19 septembre 2020 : Idolâtrie de la Vie

 
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Idolâtrie de la Vie

Je n’ai jamais été déçu par les essais d’Olivier Rey, mathématicien et philosophe, qui a l’art de mettre les pieds dans le plat des préjugés, qu’il s’agisse de la science, ou plutôt du scientisme, des statistiques ou du transhumanisme. Le petit tract qu’il a publié sur le coronavirus est de la même veine. Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec lui mais il vous fait réfléchir, parfois beaucoup.

Il commence par une « provocation » : plus le pouvoir central porte secours à ses habitants, à ses citoyens, plus ceux-ci sont enclins à lui attribuer les maux dont ils souffrent. Il y a longtemps que des historiens l’enseignent à propos de la Révolution française ou de la Révolution russe, et Olivier Rey montre comment ceci a donné naissance à une espèce de jeu pervers de mensonge réciproque entre les pouvoirs et leurs peuples – la crise du coronavirus en est un exemple de plus, qui crée aussi des aberrations allant jusqu’à ce Guide des parents confinés diffusé par les soins du gouvernement et prônant le « comment transmettre le féminisme » à cent lieues des soucis réels des parents condfinés (on peut y ajouter la tentative d’imposer certains quotidiens comme quasiment officiels).

Mais c’est surtout sur l’«idolâtrie de la vie », titre de son tract, sur lquelle Olivier Rey tire à boulets rouges. Plus l’homme devient dépendant – pour lui, en situation de servitude-, plus il prétend que tout lui est dû, ce tout qui se concentre toujours plus sur la vie, la vie nue, la vie en tant que fonctions vitales et rien de plus, sur laquelle il investit toujours plus, comme s’il ne lui restait plus que cela, manger, se reproduire, communiquer.

En perdant l’art de souffrir et de mourir nous avons perdu celui de vivre. Comment ne pas penser ici au vieil adage de Juvénal, pour vivre, perdre les raisons de vivre– ainsi présenté par Jean Paul II dans Veritatis splendor : « Cette réflexion du poète Juvénal s’applique à tous : » Considère comme le plus grand des crimes de préférer sa propre vie à l’honneur et, pour l’amour de la vie physique, de perdre ses raisons de vivre « . La voix de la conscience a toujours rappelé sans ambiguïté qu’il y a des vérités et des valeurs morales pour lesquelles on doit être disposé à donner jusqu’à sa vie ».

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