Européen de la semaine - Hongrie: Gergely Karacsony, potentiel challenger de l'opposition contre Viktor Orban

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Maire écologiste de Budapest, Gergely Karacsony a annoncé le 15 mai sa candidature à l’élection primaire qui doit désigner le candidat unique de l’opposition pour les législatives de 2022. S'il remporte les primaires en septembre, il deviendra le leader de l'opposition face à au Premier ministre Viktor Orban. C’est depuis le village de son d’enfance dans le nord-est de la Hongrie, que Gergely Karacsony a décidé d’annoncer sa candidature aux élections législatives de 2022. Même si cet écologiste à la tête de la capitale a longtemps affirmé qu’il n’avait pas l’ambition de devenir Premier ministre, sa candidature n’a pas surpris grand monde, comme l’explique Roman Krakovsky, spécialiste de l’Europe centrale. « Sa candidature aux élections arrive presque comme une conclusion logique », dit-il. « Je pense que ce qui a le plus joué, c’était le Covid-19 et les conflits avec le gouvernement qui se sont accentués. Le gouvernement a attribué un certain nombre de mesures qui a réduit de manière drastique le budget de la ville. Ils ont mis les villes comme Budapest dans une situation de quasi-impossibilité d’assurer des services de base comme les transports publics. Je pense que c’est cette impasse qui a modifié sa position de base », ajoute-t-il. Les atouts de Gergely Karacsony pour combattre Viktor Orban Au premier abord, Gergely Karacsony ne semble pas être le candidat évident pour combattre Viktor Orban, l’homme fort du pays. Parmi les passions du maire âgé de 45 ans : le jazz et le cyclisme. Et quand cet homme aux petites lunettes parle de politique en Hongrie, c’est toujours avec un ton doux. Pourtant, pour Peter Balazs, ancien ministre des Affaires étrangères et son allié de longue date, la personnalité et l’histoire de Gergely Karacsony sont un atout pour les élections. « Il est très discret. J’ai l’impression qu’il ne s’énerve jamais même dans les circonstances les plus difficiles. Il vient d’une grande famille originaire d’un village situé dans le nord de la Hongrie. Donc, il connaît les réalités de la campagne, mais aussi la ville. Il a toutes les chances de gagner », souligne-t-il. Une opposition unie Pour la première fois en trois élections, c’est une opposition unie qui fera face au Fidesz de Viktor Orban, le mastodonte maître des deux tiers du Parlement. Le bloc d’opposition comprend des Verts, des socialistes, des centristes, mais aussi le parti d’extrême droite, Jobbik, qui tente depuis quelques années, de rompre avec son passé radical et antisémite. Pour Zoltan Kiszelly, politologue conservateur hongrois, cette opposition unie est l’une des principales forces pour Gergely Karacsony. « Son premier atout, c’est le soutien des six partis d’opposition, dont il va récupérer les électeurs. C’est énorme ! Deuxième atout : grâce à sa personnalité et son programme, il pourrait attirer les électeurs indécis, en particulier les jeunes et les familles dans les zones urbaines, qui sont pro-européens. De par sa mentalité, il est en effet plus proche d’eux que M. Orban. Mais l’opposition a autant d’avantages que de fardeaux. L’un des inconvénients majeurs, c’est son allié, l’ancien Premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsány qui est l’une des personnalités politiques les moins appréciées dans le pays, tandis que M. Gergely Karacsony est très populaire. » Gergely Karacsony et les « 99% » Dans sa vidéo de campagne, Gergely Karacsony s’engage à servir « 99 % » des Hongrois s’il est élu Premier ministre, et non les 1 % des plus riches, privilégiés, selon lui, par Viktor Orban. 99 c’est aussi le nom du nouveau mouvement politique qu’il vient de créer. Il rassemble des artistes, des philosophes, des personnalités politiques libérales, comme Peter Balazs, mais aussi des personnalités de droite. Une manière de s’assurer un large soutien s’il est élu en 2022, selon Zoltan Kiszelly. « S’il veut disposer d’une majorité parlementaire, il doit créer un mouvement plus large que son propre parti écologique qui n’a que 1 % des sièges au Parlement. Et s’il arrive à créer un mouvement qui ne soit pas aussi vert ou de gauche à l’image de son parti, il pourra attirer plus d’électeurs indécis avec ce type de mouvement populaire, “anti-élitiste” », analyse Zoltan Kiszelly Selon les sondages, le parti Fidsz et la coalition de l’opposition sont au coude à coude. En septembre, les électeurs de l’opposition décideront lors de la première élection primaire dans l’histoire du pays, si l’écologiste mérite d’affronter Viktor Orban en avril 2022.

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