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Inde: la désinformation s'immisce dans les élections législatives

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En Inde, 970 millions d'électeurs sont appelés, jusqu’au 1er juin, à élire les 543 députés de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement. Le Premier ministre, Narendra Modi, est candidat à sa réélection et son parti, le BJP, est favori face au Congrès, le premier parti d’opposition. Cette semaine, les autorités électorales ont mis en garde les partis politiques contre la fabrication de fausses vidéos et l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle qui perturbe le scrutin.

Depuis l’ouverture du scrutin le 19 avril 2024, l’apparition de vidéos manipulées, avec ou sans l’aide de l’intelligence artificielle, se multiplie sur les réseaux sociaux en Inde.

Un des cas marquants, qui a fait du bruit dans le pays, a ciblé l’actuel ministre de l’Intérieur et figure du BJP, Amit Shah. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on croit l’entendre promettre la fin des politiques de discrimination positive en faveur des Indiens pauvres et de basse caste. Sauf qu’il n’a jamais tenu ces propos qui lui sont attribués. Dans son véritable discours, sa promesse concernait la fin de ces mesures en faveur des musulmans de l'État de Telangana, dans le sud du pays. Conséquence, la police indienne a annoncé avoir arrêté plusieurs membres de l’équipe en charge des réseaux sociaux du parti d’opposition, soupçonnés d'être à l’origine de ce montage trompeur. Des arrestations jugées abusives par le parti du Congrès.

Désinformation tous azimuts

L’opposition est, elle aussi, ciblée par des vidéos manipulées, à commencer par son leader, le député Rahul Gandhi. Dans un clip partagé sur X et Facebook, on croit l'entendre annoncer, en hindi, sa démission du parti du Congrès devant plusieurs journalistes. En réalité, l’audio a été manipulé. Dans la vidéo originale, Rahul Gandhi s’exprime en anglais. Il n’annonce pas sa démission mais prête serment au moment du dépôt de sa candidature pour les élections législatives.

Les responsables politiques sont loin d’être les seuls victimes. La désinformation touche aussi des célébrités indiennes. Ces dernières semaines, plusieurs vedettes du Bollywood ont vu leur image détournée avec des deep voices ou hypertrucages sonores : des vidéos modifiées avec un audio généré par l’intelligence artificielle. C’est notamment le cas des acteurs Ranveer Singh et Aamir Khan. Dans plusieurs clips vidéos, on peut les entendre critiquer Narendra Modi, l’accusant de ne pas tenir ses promesses et appelant à voter pour l’opposition. Des propos générés par l’intelligence artificielle que les deux stars ont formellement démentis.

À lire aussiBollywood et Modi, les liaisons dangereuses

À lire aussiInde: tout savoir sur les élections législatives dans la plus grande démocratie du monde

Brouiller la frontière entre le vrai et le faux

Ces fausses informations sont relativement populaires sur les réseaux sociaux puisque la plupart d’entre elles cumulent plusieurs centaines de milliers, voire des millions de vues. Si les responsables politiques sont tenus de retirer tout contenu frauduleux dans les trois heures suivant une notification de la commission électorale, les infox publiées par d’autres comptes restent, quant à elles, toujours accessibles en ligne.

Si on ne peut pas connaître les conséquences directes de cette désinformation sur le vote des électeurs, le principal effet secondaire de cette épidémie de vidéos manipulées est la mise en doute permanente des contenus authentiques. Sous certaines vraies déclarations, des internautes crient à la manipulation, parlant à tort et à travers de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Une remise en question systématique qui participe encore davantage à brouiller la frontière entre le vrai et le faux.

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Depuis l’ouverture du scrutin le 19 avril 2024, l’apparition de vidéos manipulées, avec ou sans l’aide de l’intelligence artificielle, se multiplie sur les réseaux sociaux en Inde.

Un des cas marquants, qui a fait du bruit dans le pays, a ciblé l’actuel ministre de l’Intérieur et figure du BJP, Amit Shah. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on croit l’entendre promettre la fin des politiques de discrimination positive en faveur des Indiens pauvres et de basse caste. Sauf qu’il n’a jamais tenu ces propos qui lui sont attribués. Dans son véritable discours, sa promesse concernait la fin de ces mesures en faveur des musulmans de l'État de Telangana, dans le sud du pays. Conséquence, la police indienne a annoncé avoir arrêté plusieurs membres de l’équipe en charge des réseaux sociaux du parti d’opposition, soupçonnés d'être à l’origine de ce montage trompeur. Des arrestations jugées abusives par le parti du Congrès.

Désinformation tous azimuts

L’opposition est, elle aussi, ciblée par des vidéos manipulées, à commencer par son leader, le député Rahul Gandhi. Dans un clip partagé sur X et Facebook, on croit l'entendre annoncer, en hindi, sa démission du parti du Congrès devant plusieurs journalistes. En réalité, l’audio a été manipulé. Dans la vidéo originale, Rahul Gandhi s’exprime en anglais. Il n’annonce pas sa démission mais prête serment au moment du dépôt de sa candidature pour les élections législatives.

Les responsables politiques sont loin d’être les seuls victimes. La désinformation touche aussi des célébrités indiennes. Ces dernières semaines, plusieurs vedettes du Bollywood ont vu leur image détournée avec des deep voices ou hypertrucages sonores : des vidéos modifiées avec un audio généré par l’intelligence artificielle. C’est notamment le cas des acteurs Ranveer Singh et Aamir Khan. Dans plusieurs clips vidéos, on peut les entendre critiquer Narendra Modi, l’accusant de ne pas tenir ses promesses et appelant à voter pour l’opposition. Des propos générés par l’intelligence artificielle que les deux stars ont formellement démentis.

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Si on ne peut pas connaître les conséquences directes de cette désinformation sur le vote des électeurs, le principal effet secondaire de cette épidémie de vidéos manipulées est la mise en doute permanente des contenus authentiques. Sous certaines vraies déclarations, des internautes crient à la manipulation, parlant à tort et à travers de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Une remise en question systématique qui participe encore davantage à brouiller la frontière entre le vrai et le faux.

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