L'Épopée des musiques noires - Charlie Parker, l’oiseau rare

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Au mois d’août, « L’épopée des Musiques Noires » déroule le tapis rouge aux grandes figures du jazz d’hier et d’aujourd’hui. Notre série, « Les Étoiles du Jazz », richement illustrée de témoignages inédits, dessinera le portrait de quelques icônes dont l’engagement artistique a accompagné les mutations sociales au XXe siècle. On le surnommait « Bird »… Charlie Parker vit le jour à Kansas City, le 29 août 2020, il y a exactement 100 ans. Formidable saxophoniste, il fut l’un des artisans majeurs d’un courant musical, le Be Bop, au cœur des années 40, initié par une génération de jeunes effrontés bien décidés à bousculer le swing des aînés. Miles Davis, Thelonious Monk, Dizzy Gillespie et Charlie Parker furent donc les agitateurs d’une époque troublée durant laquelle les premières frondes contre l’oppression sociale tentaient de fédérer une communauté noire divisée. Le 24 décembre 1949 à New York, le quintette du saxophoniste Charlie Parker se produit à Carnegie Hall. La prestation de ces cinq musiciens émérites est relayée sur les ondes de la radio « Voice of America ». La virtuosité du soliste est indéniable et confirme qu’une révolution musicale a eu lieu. Jusqu’alors le jazz était une musique dansante qui caressait les oreilles des amateurs de swing. L’irruption d’une nouvelle génération d’instrumentistes fougueux va bousculer le paysage musical afro-américain de l’époque et faire entrer ces nouveaux venus dans « l’épopée des Musiques Noires ». La haute technicité des musiciens est époustouflante et inédite dans l’univers des musiques populaires américaines des années 40. Le be-bop vient de naître et Charlie Parker en est l’un des plus vibrants représentants. Mais avant de parvenir à cette perfection, il y eut des mois et des mois de pratique intensive.Quand le petit Charlie Parker voit le jour le 29 août 1920, l’Amérique des années folles approuve et encense un swing inoffensif sur lequel se déhanche le samedi soir, dans les bals huppés, la bourgeoisie blanche au cœur des grandes villes du nord des États-Unis. Il faudra l’audace et le courage de jeunes musiciens noirs pour que la bande-son de l’époque devienne plus rugueuse et authentique, le reflet véritable de la société américaine inégalitaire d’alors. À Kansas City, où Charlie Parker grandit, les big bands de passage rythment les règlements de compte entre trafiquants de drogue et d’alcool. La plus grande ville du Missouri est alors peu fréquentable et c’est dans ce milieu interlope que Charlie Parker doit apprendre à se frayer un chemin. En 1940, Charlie Parker a 20 ans et fait partie de l’orchestre du pianiste Jay McShann. Déjà, son impétuosité est perceptible. Personnage excessif, génie absolu, improvisateur hors-pair, on a tout dit de Charlie Parker mais certains de ses contemporains tempéraient ces qualificatifs élogieux, ayant connu les hésitations, doutes et incertitudes du musicien balbutiant des débuts. Si son apprentissage fut laborieux, nul ne peut contester la place qu’occupe Charlie Parker aujourd’hui dans le Panthéon du jazz. Disparu le 12 mars 1955 à seulement 34 ans, il fut une comète étincelante qui a accéléré l’histoire des musiques afro-américaines en l’espace de 15 ans. 100 ans après sa naissance, le nom de Charlie Parker continue de susciter l’admiration de ses disciples ou héritiers. La ferveur qui accompagnait les prestations de Charlie Parker, notamment lorsqu’il se produisait avec son ami Dizzy Gillespie, était exceptionnelle. Ces deux immenses instrumentistes étaient des frères et leur union artistique reste, en 2020, un modèle de virtuosité complice pour nombre de jeunes musiciens en herbe. Un siècle a passé depuis la naissance de « Bird ». L’oiseau rare continue de survoler notre paysage musical et de subjuguer ses indéfectibles admirateurs. http://charlieparkermusic.com

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