Fela Anikulapo Kuti… 25 ans après !

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Au mois d’août, nous vous proposons une série estivale consacrée aux grandes figures de "L’épopée des Musiques Noires" disparues il y a 25 ans ! Fela Anikulapo Kuti, personnage emblématique de "L’épopée des Musiques Noires", nous quittait le 2 août 1997. Le "Black President" avait bousculé le paysage musical, politique et social de son pays, le Nigeria, en dénonçant à travers ses œuvres les dictatures, les corruptions et les dérives de pouvoirs oppressifs. Au-delà de l’aspect purement artistique, Fela représentait pour les communautés noires du monde entier, le résistant, le combattant, capable d’affronter les obstacles et de faire évoluer la société. Sa musicalité et son répertoire engagé ont animé l’esprit contestataire de millions d’Africains. Son message est toujours d’actualité et, même si son absence est pesante, son élan revendicatif continue de guider les pas de ses partisans et de ses héritiers. Deux de ses fils contribuent à la préservation du patrimoine. Femi Kuti a conservé en lui le militantisme de son père et Seun Kuti ressuscite l’humeur sonore de Fela en dirigeant le groupe Egypt 80. À leur manière, ils maintiennent en vie la force expressive d’une icône dont l’héritage culturel doit impérativement résister à l’érosion du temps. Si l’on devait définir les contours de l’espace sonore dans lequel évoluait Fela, on parlerait de Jazz, de Highlife, de Soul, de Juju, de Funk, mais il est toujours hasardeux de réduire l’intention d’un créateur à quelques appellations imparfaites. L’afrobeat est d’abord l’émanation viscérale d’un ressenti, d’un vécu, d’une destinée qui continue d’inspirer nombre d’instrumentistes car, au-delà de la dimension purement rythmique et mélodique, la pensée de Fela Kuti reste très vivace. En 2017, le légendaire vibraphoniste Roy Ayers était à l’affiche du Marseille Jazz des Cinq Continents. Il avait accepté de monter sur scène aux côtés de Seun Kuti pour saluer son vieux camarade Fela dont il gardait un souvenir ému : "Le message que transmettait Fela était unique. Je suis tellement triste qu'il nous ait quittés. C'était tellement enthousiasmant de côtoyer Fela Kuti. Son propos était tellement fort qu'il m'a ouvert les yeux et m'a incité à m'investir davantage dans la musique. Il y avait de surcroît d'excellents musiciens dans son orchestre. Nous devrions nous souvenir qu'il était un homme de paix, un frère pour nombre d'entre nous. Et, à une époque où la confusion règne encore, où la corruption pollue les relations humaines, il est de bon ton de réécouter le discours de Fela car nous courons à notre perte. Il me manque aujourd’hui…" (Roy Ayers au micro de Joe Farmer – Juillet 2017). À l’issue de ce concert marseillais, Tony Allen, batteur historique de Fela Kuti, se joignit à la joyeuse troupe et donna à cette prestation la légitimité d’un hommage révérencieux. Les années ont passé. Tony Allen nous a quittés mais la flamme ne vacille pas. Depuis quelques mois, c’est le petit-fils de Fela, Made Kuti, qui semble vouloir perpétuer l’image et la tradition nigériane. Sous l’œil bienveillant de son père, Femi Kuti, il développe une rugosité afrobeat que le "Black Président" aurait certainement appréciée. Son album Foreward est une incitation à regarder l’avenir avec détermination et volontarisme. Nul doute que la transmission générationnelle porte déjà ses fruits. Nous en sommes les témoins, 25 ans après le départ de Fela Ramsone Kuti. ⇒ Le site de Fela Kuti.

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