15 mai 2021 : « C’est celui qui le dit qui l’est »

 
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Vous connaissez cette parole (ou cette pensée) dont les enfants usent entre eux, et parfois abusent (et pas seulement eux) : « C’est celui qui le dit qui l’est » et donc, par exemple, « Si tu me traites d’imbécile, c’est parce que tu en es un ». Elle peut être un expédient facile pour ne pas regarder en face une vérité sur nous qu’on nous assène, et la plupart d’entre nous l’avons peut-être en réserve quelque part dans notre inconscient pour se débarrasser ou du moins atténuer toute remarque un peu désobligeante à notre égard, en projetant sur celui qui nous la fait son jugement sur nous – au moins est-il alors partagé !

Il vaut-il pas mieux regarder en face ce qui nous a été dit. Mais je me demande s’il n’y a pas de ce « C’est celui qui le dit qui l’est », et même à vrai dire pas mal de cela chez le maitre à penser du temps présent, Friedrich Nietzsche. L’idée m’est venue en relisant pour un travail à faire ce qu’il écrit sur Jésus : il rabaisse sa personnalité et son enseignement à n’être que des vaticinations gentillettes et dérisoires d’un psychisme abimé par le non-développement de sa virilité à la pré-adolescence. Il l’écrit en toutes lettres dans son Antéchrist en traduction non expurgée : un idiot.

Disant cela, je précise que la sexualité de Nietzsche a fait l’objet d’études érudites mais je n’entrerai pas dans ce thème pour lequel je n’ai aucune autorité, pas plus que lui d’ailleurs. Mais je ne pense pas seulement à son affirmation gratuite et insultante envers Jésus. Mais une fois l’hypothèse du « C’est celui qui le dit qui l’est », avancée, elle se révèle une clé. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à le dire en ce qui concerne son attitude vis-à-vis de Jésus, André Gide l’a écrit il y a longtemps : « Nietzsche était jaloux du Christ ». On retrouve le même dénigrement, les mêmes rognes un peu partout chez lui, vis-à-vis d’autres quels qu’ils soient. C’est évident envers Wagner ou Brahms mais aussi envers le théologien Kaftan qui lui a rabattu le caquet dan son domaine.

Toutefois cette clé du « C’est celui qui le dit qui l’est », est à utiliser avec parcimonie. Sinon on fait ce que je reproche ici à Nietzsche, on réduire l’autre à un « Tu n’es que ça », et c’est sans fin !

Didier Rance

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