Pourquoi parle-t-on du “fisc” et d'“hystérie” ?

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Le destin de certains mots est singulier. En effet, la chose ou la notion qu'ils recouvrent connaît nombre d'évolutions. C'est le cas pour les mots "fisc" et "hystérie".


L'évolution du mot "fisc"


Le terme "fisc" vient du latin "fiscus", qui désigne un panier, en jonc ou en osier. Il semble d'abord qu'il ait été utilisé pendant les vendanges. Puis cette corbeille a servi à recueillir les contributions versées par les citoyens romains.


Ensuite, par extension, ce terme finit par désigner le trésor personnel de l'empereur, puis, peu à peu, l'ensemble des recettes fiscales prélevées par l'Empire romain. Cette séparation entre le patrimoine privé du souverain et les recettes de l'État aurait eu lieu au début du IIIe siècle.


De nos jours, on entend par "fisc" une administration centrale, qui organise la mise en place, l'assiette, la perception et le contrôle des impôts.


L'hystérie, de l'Antiquité à Freud


Le terme "hystérie" est issu du grec "hustera", qui signifie "entrailles" ou "utérus". Dès le début, le mot désignait donc une maladie, ou un dysfonctionnement organique, associés à la sexualité.


Jusqu'à la fin de l'Antiquité, ces troubles étaient attribués à l'abstinence sexuelle. Pour les guérir, on préconisait de marier les jeunes files qui en étaient atteintes, et de remarier les veuves.


Durant le Moyen-Âge, le plaisir charnel est associé à l'idée de péché. Aussi les manifestations hystériques sont-elles associées à une intervention du diable. C'est dans un tel contexte que s'explique la terrible répression menée contre les prétendues sorcières.


Au XIXe siècle, les travaux de Charcot décrivent l'hystérie comme une maladie, dont les origines sont essentiellement organiques. Certains disciples de Charcot, comme Babinski, insistent sur le rôle de la suggestion dans l'apparition des troubles fonctionnels qui caractérisent l'hystérie.


Enfin, la notion d'hystérie tient également une grande place dans les travaux de Freud et les débuts de la psychanalyse. Pour les psychanalystes, ces troubles hystériques seraient liés à un traumatisme d'ordre sexuel, souvent subi dans l'enfance. Le malade serait la proie d'un conflit psychique inconscient entre les pulsions de désir et le principe de réalité, autrement dit l'interdit.



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