Lignes de défense - La stratégie de la France en Indo-Pacifique

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La mission de la Marine nationale « Jeanne d’Arc », qui chaque année permet aux élèves officiers d’effectuer leur stage d’application, a mis le cap sur le Japon. La semaine prochaine, le porte-hélicoptères amphibie « Tonnerre » accompagné de la frégate « Surcouf » participeront au large d’Okinawa à un exercice avec la marine japonaise et la marine américaine. Depuis quelques années, la France renforce sa présence militaire dans la région Indo-Pacifique. Une région qui est le théâtre de mutations stratégiques d’ampleur. Devant les députés, le 19 février dernier la ministre des Armées Florence Parly n’avait pas usé de circonlocution au sujet de la république populaire de Chine. « Celle-ci », avait-elle dit, « n’hésite plus à bafouer les règles de la libre-circulation sur les mers ». Et la ministre des Armées d’évoquer les tensions en mer de Chine, mais « Pékin » avait précisé Florence Parly « investit aussi massivement en Indo-Pacifique » y compris dans le pré-carré français. Car l’Indo-Pacifique c’est sept des treize départements, régions et collectivités d’outre-mer, 1 million et demi de ressortissants Français y vivent… Et depuis Tahiti, où il commande la zone maritime de l’océan Pacifique, l’amiral Jean Mathieu Rey, constate la rapide expansion chinoise : « La Chine construit tous les quatre ans l’équivalent de la marine française, donc il y a une croissance exponentielle. Il y a clairement une présence et un armement qui peut représenter une menace, mais nous cherchons à établir une relation de déconfliction avec la Chine. Mon prédécesseur avait fait un déplacement en ce sens en Chine pour voir mon alter ego et mon alter ego est invité ici à Tahiti. Il y a une volonté de maintenir un échange pour pouvoir lever des doutes entre opérationnels, ce ne sont pas des relations politiques ce sont des relations militaires. » De la Réunion à Papeete en passant par Nouméa, 7 000 soldats français sont prépositionnés en Indo-Pacifique. Un chiffre stable ; en revanche l’axe d’effort depuis deux ans porte sur les projections de force à partir de la métropole et pour y parvenir il faut des points d’appuis et donc des partenariats insiste l’amiral Rey : « Le Charles-de-Gaulle en 2019 dans le Pacifique c‘était une première fois, l’opération Marianne le déploiement du sous-marin Emeraude ces derniers mois en mer de Chine c’était une première fois, le groupe Jeanne d’Arc est déjà venu en 2015 en 2017 il est à nouveau dans la zone cette année, l’Armée de l’air qui se déploie, trois missions en trois ans, c’est inédit… Pour les points d’appui, il s’agit de pouvoir régénérer nos équipages, ravitailler nos bâtiments donc on a des partenaires dans l’ensemble de la zone. On a évoqué les escales du Charles-de-Gaulle à Singapour, c'est pas rien, les unités actuellement relâchent au Vietnam, mais également à Brunei en Indonésie aux Philippines, donc c’est ça les points d’appuis, c'est d’avoir des partenaires sur lesquels on peut compter et c’est un travail constant puisqu’avec la pandémie il peut y avoir des ports ou des aéroports qui s’ouvrent, qui se ferment… Le Pacifique ça couvre la moitié du globe donc quand on se déploie que ça soit en sous-marin ou en avion de chasse, on ne se déplace pas à la même vitesse, mais les distances restent très importantes. C’est grand le Pacifique, c’est grand ! » Puisque les prochaines guerres seront lointaines, la Revue Stratégique a identifié la « projection de puissance » comme l’un des « domaines critiques » érigé en priorité pour les armées. Les récents exercices en Indo-Pacifique en sont la parfaite illustration.

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