Marina Rollman, l'humour comme porte de sortie

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"Je viens de Genève. C'est une ville paradoxale, à la fois petite et cosmopolite, bourgeoise et dotée d’une vraie une culture de gauche. Ma famille était vaste, éclatée et ouverte d'esprit. Je n’ai jamais dû me battre pour tracer ma propre voie comme si j'avais été issue d'une famille de notaires depuis douze générations.

Après ma maturité fédérale – c’est le nom de notre Bac - je suis partie un an aux États-Unis ; beaucoup de jeunes Suisses prennent cette année sabbatique – soi-disant pour savoir ce qu’ils vont faire par la suite. Mais ce n’est pas en voyageant que tu vas te dire "Ah, finalement, ce que je veux c’est faire du droit !" En revenant, j’ai commencé une école d'architecture, vite arrêtée. Ensuite j'ai enchainé sur des lettres classiques. Même chose. Tout ça m'a amenée à faire plein de boulots un peu bizarres, dans la production, la communication.

Puis je me suis inscrite à un concours d'humour. C’était la toute première fois que je montais sur scène… je me suis pris un bide sidéral.

Ma prestation a malheureusement été filmée et est restée très longtemps sur Google, on m’en parlait en permanence. Ça m'a refroidie pendant 5 ans : un gros tournant.

Je n’avais toujours pas envie d'un boulot pour payer les factures et me réjouir de partir en week-end. J’étais déprimée, je pensais que j'étais condamnée à trouver le monde et tous les projets chiants et tristes.

Un jour, un ami m’a asséné : "Les dépressifs chroniques qui ne se soignent pas deviennent des commentateurs du monde". Alors j’ai contacté un psy et ça a changé ma vie. Sortir de dépression c'est extraordinaire. Quand ce nuage s'enlève, tu reprends goût à des choses toutes simples comme aller dîner chez des gens que tu ne connais pas, te lever un dimanche matin tôt sans projet... J’ai compris que je pouvais m'exprimer par la créativité. L'aventure créative permet de mettre un pied devant l'autre, c’est plein de petits échecs accumulés qui font sens.

Un concours de circonstance m’a remis le pied à l’étrier. A ce moment-là, en Suisse Romande, on comprenait qu'il fallait renouveler l'humour dans les médias. Je suis remontée sur scène et c’était tellement dingue que je n’en ai pas dormi de la nuit. Puis tout s’est enchainé. J’ai gagné un concours d'humour qui donnait la possibilité de faire un essai dans une émission de radio publique. Ils m'ont engagée dans la foulée. Entre temps une copine productrice lançait un projet de Web-série et j'ai été prise dessus en tant que scénariste. Et surtout, j’ai rencontré Thomas Wisel, le plus grand humoriste suisse, avec qui je suis devenue amie. Il m’a mise en relation avec son manager, qui m’a trouvé des dates et tout est allé extrêmement vite.

En ce moment, je délivre une chronique chaque lundi dans La Bande Originale sur France Inter et je joue mon spectacle tous les mardis et mercredis au Théâtre de l’œuvre. Pour la suite, on verra. Je me sens bien dans le stand-up parce que c’est très codé. Plus tard, j'aimerais écrire tous les formats du monde : un roman, des films, des séries, une comédie musicale… La gratification la plus évidente pour moi, davantage que la reconnaissance de mes pairs, c’est quand quelqu’un que tu admires te fait un compliment. A la radio, j’ai fait rire Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Ça va me rester longtemps."


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