11 octobre 2020 : La paternité chrétienne (3/4) – Evangile de la Parabole du Semeur – Le sacrilège des enfants (1/2)

 
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CHANTS

« Splendeur du chant orthodoxe, mariage et Nouvel An » par le Choeur de Chambre Bulgare – Gega New 1993 – Editions de Milan 1996.

INTRODUCTION de Victor Loupan

La paternité chrétienne (3/4)

Nous avons vu la semaine dernière combien nous abîmons l’idée chrétienne de paternité, quand nous critiquons, devant les enfants, un prêtre ou un professeur. Mais il faut bien dire qu’il y a parfois des situations vraiment complexes et révoltantes. Pour garder la juste mesure, écoutons ce que nous recommande le Seigneur : « Si ton frère a péché contre toi, dit Jésus, reprends-le entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que toute chose se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Eglise ; et s’il n’écoute pas l’Eglise non plus, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. » Nous suivons rarement, avouons-le, ce précepte du Christ.

Mais il ne faut pas non plus fermer les yeux, sous prétexte de respecter l’autorité. Un père écoute d’abord les doléances de son enfant. Il fait le tri entre les difficultés passagères et ce qui est réellement dangereux. S’il constate un vrai problème, il va voir le professeur ou le prêtre, sans l’enfant, et procède avec lui, comme nous l’a enseigné Jésus. Et si, finalement, il s’avère indispensable de couper les ponts avec un être indigne qui trouble l’âme de l’enfant, il faut quand même apprendre à l’enfant à faire la distinction entre le péché et le pécheur. Car le pécheur, quoi qu’il fasse, reste à l’image de Dieu. Si on n’apprend pas à l’enfant à faire cette distinction, il sera tenté de rejeter l’idée même de paternité.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Évangile du Semeur et des saints Pères (Luc 8, 5-15 et Jean 17, 1-13)

En ce temps-là Jésus dit la parabole suivante. « Un homme sortit pour semer du grain. Tandis qu’il répandait la semence dans son champ, une partie des grains tomba le long du chemin : on marcha dessus et les oiseaux les mangèrent. Une autre partie tomba sur un sol pierreux : dès que les plantes poussèrent, elles se desséchèrent parce qu’elles manquaient d’humidité. Une autre partie tomba parmi des plantes épineuses qui poussèrent en même temps que les bonnes plantes et les étouffèrent. Mais une autre partie tomba dans la bonne terre ; les plantes poussèrent et produisirent des épis : chacun portait cent grains. » Et Jésus ajouta : « Écoutez bien, si vous avez des oreilles pour entendre ! » Les disciples de Jésus lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Jésus leur répondit : « Vous avez reçu, vous, la connaissance des secrets du Royaume de Dieu ; mais aux autres gens, ils sont présentés sous forme de paraboles afin qu’ils puissent regarder, mais sans voir ; qu’ils puissent entendre, mais sans comprendre. Voici ce que signifie cette parabole. La semence, c’est la Parole de Dieu. Certaines personnes sont semblables au bord du chemin où tombe le grain : elles entendent, mais le diable arrive et arrache la Parole de leur cœur pour les empêcher de croire et d’être sauvés. D’autres ressemblent à un sol pierreux : ils entendent la Parole et la reçoivent avec joie. Mais ils ne la laissent pas s’enraciner, ils ne croient qu’un instant et ils abandonnent la foi au moment où survient l’épreuve. La semence qui tombe parmi les plantes épineuses représente ceux qui entendent ; mais ils se laissent étouffer en chemin par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ils ne donnent pas de fruits mûrs. La semence qui tombe dans la bonne terre représente ceux qui écoutent la Parole et la gardent dans un cœur bon et bien disposé, qui demeurent fidèles et portent ainsi des fruits. »

* * *

Homélie : Le message que nous adresse le Christ en ce jour est, comme d’habitude, à entendre dans le contexte que nous vivons. L’Esprit Saint veut nous inspirer une telle actualisation de la parole du Verbe. Dans les circonstances qui nous sont données à vivre, nous aimerions comprendre les causes et les conséquences des phénomènes cosmiques, politiques et sociaux. Nous aimerions qu’on nous explique ce qui se passe. Et quand des explications circulent, quand on prétend nous révéler les causes de nos malheurs et les responsables de la situation, nous sommes tentés de nous saisir de ces explications. La rationalisation des situations, la rationalisation des maux rassure certains d’entre nous. Ceux-ci se sentent mieux quand ils ont trouvé les coupables ! Mais le Sauveur propose une autre méthode connaissance que la rationalisation, l’explication et la compréhension. Il propose de déchiffrer le réel comme on lit une parabole. Nous pouvons nous exercer à chercher des évènements de l’actualité une lecture au deuxième ou au troisième degré. Le sens de l’Histoire, et le sens de l’actualité, sont accessibles à ceux qui n’en restent pas à la lettre des faits : attentats, pandémie, manipulations des facteurs de vie biologique, sont à déchiffrer à la lumière de l’enseignement divin que nous transmet la Parole, par exemple dans les psaumes et, bien sûr, dans le saint Évangile. Toutefois, cet art de déchiffrer les signes des temps ne dépend pas de simples capacités humaines, passant de la lecture au premier degré à une lecture symbolique de l’actualité. Pour avoir accès au sens des évènements et pour actualiser l’esprit prophétique qui nous a été donné parmi les charismes du saint baptême, nous avons besoin d’être ensemencés, fécondés et nourris par la Parole. C’est pourquoi le Sauveur enseigne aujourd’hui, non seulement l’interprétation parabolique du réel, mais encore l’écoute et l’assimilation de la semence évangélique. Une fréquentation assidue de la Parole, sa mémorisation, son assimilation liturgique, sa méditation quotidienne, finissent par porter des fruits étonnants. Nous pouvons, en nous laissant féconder par la semence divine, accéder à la vision divine de l’Histoire, assumer la pensée du Christ, et voir, dans tout ce qui advient, des messages du Seigneur créateur et maître de l’Histoire. Notre Dieu n’est pas un dieu qui n’a rien à dire sur l’actualité ; et les chrétiens ne sont pas livrés à leurs raisonnements propres ou à l’influence des réseaux sociaux. Les saints de notre époque, les sages, les ascètes de tous les temps, non seulement nos pères athonites, mais des saints vivant dans le monde, nourris par la parole de Dieu, ont des paroles pour notre temps. Ceux qui exercent les responsabilités feraient bien de les consulter pour savoir quel message est caché, par exemple, dans la parabole de la pandémie…

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le sacrilège des enfants (1/2)

Jean Moschos nous rapporte ici un étonnant miracle arrivé à des enfants. Il tenait ce récit d’un certain Georges, préfet de la province d’Afrique. Ce Georges était un homme pieux, ami du Christ, des moines et des pauvres. Ecoutez bien :

« Dans mon pays, raconte Georges, en Syrie, il y a un bourg appelé Gonagon. Sur les hauteurs de Gonagon, des enfants faisaient paître des bêtes. Comme tous les enfants du monde, ils aimaient jouer. Et voilà qu’ils inventent un nouveau jeu. Ils décident de faire une synaxe et une offrande. [La synaxe était l’assemblée des chrétiens pour la célébration de l’eucharistie, dans l’Eglise primitive.] Très contents de leur idée, les enfants désignent l’un d’eux pour faire le prêtre et deux autres pour les diacres. Puis ils se dirigent vers une grande pierre plate et commencent à jouer. Ils déposent, sur la pierre, des pains et un vase de terre contenant du vin, comme sur un autel. Celui qui joue le rôle du prêtre se met au milieu, et les deux diacres de chaque côté. Puis le pseudo-prêtre se met à réciter la prière de l’offrande (c’est-à-dire de la consécration), tandis que les deux autres l’éventent avec leurs turbans. Or il se fait que le prétendu prêtre connaît parfaitement la prière de l’offrande, parce que, selon l’habitude de l’Eglise, les enfants se tiennent devant le saint autel au cours de la synaxe et ils sont les premiers à communier aux saints mystères, juste après le clergé. De plus, poursuit Georges, dans certaines régions, les prêtres ont l’habitude de dire les prières à voix haute. Et les enfants les apprennent par cœur, à force de les entendre.

Les enfants accomplissent donc tout, selon les rites de l’Eglise. Et au moment où ils vont rompre les pains, un feu descend du ciel. Il fait disparaître toutes les offrandes consacrées et consume la pierre. La peur saisit les enfants à la vue d’un tel prodige. Ils sont projetés par terre et demeurent à moitié morts, incapables de prononcer une parole ou de se relever. Au village, on commence à s’inquiéter de ne pas les voir revenir à l’heure habituelle. Les parents décident d’aller voir ce qui leur est arrivé. Ils les cherchent et les trouvent allongés par terre. Les enfants sont hébétés et incapables de reconnaître leurs parents ou de répondre à leurs questions. Les parents ramènent les enfants au village en les portant dans leurs bras. »

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