La semaine de - «Milliardaires» à la conquête de la CAF

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Dans les difficultés sans fin de l’Afrique, le pire est que les peuples doivent souvent assumer les conséquences d’erreurs inspirées, sinon dictées par d’autres… Dans deux semaines exactement, la CAF (Confédération africaine de football) élira son nouveau président. Quoique théoriquement toujours dans la course, le sortant, Ahmad Ahmad, semble bien affaibli, et il n’est pas exclu que la finale se joue entre milliardaires. Est-ce pour cela que vous affirmez que le football africain pourrait ne pas sortir gagnant de cette course ? C’est en partie pour cela, en effet. Entendons-nous bien : jusqu’à nouvel ordre, être milliardaire n’a, par essence, rien de disqualifiant. Mais, lorsque dans une compétition aussi sérieuse, l’on en est réduit à définir les candidats, davantage au regard de leur fortune personnelle que par rapport à leur projet, c’est qu’il n’y a rien de très convaincant dans ledit projet, si tant est qu’il y en ait un. Pour reprendre les mots d’un des candidats que l’on a pu entendre, cette semaine sur RFI, la situation du football africain est assez grave, et l’institution suffisamment mal en point pour que l’on ne se disperse pas dans des effets d’annonce et des coups d’éclat, en lieu et place de programmes de qualité. Tant mieux, si tel ou tel candidat a réussi dans son pays, au point d’en être un milliardaire en vue ! Mais, chaque grosse fortune, en Afrique, est une histoire à part, que l’on ne peut comprendre qu’en la situant dans le contexte national qui l’a rendue possible. Et la fortune, même colossale, ne définit en rien les qualités intrinsèques d’une femme ou d’un homme. Plus sérieusement, il est temps que l’on commence à raconter les réussites industrielles, le génie créatif qui mène à ces milliards, plutôt que les milliards eux-mêmes, dont les ressorts peuvent être tortueux, sinon suspects. Certes, il a fallu aux uns et aux autres une certaine ingéniosité, parfois même beaucoup d’intelligence, pour passer de leader syndical en milliardaire, ou de jeune premier en multimillionnaire. Et certains de ces milliardaires ont surgi du Black Economic Empowerment exactement comme les oligarques russes ont surgi de la découverte du capitalisme par l’ex-Union soviétique. À quoi il faut ajouter tous ces milliardaires qui ont germé dans la politique et prospéré à l’ombre des politiques. Au final, l’apologie de la fortune comme argument de campagne à la conquête de la présidence de la CAF peut se révéler un piège pour le football africain. Simplement parce que les recettes qui ont pu permettre à tel ou tel de devenir milliardaire dans son pays peuvent, à la tête de la CAF, desservir l’institution, et enfoncer un peu plus le ballon rond. Il se dit aussi que le vainqueur pourrait, comme en 2017, n’être que le candidat du président de la Fifa Il y a quatre ans, certains s’en souviennent, l’on prêtait, en effet, au même président de la Fifa l’orchestration de la chute de Issa Hayatou. Oui, s’il s’est trompé, en choisissant alors Ahmad, pourquoi ne se tromperait-il pas, cette fois aussi, en choisissant le successeur d’Ahmad ? Le pire, dans les difficultés sans fin de l’Afrique, est que les peuples doivent souvent assumer les conséquences d’erreurs inspirées, sinon dictées par d’autres. Quelle part prendrait le président de la Fifa dans les fautes que l’on impute à Ahmad Ahmad ? Quatre ans plus tard, alors que les candidats achevaient leur campagne sur le continent, le président de la Fifa était, lui aussi, en tournée africaine. Il n’en faut pas davantage, pour que nombre d’Africains dénoncent ce qu'ils appellent une indécence flagrante et un inadmissible manque de respect.

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