Faut-il continuer de parler à Vladimir Poutine?

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Retour sur le positionnement de la France depuis le début et même avant le début du conflit entre l’Ukraine et la Russie, en particulier vis-à-vis de Vladimir Poutine, avec qui le président Macron s’est longuement entretenu, et à plusieurs reprises. Le président français a-t-il raison de poursuivre le dialogue avec son homologue russe ? La réponse n’est pas évidente. Depuis que les tensions se sont accrues entre Moscou et l’Occident, avant même donc l’invasion russe de l’Ukraine, Emmanuel Macron a voulu maintenir un lien avec le dirigeant russe. Il s’agit pour lui de tout faire pour ramener Poutine dans le cercle de la raison, lui parler pour lui faire entendre une autre voix que la sienne et celle de conseillers apeurés qui n’osent pas le contredire. Bref, le mettre face à la réalité du monde extérieur. Force est de constater, presque trois mois après le début de l’agression russe, que la méthode Macron n’a pas ébranlé le moins du monde le maître du Kremlin dans sa volonté d’atteindre ses objectifs en Ukraine. Et donc surgit la question : cette méthode est-elle utile ? À la longue, et faute de résultats tangibles, n’a-t-elle pas plus de défauts que d’avantages ? Car les critiques à l’encontre de la stratégie française commencent à se faire sérieusement entendre. En France, en Ukraine et en Europe de l’Est. En France, les opposants du président dénoncent une politique qui, au final, place le pays en situation délicate, voire humiliante. Paris ne peut pas servir de faire-valoir à un dictateur dont les troupes commettent des crimes de guerre. En maintenant le contact, la France permet à Poutine de montrer qu’il n’est pas un état paria, isolé sur la scène internationale. En Ukraine, le président Zelensky commence lui aussi à juger l’approche macronienne à la fois inefficace et dangereuse. Enfin, à l’est de l’Europe, on critique la France, mais aussi l’Allemagne. Deux pays qui, pour des raisons différentes, auraient une vision naïve ou lâche de la manière dont il faut négocier avec un dirigeant comme Vladimir Poutine. Pour ces pays qui ont connu le joug soviétique, Poutine ne comprend que la force. Et puisqu’il a décidé de déclencher les hostilités, et aussi pour éviter que ce qui arrive à l’Ukraine arrive ensuite à d’autres en Europe, il faut lui faire la guerre aussi par Ukrainiens interposés en livrant à Kiev les moyens militaires non seulement pour se défendre, mais même pour défaire l’Armée rouge. En clair, il n’est plus temps de dialoguer avec un dirigeant comme Poutine. À Paris, on commence à entendre ces critiques – le ton se fait plus dur ces jours-ci –, et on annonce de nouvelles livraisons d’armes à Kiev. Mais on veut aussi rappeler qu’il faudra bien un jour sortir de ce conflit, négocier une solution politique avec Moscou, et que la Russie géographiquement va rester toute proche de l’Europe. Il faut donc voir à plus long terme. « Peut-être », répondent les plus sceptiques face à cette vision. Mais, avant de négocier, il faut d’abord battre le président russe. Dans les deux cas, ça s’appelle une gageure.

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