvernement utilise tous les leviers dont il dispose pour maintenir des emplois à La Pocatière. Les six projets de tramway et de prolongement du REM actuellement sur la table à dessin au Québec ainsi que la stratégie d’électrification des transports du gouvernement constituent une excellente occasion », affirme M. Létrouneau dans le communiqué.

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Un nouveau wagon de métro dévoilé par Bombardier Transport, le 25 novembre 2013, à La Pocatière, au Québec. À cette date, la division du transport ferroviaire de Bombardier déclare que la perte d’une part importante du marché de trains électriques à Montréal pourrait l’obliger à mettre quelques employés au chômage, conformément à son plan pour l’usine de La Pocatière. Crédit : La Presse canadienne, Jacques Boissinot

Le président de la CSN suggère que Québec octroie plus de contrats à Bombardier Transport, notamment dans le secteur du transport collectif, avec de nouvelles commandes pour le métro.

Il aimerait aussi que le gouvernement provincial exige que l’assemblage du matériel roulant, dans le cadre de la construction du Réseau express métropolitain (REM), se fasse au Québec.

« Nous prenons bien note que le premier ministre a qualifié la décision d’envoyer la construction du REM en Inde « d’erreur libérale ». La possibilité d’exiger 25 % de contenu local constitue pour nous un seuil minimal. Le gouvernement doit veiller à ce que les opérations d’assemblage du matériel roulant soient effectuées au Québec […] Le gouvernement a toutes les cartes en mains pour assurer l’essor du secteur de la construction ferroviaire au Québec », a conclu le président de la CSN.

Bombardier a connu d’importantes difficultés financières au cours des dernières années et les différents paliers de gouvernement ont eu à soutenir la compagnie en y investissant des fonds.

La semaine dernière, l’entreprise a dû se départir de son avion A-220, l’ancienne C Series, en raison de la situation de son endettement important.

Aujourd’hui, l’idée de vendre sa division ferroviaire s’inscrit dans son objectif de restructuration afin de se décharger du fardeau de sa dette qui s’élève à plus de neuf milliards de dollars, dont l’échéance se rapproche.

M. Létourneau soutient que comme c’est le cas dans bien des économies du monde, lorsqu’un fleuron national arrive ainsi à bout de souffle, il est toujours possible pour l’État d’intervenir avec des actions bien ciblées pour éviter son démantèlement et sauver les travailleurs.

Il redoute l’incidence d’une éventuelle délocalisation des activités de la division ferroviaire de Bombardier vers l’étranger, en cas d’acquisition par Alstom qui mène ses activités principalement en Europe.

À noter que la transaction entre Bombardier et Alstom a été conclue

Notre article a été publié quelques minutes avant l’annonce de la conclusion de l’achat de la division de Bombardier Transport par Alstom.

Le groupe français Alstom annonce un accord pour racheter Bombardier Transport entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros, presque 9 milliards de dollars canadiens. Bombardier dispose notamment à Crespin (Nord) de la plus grosse usine ferroviaire de France #AFP pic.twitter.com/O6XH7GB2Qm

— Agence France-Presse (@afpfr) February 17, 2020

Selon les termes de cette entente :

– Le montant de cette transaction se situe entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros.

– La Caisse de dépôt et placement du Québec détient 18 % du capital et se positionne comme le premier partenaire d’Alstom. Elle réinvestira presque 3 milliards de dollars dans les activités.

– Alstom veut faire de Montréal son siège pour les Amériques.

– Il reste une étape à franchir pour que les termes de cette transaction soient effectifs et mis en œuvre concrètement. Les autorités concurrentielles européennes doivent au préalable l’approuver.

Bombardier, qui s’est départi de ses avions commerciaux, va à présent se concentrer uniquement sur les avions d’affaires.

En complément :

Pour assurer sa survie, le fleuron québécois doit choisir entre les avions d'affaires et les trains. Entrevue avec Suzanne Benoît, pdg d'Aéro Montréal, la grappe d'aérospatiale du Québec.

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