Le Timor oriental intègre l'Asean: «Depuis 10 ans, nous avons fait beaucoup d'efforts» dit José Ramos-Horta

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L'Association des nations de l'Asie du sud-est (ASEAN) vient de donner son accord de principe à l'adhésion du Timor oriental. Un pas de géant pour ce minuscule pays meurtri par l'invasion de l'Indonésie dans les années 1970 et qui, 20 ans après son indépendance, sort tout doucement de l'extrême pauvreté. Joint à Dili, la capitale timoraise, par Vincent Souriau, José Ramos-Horta, le président du Timor oriental et prix Nobel de la paix, revient sur la décision du dernier sommet de l'Asean. RFI : Qu’est-ce que cette adhésion à l’ASEAN, l’Association des nations de l’Asie du sud-est, peut apporter à votre pays ? José Ramos-Horta : Beaucoup plus d’investissements vont venir, bien sûr, parce qu’on peut dire que le Timor est un territoire vierge, sans concurrence, soit pour des hôtels, des usines textiles, des pharmacies, etc. Il y a un nombre d’investisseurs provenant du Brunei, de Singapour, de Malaisie, de la Corée du Sud, etc., qui sont intéressés précisément parce que le Timor sera le onzième membre de l’ASEAN, avec un marché conjoint de 700 millions de personnes, avec 4 trillions de dollars de PIB conjoints de la région. Vous avez fait cette demande d’adhésion à l’ASEAN en 2011, il a fallu plus de 10 ans pour que ça se concrétise, qu’est-ce qui a bloqué votre entrée si longtemps ? À l’époque, le Timor n’était pas vraiment préparé, mais depuis déjà dix ans on a fait beaucoup d’efforts, notamment en développant des infrastructures. Par exemple, dans quelques jours, on va inaugurer formellement le nouveau port de Dili, de dimension régionale, très moderne, et on a aussi développé l’électrification du pays, plus de 90% du pays a déjà l’électricité. Bien sûr, nous sommes sous-développés, notre économie est basée surtout sur l’exportation de gaz et de pétrole, mais de toute façon, nous sommes investisseurs dans des économies de pays plus développés du monde, notamment des milliards de dollars dans les obligations américaines, et des obligations d’un nombre de pays européens. Un dernier mot José Ramos-Horta, à propos du Myanmar : vous allez siéger aux côtés du régime birman, qui est membre de l’ASEAN lui aussi. Aujourd’hui c’est un pays en crise, l’ASEAN est le seul organe qui ait engagé un dialogue avec les militaires birmans, est-ce qu’il faut aller plus loin ? Est-ce qu’il faut sanctionner la junte birmane et, par exemple, suspendre son adhésion à l’ASEAN ? Il faut reconnaître que la situation est très difficile et gênante pour les pays de la région, ils font au mieux pour normaliser la situation, promouvoir le dialogue interne, entre les militaires et les opposants. Mais les faits c’est que les militaires n’ont pas bougé du tout. Ils ont signé le soi-disant « Cinq points », « Five points », mais ils n’ont absolument rien fait pour respecter cet engagement avec l’ASEAN. Les leaders de la région sont très gênés, bien sûr, avec le comportement des militaires du Myanmar : la violence contre la population civile, des gens innocents, l’emprisonnement, la torture, les exécutions sommaires, et ça c’est entièrement inacceptable pour l’ASEAN et ça pose des questions très sérieuses pour la crédibilité de l’ASEAN.

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