Ethiopie 2/2 : Harar, ville de la Paix. Entre mythe et réalité

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Lorsqu'on déambule dans les rues d'Harar, il est fréquent d'entendre se superposer, presque en concurrence de décibels, les prêches de l'Eglise orthodoxe et les appels à la prière lancés des musulmans. Si les orthodoxes sont majoritaires dans le pays, avec 43% de pratiquants, l'islam compte à peu près 33% de fidèles sur les 90 millions d'Ethiopiens. Les catholiques, eux, sont extrêmement minoritaires, avec une proportion de 0.7% de la population. Place d'Harar ©RCF - Thierry Lyonnet Une petite communauté catholique, mais qui joue un rôle important, notamment dans le domaine de l'aide sociale. Avec 80 centres de santé, 400 écoles... "l'Eglise catholique en Ethiopie est une Eglise très forte, avec beaucoup d'activités sociales", explique Mgr Berhaneyesus Souraphiel. L'archevêque d'Addis-Abeba cite notamment les Missionnaires de la Charité qui, à travers leurs 18 centres répartis dans tout le pays, oeuvrent "au plus près des pauvres et des personnes marginalisées". Scène de rue à Harar ©RCF - Thierry Lyonnet Pour se rendre à Harar, Thierry Lyonnet traverse l'immense diocèse d'Harar, un territoire aride, touché par la sécheresse. En chemin, il s'arrête à Dire Dawa, une ville de 60.000 habitants, où les capucins de l'école Abuna Andreas accueillent des élèves de toutes confessions. Son directeur explique: "Nous avons 650 élèves, la plupart sont musulmans, les parents mettent leurs enfants dans cette école car ils apprécient cette atmosphère de paix." Un établissement qui perpétue l'oeuvre de Mgr André Jarosseau (1858-1941), missionnaire franciscain qui vécut dans cette région d'Ethiopie entre 1882 et 1936. Une des 99 mosquées d'Harar ©RCF - Thierry Lyonnet Située au sud de Djibouti, à quelque 130 kilomètres de la frontière avec la Somalie, Harar est considérée comme la quatrième ville sainte de l'islam. Hantée par les fantômes d'Henry de Monfreid et d'Arthur Rimbaud (dont on peut visiter la "fausse" maison!), la cité fortifiée compte 99 mosquées. En son centre, la petite cathédrale catholique fondée en 1881. Elle rassemble chaque soir les enfants pour prier et chanter. Non loin de là, la léproserie d'Harar, maison fondée en 1901 par les capucins, accueille toujours aujourd'hui des malades, tout type de malade. "Il y a tellement de pauvres et tellement de lépreux!", se désole une religieuse franciscaine italienne. Rue d'Harar ©RCF - Thierry Lyonnet A Harar, se croisent les Oromos, les Somalis, les Afars... les différentes ethnies de la région. La ville a une réputation de cité de la paix, où chrétiens orthodoxes et musulmans vivent dans le respect les uns des autres. Mais certaines branches de l’islam pourraient troubler cet ordre. Selon le cardinal Berhaneyesus, président de la Conférence épiscopale d’Ethiopie: "Nous voyons actuellement l’émergence des fondamentalistes musulmans, qui disent que ce n’est pas bon que les chrétiens et les musulmans vivent ainsi ensemble." Reportage réalisé en mai 2016 avec le soutien de l'AED (Aide à l'Eglise en détresse)

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