Camille Cornu (2/3) : « Demain, on mangera du placenta »

6:05
 
Partager
 

Manage episode 274359331 series 2787495
Par Radio Nova, découvert par Player FM et notre communauté - Le copyright est détenu par l'éditeur, non par Player F, et l'audio est diffusé directement depuis ses serveurs. Appuyiez sur le bouton S'Abonner pour suivre les mises à jour sur Player FM, ou collez l'URL du flux dans d'autre applications de podcasts.

Cet.te auteur.ice et performeur.se français.e, posé.e en Ecosse, membre du collectif de poésie queer RER Q, accouche d’une utopie en trois épisodes sur le recyclage de nos « déchets » corporels, en résistance aux diktats du libéralisme.

« RER Q est un réseau d’autriX allié.e.s autour de textes / manifestes queer / crus / cul. RER Q écrit lit performe ce qui n’est que trop rarement visible. RER Q explose le genre triste et la syntaxe molle, la police des corps identifiés identifiables et la littérature officielle. RER Q serpente entre les mots d’individues qui racontent leurs perturbations non linéaires dans le genre et la sexualité. RER Q est substance désir chattes suspectes flemme tantrique trous béantes nuques moites expérimentations sales paysages gouines images clandestines tunnels d’amour fantasmes profonds comme des arbres. »

Fin septembre, soir de pluie, studio de danse du Point FMR, Paris. Les six pilotes du RER Q, Rébecca Chaillon, Camille Cornu, Wendy Delorme, Claire Finch, Élodie Petit et Etaïnn Zwer, partagent avec force et humour leurs textes et vidéos sur le thème de la « (re)production ». S’y succèdent le récit d’un coming-out à 20 ans, à la recherche d’un « peuple qui n’aurait pas de pères, et pas d’heure à laquelle se coucher » ; une tentative pour avoir un enfant « comme on retape une maison », manuellement, près de son amoureuse et d’un festin de dinde, dans un hôtel de banlieue ; une réécriture transgenre des comédies d’Aristophane ; des œufs, éjectés ou réintroduits dans les corps de manières assez troublantes. Ou encore… le recyclage de nos « déchets » corporels, en résistance aux diktats du libéralisme.

C’est l’idée de Camille Cornu, 33 ans, auteur.ice français.e (L’intime n’a jamais été aussi politique ici-bas, 2014, Habiletés sociales, 2017) et performeur.se, posé.e entre Paris et Glasgow, qui la restitue ici en trois épisodes. Dans la deuxième partie d’un texte intitulé On ne mange pas les bébés, iel évoque son désir de pouvoir un jour « manger son placenta », naturellement capable de « réduire les saignements et les douleurs post-accouchement ». En France, étrangement, « nous ne sommes pas propriétaires » de cet organe « d’environ un kilo », qui connecte l’embryon à la paroi utérine pour le nourrir, l’immuniser ou l’aider à respirer, est soit collecté à des fins thérapeutiques, soit détruit car considéré comme un déchet à risques infectieux. Pourtant, nous dit Camille : « En latin, placenta veut dire gâteau, galette. En grec ancien, ça signifie plat, assiette. Voilà ce qu'il se passe dans ton utérus, tu prépares ton dîner, tu cuisines sans y penser, ton corps connaît la recette. » Et certaines auraient déjà réussi à en faire « des lasagnes, du ragoût, du pâté, du chocolat, des smoothies ». À table, les enfants.

Pour écouter le premier épisode de l’utopie de Camille Cornu, c’est ici : https://www.nova.fr/podcast/larche-de-nova/camille-cornu-13-demain-fera-du-fromage-avec-notre-lait-maternel

La dernière partie sera diffusée le 20 octobre, à 7h10.

Plus d'infos : camillecornu.com

Image : Nouvelle cuisine, de Fruit Chan (2004), dans lequel une restauratrice de Hong-Kong concocte des raviolis fourrés aux fœtus humains.



See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.

154 episodes