Olivier Mak-Bouchard : « Demain, on clonera les espèces en voie d’extinction »

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À San Francisco, cet écrivain provençal aimerait dupliquer en urgence le dauphin du Yangtsé, le rhinocéros noir ou le bouquetin des Alpes, ainsi que toutes les plantes menacées, à l’échelle de la planète.

« Oui, si le lecteur veut vraiment comprendre, il doit remonter jusqu’à la création du monde. Pas celle que tout le monde connaît, mais bien celle des légendes du coin, celle que l’on raconte aux enfants d’ici pour qu’ils s’endorment », prévient d’emblée (le narrateur d’) Olivier Mak-Bouchard, 37 ans, originaire d’Apt, Vaucluse, au début de son premier roman, Le Dit du Mistral, publié en septembre aux éditions Le Tripode. Dans le Luberon, à la suite d'un orage, un homme et son voisin, un paysan bourru, découvrent dans le champ mitoyen des éclats de poterie près d’un mur de pierres sèches. Démarre alors une enquête archéologique en amateur, sous l’œil d’un matou surnommé le Hussard, en hommage à Giono. « Un gros chat tout blanc, à l’exception de ses pattes qui sont noires, des coussinets jusqu’aux genoux. On aurait dit un chasseur alpin pourvu de grandes bottes de cuir noir, et longeant le mur de la Peste. »

Si la race de ce félin venait à s’éteindre, pourrait-on le cloner, afin de poursuivre l’enquête ? Si l’on se fie à l’utopie d’Olivier Mak-Bouchard, miaou que oui. Installé à San Francisco (où, dit-il, « les feux sont éteints, le ciel n’est plus orange »), ce lecteur de London, Verne, Pagnol ou Stevenson, qui écrit surtout après le dîner et « sous la douche », envisage un clonage écologique pour sauver les espèces en voie d’extinction.

En démarrant, gonflé, par « un partenariat avec les chasseurs » pour obtenir leur endormissement par fléchettes, afin de récolter « un petit morceau d’ADN » de dauphin du Yangtsé, de rhinocéros noir, d’un bouquetin des Alpes ou d’un phoque moine de Méditerranée (voire d’un « mistouflon du Lubéron », animal bleu ciel à six pattes), dont les clones nouvellement créés seraient aussitôt relâchés dans leur milieu naturel. La méthode Jurassic Park sans clôtures, appliquée en simultané aux plantes menacées, le tout à l’échelle de la planète. En passant ensuite aux espèces disparues, pour retrouver le dodo mauricien, le diable de Tasmanie ou ce pachyderme qui donna son nom, jadis, à une émission sur Nova : l’éléphant effervescent. L’auteur, lui, vient encore de se dédoubler. Il a fini son second roman. « Une uchronie : un (infime) détail qui change il y a vingt ans et qui aurait pas mal de répercussions aujourd'hui. L'écriture est terminée, j'en suis à relire et améliorer le texte. Ça se passera aussi en Provence. »

Image : Jurassic Park, de Steven Spielberg (1993).



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