Fréquence Asie - Hong Kong: l'exilé Ray Wong s'attend à un exode massif

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« Quitter Hong Kong était la décision la plus difficile de ma vie », dit Ray Wong, fondateur de Hong Kong Indigenous, un parti qui a été en première ligne des manifestations pour demander l’autonomie de l’ex-colonie britannique. Ray Wong, militant de 27 ans a dû se résigner à l’exil, pour éviter une peine de prison. Ray Wong a été le premier Hongkongais à obtenir l’asile en Allemagne. Depuis Göttingen où il étudie, il compte aider d’autres Hongkongais à fuir leur pays. Un exode massif est, selon lui, inévitable. RFI : Vous étiez le premier militant hongkongais à demander l’asile en Allemagne. Qu’est-ce qui vous a poussé à partir ? Ray Wong : En 2016, suite à des manifestations organisées par mon parti, j’ai été poursuivi pour incitation et participation à des émeutes, également pour organisation de rassemblements illégaux. Ça aurait pu me valoir jusqu’à 10 ans de prison. Je savais que je n’aurais pas droit à un procès équitable à Hong Kong. C’est pour cela que j’ai demandé l’asile en Allemagne. ► À écouter aussi : Procès en Chine de militants pro-démocratie de Hong Kong : « il y a une grande inquiétude à Hong Kong sur l'indépendance de la justice » J’étais convaincu que ce pays accorde une grande importance à des valeurs comme les droits de l’Homme et la liberté. J’étais donc sûr d’y obtenir l’asile. Les autorités chinoises ont pourtant tenté de dissuader le gouvernement allemand d’accepter ma demande. Mais Berlin n’a pas cédé à cette pression et m’a donc accueilli en tant que réfugié. Aujourd’hui, vous sentez-vous toujours surveillé par la Chine, malgré la protection de l’Allemagne qui vous a accordé l’asile politique en 2018 ? Absolument. En fait, depuis que le Comité hongkongais pour la Sécurité nationale m’a mis sur la liste des fugitifs, j’ai remarqué des activités suspectes sur mon téléphone, mon compte de messagerie Telegram et aussi sur mon compte mail. Depuis, je soupçonne le gouvernement chinois de pirater tous mes comptes. Pour pouvoir continuer notre combat, il fallait que l’un d’entre nous parte et raconte notre histoire au monde entier. – Ray Wong, militant hongkongais Quitter Hong Kong voulait dire abandonner le parti pro-autonomie Hong Kong Indigenous que vous aviez fondé et qui a été dissout après votre départ. Une décision difficile à prendre ? C’était la décision la plus difficile de ma vie. Fuir Hong Kong, cela voulait peut-être dire ne plus jamais pouvoir retourner dans mon pays natal, ne plus jamais voir mes amis ni certains membres de ma famille, comme ma grand-mère qui est déjà âgée. J’ai lutté avec moi-même pendant un bon moment. Pendant cette période d’incertitude, je n’arrivais plus à dormir ni à manger et j’ai perdu beaucoup de poids. Mais en parlant avec de nombreuses personnes, y compris des organisations non gouvernementales et des hommes politiques, j’ai finalement pris la décision de partir. Pour pouvoir continuer notre combat, il fallait que l’un d’entre nous parte et raconte notre histoire au monde entier. Depuis Göttingen où vous étudiez, vous aidez d’autres militants hongkongais à préparer leur départ ? Oui, j’entretiens une plateforme d’entraide appelée « Haven assistance ». Notre objectif est d’informer des militants hongkongais sur le droit d’asile dans de nombreux pays. Depuis que nous avons fondé ce site d’information en juillet dernier, nous avons déjà reçu plusieurs milliers de requêtes. Cet énorme intérêt nous fait penser que beaucoup de Hongkongais, notamment des jeunes, demanderont l’asile dans des pays occidentaux, dès que l’on aura surmonté la pandémie du Covid-19. C’est pour cela que je travaille en étroite collaboration avec l’ONG Hong Kong Watch, basée à Londres. ► À écouter aussi : Hong Kong, l'exil à tout prix Nous demandons notamment à l’Allemagne de simplifier sa procédure d’obtention d’asile pour les citoyens hongkongais. Nous espérons aussi que les autres pays membres de l’Union européenne accorderont des procédures d’asile allégées aux réfugiés hongkongais. Les gouvernements d’Australie et du Canada nous ont déjà ouvert leurs portes. Nous espérons que l’Union européenne suivra cet exemple.

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