La Toussaint, fête des vivants…

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La Toussaint, fête des vivants… En ces temps si difficiles, marquées de craintes et d’incertitudes, pour nous, nos proches, notre pays ce monde, aujourd’hui 1er novembre nous célébrons les vivants. Plus qu’un défi, une convocation. La Toussaint nous invite à̀ croire que la sainteté - la vôtre comme la mienne - consiste à̀ devenir des "vivants mortels". Elle nous convie, au cœur de nos fragilités, à intensifier cette vie en nous, à devenir des grands vivants: c’est cela le chemin des béatitudes. Elles sont la première parole publique de Jésus Et ce qui commence renvoie toujours à d’autres commencements, comme à ce serpent de Genèse 3, persiflant que l’homme et la femme peuvent tout avoir et tout savoir, de suite, sans Dieu, sans médiation. Les béatitudes sont un démenti au serpent, car notre existence nous échappe, portant son poids de deuil, de larmes, de pauvreté, d’injustices. « Heureux ». Formule en apparence si paradoxale, scandaleuse même, car je ne sais consoler ceux qui pleurent et me heurte tant de fois au mur du malheur et du non-sens. « Heureux » pourtant, affirme Jésus. Non comme un constat, mais comme une promesse, un engagement. Il n’est pas question de faire du malheur un bonheur, du mal un bien. Trop d’hommes prétendent à cette imposture faisant bien des victimes aux vies fracassées. « Heureux » est une direction. Celle qui raconte que je peux tout prendre de la vie, ses pages radieuses, pleines de sens, comme celles douloureuses, perdues. Je peux prendre mes deuils et mes larmes, mes combats et mes échecs. Le Christ, homme des béatitudes, qui ne cherche pas à se sauver lui-même, nous invite à prendre sa suite. Il n’est pas nécessaire de masquer quoi que ce soit de soi. « Heureux », alors ceux qui confessent que le Dieu de la vie et de la liberté invite chacun avec tout ce qu’il porte, sans faire de tri. Malgré la mort qui rode, entendre « heureux », en marche les persécutés pour la justice, les endeuillés, ceux qui pleurent. En marche, même en boitant, pour vivre du don gratuit, large du Dieu fait homme, de l’Esprit qui vient construire le Royaume. Écoutons la grande Madeleine Delbrel, «Il y a des gens que Dieu prend et met à̀ part. Il y en a d'autres qu'il laisse dans la masse, qu'il ne "retire pas du monde". Ce sont les gens de la vie ordinaire. Les gens que l'on rencontre dans n'importe quelle rue. Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté́. » Véronique Margron op.

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