Comment les journées révolutionnaires font l'Histoire ?

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Il suffit parfois d'un seul jour pour que le monde bascule et ne redevienne plus jamais comme avant. À travers l'Histoire, certain jour ont compté plus que d'autres. Plus que cela, ils ont changé la face d'un pays. Ce fut le cas lors de la Révolution française notamment en juin 1789. Pour décortiquer ces moments singuliers, Frédéric Mounier est entouré de Emmanuel de Waresquiel, historien et biographe de Talleyrand et Fouchet, auteur de "Sept Jours" aux éditions Tallandier, ainsi qu'Antoine Boulant, docteur en histoire il consacre ses travaux à l'histoire du XVIIIème siècle. Il est l'auteur de "La journée révolutionnaire" aux éditions Passés Composés. Paris se prépare à l'insurrection En 1789, le royaume est en mauvaise posture. Louis XVI est forcé de convoquer les États généraux face à un blocage des réformes par les parlementaires, tout cela sur fond de crise économique et fiscale. À l'époque Paris compte 600 000 habitants : 5000 nobles, 10 000 ecclésiastiques, 40 000 membres de la nouvelle bourgeoisie, 50 000 laquais et domestiques et 10% de pauvres et d'indigents. "La grande masse des émeutiers est constituée de ce qu'on pourrait aujourd'hui appeler la classe moyenne qui nous renvoie à une certaine actualité" explique Antoine Boulant. L'année 92 voit l'émergence du mouvement des sans-culottes "avec des revendications en termes de souveraineté populaire, avec la mise en place de ce qu'on appelle des assemblées générales, des sociétés populaires, qui ont énormément politisé ces gens-là" ajoute le docteur en histoire. Contrairement à ce que l'on a tendance à croire, les journées révolutionnaires de juin 89 n'ont pas été portées par "des vrais pauvres", peu éduqués à l'époque. Emmanuel de Waresquiel considère les journées du 17 au 23 juin 1789 comme étant "beaucoup plus importantes que la prise de la Bastille". "La semaine fondatrice de la Révolution, la promesse de la Révolution, c'est la semaine de juin." Emmanuel de Waresquiel La semaine du 17 au 23 juin 1789 : une séparation entre l'état et la nation Les États généraux sont bloqués depuis le 5 mai, en conséquence "les députés du Tiers-état, le 17 juin décident, unilatéralement [...] de se constituer en Assemblée Générale". Pour l'historien, Emmanuel de Waresquiel ce moment décisif est un tournant qui représente "la Révolution elle-même". En effet, à ce moment précis le roi est dépossédé de sa souveraineté et séparé de la nation. Comment passe-t-on de l'émeute à l'insurrection ? Pour Emmanuel de Waresquiel, il faut qu'il y ait "le passage à la politique, le passage à l'avenir et le passage à l'utopie". À partir du 17 juin, un basculement s'opère. En quelques jours seulement naît l'Assemblée nationale, le samedi 20, avec le serment du Jeu de Paume, les députés jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir rédigé une Constitution, enfin le 23 juin la "Nation assemblée" refusent les ordres du Roi. C'est à ce moment-là que Mirabeau aurait lancé : "Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes", synonyme que la Révolution est en marche.

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