#7 Le roman pour penser l’ambiguïté : rencontre avec Guillaume SIRE - écrivain et enseignant à l’université Toulouse Capitole

22:55
 
Partager
 

Manage episode 303818900 series 2914057
Par François-Xavier ROBERT, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.

Guillaume SIRE est maître de conférences à l’université de Toulouse. Il s’intéresse à la gouvernance d’Internet, aux moteurs de recherche, à Google.

Guillaume SIRE est écrivain. Il s’intéresse à tout et change à chaque fois de sujet dans ses romans. Il nous recommande la lecture d’Homère, Shakespeare, Antonio Gamoneda, Anton Beraber, Marien Defalvard, Paul Gadenne.

Lors du festival Livres en Vignes, au château du Clos de Vougeot en Bourgogne, il m’a confié qu’il se considérait beaucoup plus comme un artiste que comme un penseur ou un universitaire. Écoutons-le.

EXTRAITS

“Le roman est du point de vue de la pensée le lieu de l'ambiguïté. Contrairement à la sociologie qui cherche à expliquer ou à l’histoire qui cherche à collecter, le roman cherche à soulever des questions sans réponse, à montrer comment l’être humain fuit devant toute explication.”

“Un bon roman, on n’a jamais fini de le lire.”

“Mon objectif était de toucher à quelque chose, qui dépasse cette seule guerre-là [la guerre civile au Cambodge], et qui nous montre, et qui nous parle de nous tous.”

“C’est important de tout comprendre et apprendre, et puis de tout déprendre et oublier, pour qu’à la fin, le roman soit un geste très personnel.”

“Je crois que, quelque part, ce que l’on raconte tous, toujours, c’est la même histoire, et que, peut-être, Homère est le premier à l'avoir racontée.”

“Une fois que je m’abandonne au roman, que je suis près à cueillir le fruit quoiqu’il en coûte (comme disait l’autre), tout d’un coup, parce que j’habite à l’intérieur de ce roman - ce qui peut coûter cher par ailleurs - je peux écrire tout le temps !”

“Le livre est un travail collectif. Ce qui fait qu’un texte devient un livre, c’est cette dialectique, c’est ce collectif.”

“Éviter à tout prix, et quoiqu’il arrive et à chaque ligne, la morale ! Dire que c’est bien ou mal, que c’est ce qu’il faut faire ou ne pas faire...le roman est le lieu-même de l'ambiguïté morale, de l’absence même de jugement définitif.”

CITATION

“Pierre passe sous l’aine, et enfonce le couteau au renflement du croupion dont il tient écartés les bords caoutchouteux. Il y a encore quelques heures, ce perdreau volait dans la campagne à la recherche d’une femelle avec qui partager son nid de paille et de boue beurrée. La chair cède. Les vaisseaux s’entortillent autour de la lame. Les entrailles apparaissent : le foie couleur guimauve, le cœur dans un liquide délié, la graisse cireuse, l’intestin, la vessie aux reflets grenadine. Pierre extirpe ensuite les poumons qui ont l’air chacun d’être le cœur d’un animal plus grand et, surtout, moins mort.”
Les Contreforts, Calmann-Lévy, 2021

LES LIVRES DE L'AUTEUR

Les Confessions d’un funambule, Éditions de la Table Ronde, 2007,

Où la lumière s'effondre, Plon, 2016

Réelle, Éditions de l'Observatoire, 2018

Avant la longue flamme rouge, Calmann-Lévy, 2020

Douze sales gueules, Calmann-Lévy, avril 2020

Les Contreforts, Calmann-Lévy, 2021,

C'est le septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.

Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp.

À LA TECHNIQUE

Conception et interview : François-Xavier ROBERT

Mixage et création musicale : Julien HAURANT

Musique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusion

Courtes citations musicales : Tout début du 3ème mouvement du 21ème concerto pour piano K. 467 de Mozart, interprété par Artur Schnabel www.musopen.org

Rythme : "Instinct", tambours taiko www.bensound.com

11 episodes