Notre civilisation est-elle condamnée à disparaître comme les précédentes ?

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La réponse courte à cette question est affirmative, la version longue est un peu plus complexe. Tout d’abord, quelles définitions proprement philosophiques donner aux notions telles que « chute », « déclin » ou « disparition » d’une civilisation ? Aux origines de la pensée historique (des chroniques égyptiennes jusqu’aux textes néo-babyloniens) la montée et la chute des dynasties sont attribuées à une mécanique supranaturelle selon laquelle la divinité récompense ceux qui respectent la loi divine et punit ceux qui la négligent. Ce n’est qu’au fur et à mesure de l’affaiblissement du Saint-Empire romain germanique que les prophéties daniéliques perdent leur influence et que naquit la conscience que l’empire romain avait déjà sombré au V ème siècle en ce qui concerne sa moitié ouest et au 15ème pour l’est. À côté de la vision catastrophique de l’histoire romaine, existe un second courant de pensée insistant sur la nature prédestinée de la fin d’une société : une fin non plus considérée comme accidentelle mais comme philosophiquement nécessaire, donc justifiée, que nous devons accepter avec fatalité. Enfin, à côté de l’approche idéaliste et dialectique de l’histoire, la théorie morphologique présente une troisième tentative pour comparer et comprendre le déclin des grandes civilisations ? Cette approche, développée par Vico, Spengler ou Toynbee, tend à montrer que toutes les civilisations, bien que uniques dans leurs fondements spirituels, transitent par des phases analogues jusqu’à leur disparition et que cette chute doit moins être vue comme une catastrophe politique accidentelle mais comme le résultat d’un épuisement interne, qui peut d’ailleurs être compris comme un accomplissement. Si l’on se base sur une compréhension trinitaire de l’histoire de l’Occident, on peut considérer le Moyen-Âge comme la phase théorique de cette évolution, l’époque moderne comme la réaction antithétique à cette phase, durant laquelle volent en éclat toutes les convictions du demi-millénaire précédent. Ce début du XXIème siècle pourrait être considéré comme l’apogée de ce mouvement antithétique.

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