Bilan

 
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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.
Laurence Parisot vient donc de quitter ses fonctions au MEDEF, l’organisation des patrons français, qu’elle a dirigée pendant huit ans. Elle part en laissant, nous dit la presse « un bilan mitigé ». Façon aimable de dire qu’elle n’a pas tout raté, mais qu’elle est loin d’avoir tout réussi. Même si l’adjectif n’est pas entièrement négatif, c’est le négatif qui domine dans cette façon de présenter les choses : un bilan mitigé n’est pas un bilan positif ! Mais qu’est-ce donc qu’un bilan? C’est en fait un résultat global : que penser de l’action de Laurence Parisot ? Que laisse-t-elle à son départ ?

Le mot vient du monde du commerce : il s’agit de mettre deux colonnes en regard l’une de l’autre. La plupart du temps ce sont les recettes et les dépenses, de l’argent qui sort et de l’argent qui rentre, pour s’assurer qu’il en est rentré plus qu’il n’en est sorti : c’est le principe de base d’un bilan sain. C’est donc une histoire de balance, et parfois on entend d’ailleurs ce mot, pour parler de la balance des paiements. On voit de nouveau qu’on s’inquiète des équilibres ou des déséquilibres : quel est le plateau qui pèse le plus lourd ? On se souviendra aussi de l’expression « déposer son bilan » qui signifie arrêter une activité commerciale car l’entreprise est en faillite, en cessation de paiement. Elle met donc ses comptes à plat et les présente au tribunal de commerce.

Bien entendu le mot bilan est très souvent employé au figuré, à tel point que certaines expressions sont des clichés : on s’en est parfois moqué, en riant de bon cœur ou en riant jaune. Par exemple, à propos des pays de l’est européen, on a parlé à une époque de bilan globalement positif ; on sent bien la gêne ! C’était une formule qu’on trouvait surtout en Europe de l’Ouest, de la part de communistes, qui reconnaissaient plus ou moins les excès du système, qui refusaient de tout défendre en bloc, comme ça avait été longtemps le cas, mais qui tentaient d’apprécier un rapport général de ce qui était bon et de ce qui était mauvais : « Du côté des libertés individuelles, on n’a pas lieu de se réjouir, mais le niveau d’instruction générale est infiniment supérieur à ce qu’il était, et tout le monde a à manger… »

Maintenant le mot est souvent entendu avec une nuance particulière : que reste-t-il de tout cela ? Il ne s’agit pas seulement de faire un inventaire, ni de voir ce qui pèse plus lourd et ce qui l’emporte : il convient plutôt de voir ce qui est réellement important. Si l’on fait le bilan d’une vie, c’est pour faire la part de l’inutile et de ce qui a laissé des traces, ce qui a marqué, ce qui réellement valait le coup.

Toutefois, le mot est souvent employé quand il s’agit de faire le point sur une situation, sans nécessairement qu’on soit arrivé à un terme : on fait un bilan de santé quand on s’occupe de ce qui habituellement on ignore : mon cœur fonctionne-t-il bien ? Mon taux de cholestérol est-il normal ? Ai-je assez de globules rouges ? De globules blancs ? Ou alors on fait un bilan de compétences : que sais-je faire ? A quoi est-ce que je peux prétendre. Et pourtant, on fait un bilan de santé ou un bilan de compétences à une certaine époque de sa vie : on pense qu’on passe d’une étape à une autre.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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