21 février 2021 : Louange du mariage par St Jean Chrysostome – Evangile : parabole du pharisien et du publicain – Le chemin spirituel de Paul de Thébaïde (1/3)

 
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CHANTS

« Le canon de supplication à Saint Jean Maximovitch de Shanghaï et San Francisco » par le chœur roumain Nectarie Protopsaltul, sous la direction de Sabin Preda – www.monasteresuisse.mitropolia.eu

INTRODUCTION de Victor Loupan

Louange du mariage par St Jean Chrysostome

J’ai trouvé cette louange du mariage par St Jean Chrysostome. Elle ne peut que réjouir tous les couples. Je vous la lis : « Que faut-il que tu dises à ta femme ? dit St Jean Chrysostome. Dis-lui avec beaucoup de douceur : ‘‘Je t’ai choisie, je t’aime et je te préfère à ma propre vie. Le temps que nous vivons est court et fragile. S’il nous est donné de plaire à Dieu durant cette vie, nous serons éternellement avec le Christ, et l’un avec l’autre dans un bonheur sans limites. Ton amour me ravit plus que tout et il n’y a pas de malheur plus insupportable pour moi, que d’être séparé de toi. Quand je devrais tout perdre et devenir plus pauvre qu’un mendiant, quand je devrais encourir les derniers périls, tout me sera supportable tant que ton affection pour moi demeure. Ce n’est qu’en comptant sur cet amour que je souhaiterai des enfants.’’ »

« Mais Il faudra aussi conformer ta conduite à ces paroles, ajoute St Jean Chrysostome. Montre à ta femme que tu apprécies beaucoup de vivre avec elle et que tu aimes mieux, à cause d’elle, être à la maison plutôt que sur la place. Préfère-la à tous les amis et même aux enfants qu’elle t’a donnés ; et que ceux-ci soient aimés de toi à cause d’elle…

Vos prières, faites-les en commun. Que chacun de vous aille à l’église et qu’à la maison le mari demande compte à sa femme, et la femme à son mari, de ce qui a été dit ou lu… Apprenez la crainte de Dieu ; tout le reste coulera comme de source, et votre maison s’emplira de biens innombrables. ‘‘Cherchez d’abord le Royaume de Dieu, nous dit l’Évangile, et tout le reste vous sera donné par surcroît.’’ »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 10-14)

En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante.

Deux personnes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres gens, avides, injustes, adultères, ou bien comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et j’acquitte la dîme de tout ce que j’ai gagné. » Or le publicain, se tenant à l’écart, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « Ô, Dieu, sois propice à moi, pécheur ! » Je vous le dis, ajouta Jésus, celui-ci descendit chez lui justifié, au contraire de celui-là, car toute personne qui s’élève sera abaissé, mais qui s’abaisse sera élevé.

* * *

Homélie : Nous approchons la porte d’entrée du Carême avec impatience, avec crainte, avec une grande émotion parce que c’est la période la plus belle de l’année, appelée le printemps de l’âme ! Elle coïncide avec le renouveau de la Création, du moins dans nos régions. Les branches des arbres ont commencé à bourgeonner ; en certains endroits, l’hiver étant plus doux, les premières fleurs sont apparues ; et les oiseaux cherchent à construire leur nid. Nous aussi, nous voulons tresser un nid pour y abriter ce qu’il y a de meilleur, de plus pur et de plus prometteur dans notre cœur ; les fleurs qui réclament la fécondation sont, en nous, toutes les tendances vivantes à recevoir du saint Esprit la grâce de se multiplier dans la vraie vie ; et les tiges profondes de notre être intérieur sont impatientes de bourgeonner en feuillage nouveau. Printemps de l’âme ! Le Carême, ce temps du douloureux repentir, car nous portons le deuil de notre folie, est simultanément celui de l’allégresse : nous sommes capables des doubles larmes, que nous inspire l’horreur de nos fautes, et que nous donne l’émerveillement de la personne miséricordieuse de notre Dieu ! Or Celui-ci nous indique les chemins de ce printemps et de cette allégresse pascale : les deux formes de prière que nous mettrons en œuvre pendant quarante jours et bien davantage. Nous savons que ces deux types de la prière biblique sont la louange et la supplication. Les psaumes, qu’en bons héritiers de l’Alliance, en bons juifs mystiques, nous pratiquons tous les jours, nous initient continuellement à ce rythme de glorification et d’intercession, d’action de grâce et de demande. De ces deux jambes, l’homme marche sur la route de la connaissance de Dieu et du Salut. Avec la parabole de ce jour, celle du pharisien et du publicain, il nous est rappelé de quels instruments nous disposons. Mais en même temps, nous percevons un avertissement. La louange n’est pas une auto glorification et l’humble demande n’est pas une auto destruction. La prière ne va pas tellement de soi. On peut se tromper lourdement en croyant bien faire. La louange en a conduit plus d’un à l’idolâtrie de soi ; et une prière de repentir mal éclairée et mal accompagnée en a conduit plus d’un à la neurasthénie, à une fausse tristesse, au découragement ou à la haine du monde. Une louange incessante pourrait constituer notre respiration naturelle, parce que l’émerveillement à l’égard du Seigneur est sans limite. Une vraie glorification, une « juste glorification » comme veut le dire « orthodoxie », conduit à une joie insatiable, celle des anges qui, sans cesse, dansent en liesse autour du trône de l’Amour sans limite ! Une incessante prière de repentir pourrait nous conduire, elle aussi, à la grande joie, celle que donne la révélation de la miséricorde divine. Dans l’une et l’autre forme de prière, ce qui « justifie » l’homme, c’est-à-dire le fait réaliser l’icône de la justice miséricordieuse de Dieu, est l’allégresse qui survole celle des chérubins et des séraphins, celle de la Mère de Dieu. Celle-ci est vraiment la maîtresse de la juste louange et l’exemple inégalable de l’humilité. A la fois, son âme dit toute la grandeur de Dieu dans une hymne insurpassée, et sa bouche confesse qu’elle est « l’humble servante ». En vénérant l’icône de la Toute-sainte, nous serons initiés, pour ce beau carême pascal qui arrive, à l’humble glorification et au glorieux repentir – plus nous glorifierons le Seigneur, plus nous nous sentirons petits devant sa face ; et plus nous nous prosternerons devant lui dans la prière de supplication, plus la connaissance de sa bonté sera la gloire de notre cœur et de notre esprit !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le chemin spirituel de Paul de Thébaïde (1/3)

Voici un long récit de Jean Moschos qui raconte le chemin spirituel d’un homme pieux, de sa jeunesse chaotique à la sainteté de sa fin de vie. Ecoutez bien :

« Il y avait en Thébaïde, raconte Jean Moschos, un certain Paul qui fréquentait la sainte Eglise de Dieu, jour et nuit. Les spoudaïoï et les philoponoï l’observaient [Spoudaïoï signifie ‘zélé’ et philiponoï signifie ‘qui aime la peine’. Il s’agit de laïcs qui vivaient un peu comme des moines tout en restant dans le monde. Ils s’organisaient en confréries de dévots dans les sanctuaires. Ils étaient chargés d’accueillir les pèlerins et de soigner les malades.] Ces pieux laïcs, impressionnés par la ferveur de Paul, lui disent : ‘‘Abba Paul, tu n’as pas de parents et tu ne veux pas te marier. Pourquoi ne pas devenir moine ?’’ Paul acquiesce : ‘‘Vous avez raison. Je vais devenir moine.’’ Il s’en va donc vivre dans une cellule, consacrant son temps à l’ascèse et autres épreuves. Ces pensées sont parfaitement pures. Mais évidemment, il y en a un qui ne voit pas ça d’un bon œil. Constatant les bonnes dispositions de Paul, le démon décide de lui apparaître sous les traits d’un ange. Ce faux ange se joue du jeune ermite en lui faisant croire à de fausses révélations. Bientôt le démon se rend compte qu’il tient Paul à sa merci et il lui dit : ‘‘Le Christ aime ta conduite et il viendra demain vers toi pour t’accorder des bienfaits. Demain matin, sors de ta cellule et prosterne-toi devant lui. Tu recevras son bienfait. Puis tu retourneras dans ta cellule.’’ Le lendemain matin, une fois hors de sa cellule, Paul voit une rangée d’anges portant des vêtements étincelants et qui entourent un anneau de feu. Au centre de l’anneau se trouve l’image de quelqu’un que Paul prend pour le Christ. Il commence à s’incliner pour se prosterner, quand tout à coup une main lui donne un coup qui le renverse dans la direction opposée pour l’empêcher de se prosterner. Tombé à terre, il regarde attentivement derrière lui où était la vision. Tout a disparu, il n’y a plus ni anges étincelants ni anneau de feu. Devinant alors qu’il s’agissait d’une moquerie du démon, Paul s’effondre en sanglotant. Il reste deux jours et deux nuits au même endroit à pleurer, en déclarant à Dieu : ‘‘Pauvre de moi, pécheur. J’ai commis un péché. J’ai écouté le démon. J’ai perdu toute ma vie et je ne sais que faire.’’ Au bout de ces deux jours, il se souvient d’un anachorète dont il a entendu parler et qui vit en Haute-Thébaïde, depuis de nombreuses années. Paul décide d’aller le voir et de lui exposer ce qui lui est arrivé. Parvenu tout près de l’endroit où vit l’anachorète, il se jette à plat ventre sur le sol et s’écrie : ‘‘J’ai péché, pardonne-moi et prie pour moi !’’ »

Nous verrons, la fois prochaine, quelle a été la réaction de l’anachorète.

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