Les dessous de l'infox, la chronique - États-Unis: le parti républicain soumis au régime du trumpisme

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Le parti républicain semble durablement affecté par la campagne de désinformation lancée en amont de la présidentielle américaine de 2020. C’est ce qui vient de coûter son poste à Liz Cheney, l’une des rares parlementaires chez les conservateurs à défendre la légitimité du processus électoral ayant porté Joe Biden à la présidence des États-Unis. Bien qu’interdit sur Twitter et Facebook, l’ex-président Donald Trump continue de tirer les ficelles en coulisse. La théorie du « grand mensonge », « the big lie », c’est l’infox qui a permis la mobilisation des partisans de Donald Trump à l’assaut du Capitole le 6 janvier dernier, et c’est pour l’avoir dénoncée que la républicaine Liz Cheney vient d’être limogée de son poste de numéro trois au sein de la direction du parti républicain à la Chambre des représentants. Selon Donald Trump, l’élection même de Joe Biden reste un « grand mensonge ». L’ancien président n’a jamais accepté sa défaite, et continue de parler de « fraude massive » au mépris des faits, et en dépit de l’échec de toutes les tentatives de contestation des résultats devant les cours américaines. L’argument fallacieux de la fraude dans le Michigan D’un point de vue factuel, cet argument de « l’élection volée par les démocrates », ne repose sur rien. Pourtant, Donald Trump, qui s’exprime désormais sur un blog, continue de se présenter en victime du « grand mensonge ». En début de semaine, sur son blog « En direct du bureau de Donald Trump », il est intervenu à propos du recompte des voix dans un district de l’État du Michigan. Il évoque une procédure censée faire « l’effet d’une bombe ». Car il y a bien eu dans ce district d'Antrim un recompte manuel de 15 000 votes, prouvant une erreur de 11 bulletins accordés à tort à Joe Biden. Cependant, l’audit a eu lieu il y a cinq mois déjà, et l’on savait dès décembre que Trump avait remporté ce district, ce qui n’empêchait pas pour autant sa défaite à l’échelle de l’État du Michigan tout entier, comme le relate de nombreux journaux américains, à l'image du Business Insider. Que Donald Trump évoque une information explosive aujourd’hui est une tromperie. Qu’il ait besoin d’exhumer cette affaire pour appuyer la thèse d’une « fraude MASSIVE » - en majuscules - comme il l'écrit sur son blog, montre la pauvreté factuelle de son argumentaire. La censure de Twitter contournée En fait, si Trump-père est privé d’accès aux grandes plateformes, son fils Donald Trump Junior se fait l’écho de son père sur Twitter et d’autres réseaux comme Rumble. Donald Trump Junior a 6,8 millions abonnés sur Twitter. Ce jeudi, il se félicitait du limogeage de Liz Cheney en reprenant les propos de son père et en expliquant que le « trumpisme » continuerait de dicter l’agenda du parti républicain. « C’est bien simple, explique le fils Trump, lorsque la presse accorde de l’attention à un républicain – en l’occurrence Liz Cheney – c’est que cette personne n’est pas bonne pour les vrais républicains. » Sur les réseaux sociaux, les Trump père et fils martèlent leur réalité, construite sur des « faits alternatifs », expression employée par Kellyanne Conway porte-parole du président Trump au début de son mandat. C’est une stratégie mise en place dès 2016 et défendue sans relâche par les partisans de Trump, loin de lâcher l’affaire.

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