Pourquoi une telle aversion aux risques extrêmes ? (Fabrice Le Lec )

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Les risques extrêmes sont les risques qui ont une très faible chance d'occurrence mais dont les conséquences sont très importantes, voire désastreuses. Ce type de risque est assez répandu, avec des applications sur l'environnement (risque nucléaire), la finance (krach) voire la politique (terrorisme). Il semble que les individus (ou les sociétés) développent une aversion toute particulière envers ce type de risque. Cette apparente hyperaversion aux risques extrêmes pose question à l'économiste, qui dans sa boîte à outils traditionnelle, appréhende l'attitude vis-à-vis du risque selon deux dimensions : les conséquences mais aussi les probabilités de ces conséquences. On rend ainsi compte de cette attitude vis-à-vis du risque à travers la théorie dite de "l'utilité espérée" qui combine la probabilité d'un événement multipliée par la satisfaction que les individus peuvent retirer de cet évènement. On peut classer alors les individus dans trois catégories : les riscophobes (la grande majorité), les neutres au risque, et les riscophiles. Néanmoins, cette catégorisation, dont on présentera les bases à travers une série de questions ludiques, a été remise en cause par de nombreuses études empiriques: les individus ont tendance à déformer les probabilités. Les petites probabilités sont surpondérées, alors que les probabilités moyennes et fortes sont plutôt sous-pondérées. Les risques extrêmes sont alors particulièrement pertinents à étudier car les probabilités d'occurrence sont très faibles. En extrapolant théoriquement cette tendance, on peut montrer que plus la probabilité va être petite plus le montant qu'on est prêt à sacrifier pour ne pas subir ce risque est proportionnellement importante. Ce résultat implique une hyper aversion aux risques extrêmes. Ce résultat a été ensuite testé en laboratoire, dans le cadre d'expériences d'économie, qui tendent à le confirmer. On présentera ces résultats, et rejouera l'expérience en direct, comme illustration. Finalement, nous discuterons des implications de ce phénomène (que permet-il d'expliquer ?) et ces implications politiques (comment une société doit elle se prémunir contre les risques extrêmes) ?

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