Nouvelles technologies - Irina, une pièce simulant l’air intérieur pollué

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L’air que nous respirons dans les espaces clos nous expose de façon chronique aux polluants et notamment aux composés organiques volatils, les COV. Afin d’étudier leur impact sur notre santé ou de tester de nouveaux matériaux capables de purifier notre air intérieur, des chercheurs français ont développé une pièce expérimentale grandeur nature dénommée Irina. Entre notre habitat, notre lieu de travail ou les transports, nous passons environ 80 % de notre existence dans des espaces clos. L’air dans ces environnements fermés est souvent plus pollué qu’à l’extérieur, notamment par des composés organiques volatils, siglés COV. Les matériaux de construction des bâtiments, les meubles constitués de panneaux de particules ou encore les peintures les diffusent constamment. Le plus problématique reste le formaldéhyde, une molécule classée par les autorités sanitaires dans la catégorie des cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, c’est-à-dire entraînant la stérilité. Afin d’étudier les composés gazeux aux effets délétères, l’IMT (Institut Mines Télécom) Lille Douai utilise une pièce d’expérimentation de 40m3. Irina, c’est son petit nom, recrée la composition de l’air intérieur d’une maison ou d’un appartement et même d’une cabine d’avion moyen-courrier à la demande. « Cette chambre d’analyse permet d’établir des modèles scientifiques et d’élaborer de nouveaux matériaux pour les industriels », nous précise Frédéric Thévenet, professeur et chercheur au département Sciences de l’Atmosphère et Génie de l’Environnement de Lille Douai. « Un point de rencontre pour la recherche partenariale entre le public et le privé » « L’objectif, c'est de pouvoir évaluer des dispositifs d’amélioration de la qualité de l’air intérieur, d’étudier des processus de transformations des polluants avec une pièce de taille réelle. La question du traitement des COV est un point important, mais avant d’y arriver, il faut pouvoir renseigner toutes les actions possibles. Est-ce que la ventilation est suffisante, est-ce qu’on a réussi à réduire la source des polluants ? Si l’ensemble de ces critères ne permet pas d’abaisser suffisamment les niveaux de COV, alors on peut évaluer des dispositifs de purification » dit-il. Puis Frédéric Thévenet ajoute : « Cette pièce expérimentale est un point de rencontre pour la recherche partenariale entre le public et le privé, très prisée des industriels. On reste, en revanche, très attentifs pour que les résultats de nos études fassent l’objet d’actions de communication de la part de l’administration en publiant des recommandations et des guides de bonnes pratiques auprès du grand public. » D’autres sources de pollution de l’air intérieur Les composés organiques volatils ne sont pas les seules sources de pollution de notre air intérieur. Celles issues des produits de ménage et même les ingrédients employés en cuisine dégagent aussi leurs molécules toxiques. Sans oublier le tabagisme qui empoisonne votre entourage en vaporisant jusqu’à 4 000 composés chimiques, dont au moins 50 sont des cancérigènes avérés. Mais ça, même sans Irina, vous le saviez déjà ! Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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