Fractures partisanes / Biélorussie : Tintin dans les geôles / n°195 / 30 mai 2021

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Par LeNouvelEspritPublic and Philippe Meyer, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.

FRACTURES PARTISANES

A la veille des élections régionales, tandis que Les Républicains et le Parti Socialiste sont fragilisés de l'intérieur et sans véritable leader, La République en Marche peine à s'affirmer sur le terrain local. Seul, le Modem son allié à l'Assemblée nationale, est à la tête d'une liste commune en Centre-Val de Loire.Quinze membres du gouvernement se sont portés candidats, notamment dans les Hauts-de-France avec des poids lourds comme le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti.

Prise en tenaille par La République en Marche et le Rassemblement National, la droite n'en finit pas de se déchirer sur les alliances locales de ses candidats. En Provence-Alpes-Côte-D’azur, les Républicain et les Marcheursont dansé le tango : fusion, irritation, convocation, séparation, conciliation, combinaison, recomposition, confusion… Georges Clémenceau disait de la danse argentine « on ne voit que des visages qui s’ennuient et des derrières qui s’amusent »

Selon les estimations de l'Ifop, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur la liste du Rassemblement national conduite par Thierry Mariani, ex-Les Républicains,recueillerait 31 % des voix, contre 27 % pour Renaud Muselier. Dans le Grand-Est, le président sortant Les Républicains, Jean Rottner ne souhaite pas prendre sur sa liste l'eurodéputée Nadine Morano, jugée trop « droitière ». En réponse, celle-ci a annoncé qu'elle refusait de voter pour Jean Rottner et a estimé dans Le Parisien que la liste du Rassemblement national « n'incarne pas le fascisme et n'est pas d'extrême droite ».

La gauche aborde également les régionales en ordre dispersé. En dépit des appels au rassemblement, l'union n'aura pas lieu. En tout cas pas au premier tour, à l'exception des Hauts-de-France où la liste menée par l'écologiste Karima Delli est la seule à réunir le Parti socialiste, le Parti communiste, Europe écologie-Les Verts et la France insoumise. Lutte Ouvrière présente sa propre liste dans chaque région métropolitaine. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, si Europe-Écologie Les verts, le Parti Socialiste et le Parti Communiste ont fait liste commune, ils n’ont pas obtenu le soutien de La France Insoumise. Partout ailleurs, les socialistes, les communistes, les Verts et les Insoumis ont présenté systématiquement deux voire trois listes différentes, avec le soutien à géométrie variable d'autres petites formations de gauche. Ce déchirement est particulièrement marqué dans les régions où la gauche est sortante et favorite, comme en Bretagne, où pas moins de cinq listes de gauche ou écologistes s'affrontent. Elles sont quatre en Centre-Val-de-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.

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BIÉLORUSSIE : TINTIN DANS LES GEOLES.

Le 23 mai un avion d’une compagnie irlandaise reliant deux pays de l'espace Schengen, la Grèce et la Lituanie, a été contraint par un chasseur de l’armée biélorusse d’atterrir à Minsk. Ce détournement a permis l'arrestation d'un opposant du régime, Roman Protassevitch et de sa compagne, a été qualifié de « piraterie » et de « terrorisme d'État » par certains pays. Peu après le journaliste a été contraint d'enregistrer des aveux filmés.

Dès le lendemain, tout en réclamant la « libération immédiate » du journaliste et de sa compagne les dirigeants européens annonçaient à l’unanimité- requise en matière de politique étrangère - la fermeture de l'espace aérien et des aéroports européens aux avions biélorusses, ainsi que la préparation d'un nouveau volet de sanctions contre le régime. En août 2020, le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu avec officiellement 80% des suffrages. L'Union européenne n'a pas reconnu la validité du scrutinqu’elle a jugé « ni libre ni équitable ». Ses condamnations de la répression brutale et incessante des opposants sont restées sans effets. La liste des personnalités et entités sanctionnées individuellement va donc s'allonger dans les jours qui viennent. Elle compte déjà 88 noms (et 7 entités), dont le président Alexandre Loukachenko et son fils, Viktor (conseiller à la sécurité nationale). Ils sont interdits de séjour dans l'Union, leurs avoirs sont gelés et tout financement européen vers la Biélorussie est prohibé. La pression européenne pour accentuer l'isolement de la Biélorussie et appuyer l'opposition s’est renforcée. De Bruxelles, Emmanuel Macron a apporté son soutien à la demande de Svetlana Tikhanovskaïa, figure de proue de l'opposition biélorusse en exil en Lituanie, qui réclame « la participation des forces démocratiques biélorusses au G7 » prévu du 11 au 13 juin au Royaume-Uni.

Le Kremlin a publiquement « regretté » la décision de l'UE de contourner l'espace aérien biélorusse et le président Vladimir Poutine a reçu le 28 mai Alexandre Loukachenko, pour la troisième fois cette année. Les deux pays sont étroitement liés par l’Histoire, la géographie et l’économie. Ils sont membres del'Union économique eurasiatique et de l'Organisation du Traité de sécurité collective.

Lors d'une conférence de presse suivant le Conseil européen, le 25 mai, le Président français, jugeant que la politique de sanctions semblait arrivée à « ses limites », il invitait l'Union européenne à ne plus être simplement « réactive ».

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