Européen de la semaine - Jonas Gahr Støre, Premier ministre norvégien

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En Norvège, le parti travailliste et ses alliés, le parti du Centre et la Gauche socialiste, ont remporté lundi dernier une majorité absolue de 89 sièges sur 169 au Storting, le Parlement norvégien. C’est au travailliste Jonas Gahr Støre qu’il incombe de former la future coalition au pouvoir, il est notre Européen de la semaine. Grand svelte et élégant Jonas Gahr Støre est un multimillionnaire de 61 ans qui a réussi à capter la majorité des voix en faisant campagne contre les inégalités sociales en Norvège. Un paradoxe qui s’explique. « Il a eu un problème d’image vis-à-vis du public norvégien. Il vient d’une famille assez riche, donc il y a eu un déficit du côté de l’aile gauche du parti travailliste. Disons que Gahr Støre n’était pas vraiment en position de représenter le côté populaire du part. Et puis il y a la personnalité, c’est quelqu’un d’assez austère, quelqu’un d’assez froid, qui a un peu de mal à nouer des contacts avec les électeurs avec la population, détailleFrank Orban, professeur de sciences politiques à l’université-collège de Ostold. Donc il y a eu ce déficit, je dirai d’image en tant que leader du parti travailliste et en même temps, c’est ça le paradoxe, quand on regarde les différents sondages, il y a une majorité des électeurs étaient persuadés que Gahr Støre est un bon Premier ministre de Norvège parce qu’il est solide, il est sérieux. Parce que ce qui pourrait poser un problème d’image en tant que dirigeant d’un parti représente un avantage en tant que dirigeant d’un pays. » Jonas Gahr Støre a une longue carrière politique derrière lui il a été à la tête de la diplomatie norvégienne pendant sept ans. Un de ses faits d’armes est d’avoir resserré les liens avec la Russie pour régler un différend frontalier qui a permis à la Norvège d’étendre son exploration et pétrolière. « On peut s’attendre à ce qu’il insiste sur les relations avec les États-Unis d’abord au sein de l’OTAN, les relations avec la Grande-Bretagne. La Norvège n’est pas membre de l’UE, donc elle est aussi dans une situation un peu similaire à celle de la Grande-Bretagne aujourd’hui après le Brexit, explique Louis Clerc, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tukru. Et ensuite les relations avec les pays nordiques. Et ensuite je pense les relations avec la Russie. Mais ce socle devra être bâti, ce socle est composé de l’Otan, des pays nordiques, des pays européens et ensuite sur cette base-là, on pourra avoir des relations cordiales avec la Russie. Je ne pense pas que la Norvège veuille avoir de mauvaises relations avec la Russie, au contraire, mais ils ont besoin d’un socle assez fort pour pouvoir être en bonne position pour mener leurs relations avec la Russie. » Depuis qu’il a été ministre des Affaires étrangères Jonas Gahr Støre milite pour la prévention des conflits. Il incarne en ce sens une tradition dans les pays nordiques. « On se rappelle des accords d’Oslo qui avaient pour un temps calmé le conflit israélo-palestinien dans les années 90. La Norvège et les pays nordiques en général, se présentent comme des médiateurs, se présentent comme des pays bons-offices. Ça fait partie traditionnellement, d’abord de leur image dans le monde et ensuite de leur politique étrangère de façon très claire, poursuit Louis Clerc. Les deux problèmes que je vois, c’est d’abord qu’il y a un monde qui est peut-être un peu moins sensible à la médiation et à ce genre "de politique douce". Et ensuite la deuxième chose c’est qu’il y a des problèmes globaux comme les problèmes d’environnement, etc. pour lesquels la Norvège n’a pas la même réputation. La Norvège est aussi un pays d’exploitation du pétrole et du gaz. Donc sur ces problèmes globaux, la Norvège n’a pas exactement les mêmes cartes que pour des questions de médiation un peu plus politique. Il y a un monde un peu plus complexe dans lequel la Norvège va certainement essayer de mettre en avant ses qualités de médiateur, mais où ça va être un petit peu plus difficile. » Et il faudra d’abord à Jonas Garh Støre, tout son talent de négociateur pour former la coalition de gauche qui doit succéder à la coalition de droite qui a perdu les élections.

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