Au Liban, pas de bus mais des idées

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Au Liban, pas de bus mais des idées ! Entre les suites de l'explosion du port de Beyrouth en 2020, l'épidémie de Covid et la hausse du prix des carburants, les Libanais affrontent un automne difficile. Dans un pays où 90% des transports se font en voiture, les transports en commun n'ont jamais été la priorité. Aujourd'hui à Beyrouth on voit même arriver des scooters et des tuk-tuks. C’est du jamais vu ! Au journal télévisé la ministre de l’Energie est venue dire aux Libanais d’éviter de prendre leur voiture. Pas de lumière sur les routes, peur des agressions dans les bus Le pays est plongé dans une grave crise économique, il n’y a plus de carburant ou il est devenu très cher, alors on fait quoi ? demande le jeune Salah Hijazi... Son article dans le journal L’Orient Le Jour, a eu du succès. Oui, comme toute la population il souffre du manque de transports en commun. Pas de tramways, pas de trains, pas de bus fiables : le cocktail, dit-il, du manque de volonté ajouté au copinage politique : « A Beyrouth, les Libanais comme moi, limitent leurs transports au minimum. Les seules voitures que l’on voit circuler sont des véhicules de gens qui reçoivent de l’argent de leur famille à l’étranger ou des employés d’entreprises qui ont les moyens d’acheter de l’essence ! Nos politiques ont échoué à installer des transports publics. La faute au lobby de l’automobile, des assureurs, des banquiers. Des sociétés privées ont essayé de s’installer mais elles ont vu leurs véhicules aussitôt vandalisés. » Un plein d'essence pour un mois de salaire minimum Changement de prix, changement d’habitudes et changement de moteurs : en dehors de la capitale, on voit des vélos, des scooters, et des tuk-tuk libanais, sorte de petites motos avec banquette abritée. Ils ont tellement la cote que selon les observateurs des politiques urbaines, comme Petra Samaha, chercheuse à Science Po, ils concurrencent vraiment les taxis. « Malheureusement, nous avons toujours les mêmes gouvernants depuis quarante ans ! Ces dernières années, ils ont toujours préféré investir dans les routes et les autoroutes. Il y a eu des volontés de développer le train et même un métro à Beyrouth, mais chaque fois, les projets ont avorté. Je ne vois vraiment pas pourquoi ils changeraient maintenant, aucun indicateur ne semble prouver de volonté politique. » Hadeer, l'avenir en Ethiopie et en République Démocratique du Congo Un problème une solution ! C’est la devise d’Hadeer ! Une entreprise de location de mini bus. Le principe : travailler avec et non contre les chauffeurs existants. Une réservation sur son ordinateur ou téléphone et le petit bus vient vous chercher pour vous déposer à un arrêt de bus public identifié. Michel Feghaly, qui en est le co-fondateur, nous en explique le principe. « En 2019, la crise économique a commencé et elle nous a permis de nous développer en tant que startup. La majorité de nos clients sont des jeunes, la majorité des femmes qui se sentent en sécurité avec ce moyen de pré-réservation sur internet. Hadeer, notre société, marche si bien que nous allons nous développer ailleurs en Afrique, notamment en Ethiopie et République démocratique du Congo.» L'argent de la Banque mondiale ira à l'essence Pour ne rien arranger, le gouvernement s’apprête à utiliser le prêt de la Banque mondiale - 300 millions de dollars initialement destinés au développement de transports en commun- pour combler les pertes dues à la hausse du carburant et à l’augmentation du coût de la vie.

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