Christine Armanger : « Demain, le mot désir remplacera le mot travail »

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Ras-le-bol des bullshit jobs ? Cette actrice et autrice parisienne imagine une capsule ovoïde, de taille humaine, capable d’identifier le métier le plus adapté à notre âme. Comme un rendez-vous Pôle Emploi… en position fœtale.

« Savez-vous que dans l’Histoire de l’humanité, on dénombre 14 fois plus de morts que de vivants ? Que l’entièreté d’un squelette tient dans une boîte à chaussures ? Que l’espérance de vie d’un bombyx mori est de moins de 24 heures et celle d’un baobab de 1800 ans ? Savez-vous que vous allez mourir ? Moi je le sais, mais je n’y crois pas. » Ce soir-là, nous n’avions pas rendez-vous avec la Mort à Samarcande. C’était au Théâtre de Vanves, en février. Enceinte de neuf mois, l’actrice, autrice, danseuse et chorégraphe parisienne Christine Armanger, 36 ans, présentait MMDCD, sa « tentative de conjuration » de notre inévitable passage de vie à trépas. Un spectacle d’une durée de 2900 secondes (MMDCD, en chiffres romains) où, souvent nue, elle observe un train électrique tourner en rond sur son circuit, embrasse un crâne vaniteux ou subit la visite d’un squelette en baskets (Arthur Navellou, l’une des voix de Catastrophe), flirtant volontairement avec « les limites du supportable », armée de son envie de jouer « avec les lignes qui séparent la contemplation de l’ennui, l’aimantation de la scène… du désir de quitter la salle ». Désir : le mot est lâché.

Formée auprès de Jan Fabre ou Gisèle Vienne, collaboratrice de Laurent Bazin ou d’Yves-Noël Genod, Christine Armanger imagine pour Nova une capsule en forme d’œuf, de taille humaine, capable d’identifier (« en une heure ou en une semaine ») le métier le plus adapté à notre âme. « L’intérieur sera ouaté, il émettra une luminosité chaude. On s’y installera en position fœtale, genre trip intra-utérin. On aura les yeux fermés et des oreillettes (…) On entrera dans une sorte de méditation guidée, une transe désirante, dont la base sera conçue par des neuroscientifiques à partir de sons binauraux (…) On sera amené à contempler notre intériorité. Comme une plongée dans un océan opaque. On deviendra des veilleurs : on laissera remonter à la surface des sensations encore souterraines, encore imprécises. » Pour toute question au sujet de ce méta-Pôle Emploi, merci de contacter l’artiste lors de la prochaine représentation de MMDCD, le 20 octobre à l’Étoile du Nord, 16 rue Georgette Agutte à Paris, dans le cadre du festival ZOA/Avis de Turbulences.

Image : Black Mirror, S2E4, Blanc comme neige, de Charlie Brooker (2014).



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