Les dessous de l'infox, la chronique - Covid-19, les antimasques font dans l’infox

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Face au constat d’un regain de contamination au Covid-19, l’obligation de porter un masque pour se protéger tend à se généraliser. Mais dans un certain nombre de pays, dont la France, les antimasques donnent de la voix. Parmi les arguments des plus réfractaires, circulent nombre d’infox. La plus dangereuse des infox répandues par les antimasques vise à faire passer ce moyen de protection pour une mesure nocive pour la santé. On voit circuler sur les réseaux sociaux des mises en garde contre le port du masque qui serait responsable d’une diminution de l’apport en oxygène, de l’inhalation de toxines, d’empoisonnement au gaz carbonique, tandis que son efficacité contre le virus resterait à prouver. Autant d’informations erronées, car le masque n’est pas hermétique au point d’empêcher le passage de l’oxygène. Il est tout aussi faux d’évoquer l’absorption de toxines dans la mesure où l’on n’exhale pas de toxine en respirant, on dégage effectivement du gaz carbonique, mais celui-ci peut s’échapper du masque sans problème parce que le masque ne colle pas à la peau. Pour s’empoisonner au gaz carbonique, il faut en inspirer d’importantes concentrations. Jamais aucun symptôme de cette nature n’a été observé parmi les personnels soignants habitués à le porter. Ces arguments sont démontés point par point dans le fact checking de l’AFP factuel avec l’aide de Jean-Luc Gala, chef de clinique à la clinique universitaire Saint-Luc à Bruxelles et spécialiste des maladies infectieuses, ainsi que le médecin épidémiologiste Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Quant à l'efficacité du masque contre le coronavirus, si l’on s’en tient au descriptif de laSFMC, Société française de médecine de catastrophe, il est démontré que les masques chirurgicaux ont une capacité de filtration des micro-organismes de 90%, voire 99% pour les masques FFP2. L’efficacité est moindre pour les masques en tissus, mais elle n’est pas négligeable, aux alentours de 50 à 70% en fonction du mode de fabrication très variable de ce type de masque. Une défiance relativement minoritaire Le courant d’infox antimasques qui se déversent sur internet n’est pas représentatif de la majorité de la population, même s’il parvient à mobiliser du monde dans la rue pour des manifestations ponctuelles. Si la contrainte est diversement appréciée, on constate que l’obligation du port du masque est désormais plutôt bien respectée dans les rues des grandes villes de France. En revanche, ce qui échappe à la compréhension de la majorité des gens, c’est la raison pour laquelle les autorités ont commencé par le juger inutile pour le grand public. Au début de la crise sanitaire, alors que d’autres pays – notamment en Asie – ont immédiatement préconisé le port du masque, la communication des autorités françaises est restée ambiguë. Le président Macron s’en est expliqué depuis : « Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture. » Et d’ajouter : « Il y a eu des manques, des tensions, c’est ce qu’il faudra corriger. » La publication de la recommandation « Porter un masque pour mieux nous protéger » date du 5 mai dernier. Mais c’est dans le courant de l’été que l’obligation de le porter en extérieur a commencé à se répandre, par arrêté préfectoral. Du côté de l’Organisation mondiale de la santé, la même hésitation a prévalu sur le port du masque au début de la crise. Il a fallu de nombreuses études sur le mode de transmission du virus, avant que l’OMS ne recommande le masque pour le grand public et pas seulement le personnel soignant. À partir du moment où les scientifiques ont établi un risque avéré de contamination par aérosols – ce que l’OMS a confirmé le 13 juillet dernier –, le recours au masque pour freiner la contamination est devenu incontestable, même s’il n’est qu’un moyen parmi d’autres : le lavage des mains et la distanciation sociale restant également préconisés en l’absence de remède efficace et de vaccin contre le virus. Infox aux relents conspirationnistes Depuis la rentrée, le débat fait rage concernant cette mesure. Certaines incohérences sont pointées du doigt, comme par exemple le fait d’en dispenser les cyclistes, mais pas les motards, ou encore les disparités intra-européennes dans l’application des mesures barrières, entre ceux qui imposent le masque dès l’entrée à l’école, et ceux qui en dispensent les enfants jusqu’à l’âge de 11 ans, comme c’est le cas en France. Les réseaux sociaux foisonnent d’images incongrues, interrogations, délation et autres amendes aberrantes. Plusieurs groupes antimasques se sont enregistrés sur Facebook, dont certains relayent également les théories conspirationnistes réfutant l’existence même du virus. Le masque y est présenté comme un bâillon, un instrument de soumission. Ce qui justifie à leurs yeux les appels à la désobéissance civile. Les plus extrêmes invoquent des théories venant des États-Unis, où le masque est présenté comme unrituel pédo-satanistes des démocrates, une machination pour chasser Donald Trump du pouvoir. Ces théories sont reprises par ceux qui s’insurgeaient déjà contre le confinement. Elles sont notamment très présentes dans certains groupes « gilets jaunes », propagées par des internautes qui appellent à un « réveil » des populations contre l’ordre établi.

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