4 octobre 2020 : La paternité chrétienne (2/4) – Evangile : aimez vos ennemis – La sagesse féminine (2/2)

 
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CHANTS

« Commémoration fraternelle » d’Alexandre Kastalski, par le par Chœur de chambre Kastalski de Moscou, et le Chœur a capella Yaroslav – MAXclassic & Company, 2007.

INTRODUCTION de Victor Loupan

La paternité chrétienne (2/4)

Poursuivons notre réflexion sur la paternité chrétienne. Quand un père de famille, un prêtre ou un père spirituel récite le Notre Père, il doit prendre conscience qu’il n’est que le suppléant du Père. C’est-à-dire qu’il doit sanctifier le nom de Dieu le Père, par sa vie intérieure, par ses paroles, et par ses actes. Un père, ici-bas, doit mener une lutte implacable contre ses caprices, ses colères et ses avidités. Et il doit bannir, absolument, l’autoritarisme. Car l’autoritarisme, c’est l’usurpation de la paternité divine. Comme Adam a voulu définir le bien et le mal pour devenir l’égal de Dieu, le père tyrannique se prend pour Dieu le Père. Et les conséquences de cette usurpation sont souvent tragiques.

Il faut aussi se souvenir que les pères biologiques n’exercent pas seuls la paternité. D’autres qu’eux ont autorité sur leurs enfants. Ces « autres » ont leurs défauts, tout comme nous. Ils peuvent s’égarer, tout comme nous. Souvent, nous critiquons, devant nos enfants, le prêtre ou le professeur. Sans nous rendre compte qu’en faisant cela, nous abîmons, dans la tête des petits, l’idée chrétienne de la paternité. Ces critiques sont d’ailleurs souvent le reflet de notre orgueil et de notre manque de charité. Alors que nous devons montrer à nos enfants que toute paternité, c’est-à-dire toute autorité, vient de Dieu. Il est de notre devoir d’apprendre à nos enfants à distinguer entre la juste autorité du prêtre ou du professeur et ses défauts qui sont le lot commun de la condition humaine. N’oublions jamais que les pères terrestres sont, tous, des suppléants de l’unique Père céleste.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Aimez vos ennemis (Luc 6, 31-36)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle grâce y a-t-il pour vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment ! Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quelle grâce y a-t-il pour vous ? Les pécheurs également font cela ! Et si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez recevoir, quelle grâce y a-t-il pour vous ? Des pécheurs également prêtent à des pécheurs pour recevoir d’eux la même somme ! Au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez-leur sans rien espérer. Votre salaire sera grand et vous serez les fils du Dieu Très-haut, car Il gratifie les ingrats et les méchants. Devenez compatissants comme votre Père est compatissant. »

* * *

Homélie : Le message que le Christ Sauveur adresse en ce jour aux chrétiens ses disciples est bien actuel. Nous sommes entourés de bruits de guerre, d’attentats, de complots et de violence sous toutes sortes de formes. Le Sauveur invite ses disciples à avoir le courage d’être différents des autres membres de la société, sans pour autant les juger. Son message n’est pas celui d’un simple pacifisme. Il parle d’une non-violence active qui fait du chrétien un homme libre et, progressivement, un homme ressemblant à Dieu. Ne pas être pareil aux autres ne suffit pas ; en soi le fait d’être différent n’a pas d’intérêt : il peut même avoir des conséquences très négatives comme l’orgueil, le sentiment de supériorité, le mépris de ceux qui ne croient pas, finalement une attitude sectaire. Les prétendus disciples du Sauveur peuvent devenir, s’ils ne prennent pas garde à eux-mêmes, des gens insupportables, des citoyens prétentieux, juges de tous et moralisateurs. Il ne s’agit donc pas seulement d’être différents, encore que le courage de la différence ait sa valeur : il s’agit d’aimer. Or l’amour est incompatible avec l’attitude sectaire. Un chrétien qui aime apportera à la société ce qui lui manque. Il ne se contente pas de penser avoir raison, par exemple dans les questions morales ou éthiques, dans les grands débats actuels autour de la fécondité et de la vie, autour de la question du couple. Il ne suffit pas d’avoir raison. Le Sauveur nous invite à aimer, par exemple ceux qui ne pensent pas comme nous ou bien, plus gravement, ceux qui, de notre point de vue, sont des ennemis, puisqu’ils font du mal aux hommes, pensons-nous ; ils promulguent des lois ennemies de nos enfants, de nos familles ; ils sacrifient des petits enfants portés par leur mère presque à terme… Voilà les ennemis… Des ennemis encore, ceux qui, pensent certains, conçoivent des fléaux, en artisans de crimes contre l’humanité… Notre époque est obsédée par des idées de guerre. Certains voient des ennemis partout et les principes mêmes du gouvernement légitime sont discrédités. Le Christ nous dit d’aimer plutôt que d’entrer en guerre. Est-ce que cela veut dire tout permettre ? Non ; un ennemi reste un ennemi ; celui qui menace mon enfant, ma famille, la société humaine, reste un prédateur. Le Sauveur ose nous inviter à aimer, à croire que l’amour est une puissance extraordinaire, victorieuse de la mort. Saint Martin promit de se tenir sans armes devant l’ennemi : qui sait si la vocation de ce catéchumène n’était pas d’aimer en première ligne ? Aimer les ennemis, les siens, ceux des autres, ceux de nos proches : impossible à nos yeux ! Mais le Sauveur n’annonce pas un programme héroïque qui ferait des chrétiens des gens supérieurs aux autres, vainqueurs par les armes de l’amour, des sortes de chevaliers de la divine compassion et de la non-violence évangélique ! Non : le Christ parle de ressembler à Dieu ! L’enjeu du paradoxal amour est la conformité au Père céleste et à son image parfaite, Jésus Christ qui nous parle aujourd’hui. Adoptons un comportement divin ; cherchons toujours ce que ferait le Seigneur à notre place, et à aimer comme Il aime. Ainsi, dans le contexte actuel de pandémie, de dérives écologiques ou prétendues bioéthiques, un effort immense nous est demandé : au lieu d’être des agents de guerre par tous les médias et les réseaux dont nous disposons, soyons des souverains, des sages, des citoyens qui disent Oui, qui disent Non, avec sérénité et avec amour pour ceux à qui, selon leur conscience, ils croient devoir s’opposer. On peut dire Non sans juger et sans détester. Aimer l’adversaire c’est intercéder ou rendre grâce à Dieu pour lui ; c’est être prêt à donner sa vie pour lui. Calculons, avant de prendre un parti ou un autre, combien de temps nous consacrons à prier pour ceux qui, d’après nous, font le mal ou se préparent à le faire.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La sagesse féminine (2/2)

La semaine dernière, Jean Moschos nous a montré que la tentation vient du diable. Vous vous souvenez un moine était souvent envoyé en mission au village, pour son monastère. Dans ce village vivait un homme fort pieux, chez qui le moine demeurait chaque fois qu’il était envoyé au village. Cet homme vivait avec sa fille, jeune veuve. Le moine, habitué à se rendre chez eux, était entré en tentation et pensait à elle, nuit et jour. La jeune femme s’était rendu compte de son trouble et l’évitait soigneusement. Mais un jour son père avait dû partir à la ville et le moine était arrivé. Je reprends le récit, écoutez bien :

« Quand le moine comprend qu’il est seul avec la femme dans la maison, il se précipite sur elle. Mais la jeune veuve lui dit calmement : ‘‘Ne sois pas troublé. Mon père ne rentrera que tard ce soir. Ainsi, nous sommes tous les deux. Mais je sais que vous, les moines, vous ne faites rien sans prière. Lève-toi donc et prie Dieu. Puis tout ce qu’Il inspirera à ton cœur, nous le ferons.’’ Le moine, dévoré par la tentation, n’est pas d’accord. Elle lui demande alors : ‘‘As-tu déjà réellement connu une femme ?’’ – ‘‘Non, répond le frère, c’est bien pour cela que je veux savoir ce que c’est ! ‘’ La jeune femme commence alors une description horrible des femmes : ‘Si tu es tenté, dit-elle, c’est que tu ignores l’épouvantable odeur des malheureuses femmes.’’ Comme il n’est pas convaincu, elle ajoute : ‘‘En plus, j’ai mes règles et personne ne peut m’approcher ni supporter ma présence.’’ Et elle continue ainsi à vilipender son propre corps. Le moine se calme, retrouve ses esprits et se met à pleurer, sous le poids du repentir. Voyant qu’il s’est repris, elle lui dit : ‘‘Regarde, si je t’avais écouté et si je t’avais cédé, nous aurions maintenant fini et nous aurions commis un péché. Comment aurais-tu pu regarder mon père en face ? Comment aurais-tu pu retourner à ton monastère ? Comment aurais-tu pu écouter le chœur des saints hommes et leurs psalmodies ? Je t’en prie, ne va pas, pour un plaisir fugace, ruiner tous les efforts que tu as fournis et être privé des biens éternels.’’ Après l’avoir entendue parler ainsi, le frère retourna au monastère. Plus tard il raconta cette histoire à celui qui l’a rapportée à Jean Moschos. Et il rendait grâce à Dieu qui, par l’intelligence et la sagesse de cette femme, lui avait évité de chuter complètement. »

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