Aujourd'hui l'économie - Paschal Donohoe nouveau patron de l’Eurogroupe en pleine tempête économique

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Paschal Donohoe a été élu par les ministres des Finances de la zone euro à la présidence de l’Eurogroupe au second tour de scrutin. En pleine tempête économique, alors que le continent affronte la pire récession de son histoire, ce «capitaine» de la zone euro aura fort à faire. Paschal Donohoe, ministre irlandais des Finances de centre-droit, fréquente l’Eurogroupe depuis 2017. Bon élève de la prudence budgétaire, ce brun aux tempes grisonnantes a permis à l’Irlande d’enregistrer en 2018 son premier excédent depuis la crise financière. Challenger de cette élection, l'Irlandais de 45 ans l’a donc emporté sur l’Espagnole Nadia Calviño. Elle bénéficiait pourtant du soutien des deux premières économies de la zone euro, l’Allemagne et la France. Mais, son appartenance au gouvernement de gauche d'un pays qui a beaucoup à gagner à un grand plan de relance européen a braqué les pays frugaux, notamment les Pays-Bas qui ont emmené dans leurs sillages d’autres nations. Certains doutaient qu'elle ait les qualités requises pour un poste qui réclame un sens aigu du compromis. Or, le chef d'orchestre de l’Eurogroupe doit en effet trouver une partition qui convienne aux pays du Nord, adeptes de la discipline budgétaire et à ceux du Sud réputés plus laxistes. En ce sens, Paschal Donohue, adoubé par le Parti populaire européen (PPE), avait pour lui de présenter un compromis. Il dirige avec prudence les finances d’un pays qui a bénéficié d’un plan d’aide pendant la crise de la zone euro au même titre que la Grèce ou le Portugal. Et le président de l’Eurogroupe a un rôle important à jouer. Critiqué pour son opacité, ce cénacle avait d'ailleurs été au centre de l'attention pendant la crise grecque. Depuis, il a perdu de sa superbe sous la présidence terne du Portugais Mario Centeno. Mais en théorie, sa mission est centrale : il préside la réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro, une réunion pour coordonner les politiques économiques nationales. Le patron de l’Eurogroupe fait donc partie des personnalités dont la voix compte à Bruxelles. Compromis à trouver sur un plan de relance Et le mandat de Paschal Donohoe commencera sur les chapeaux de roue ! Il prendra ses fonctions lundi 13 juillet, quatre jours avant le premier sommet européen où les chefs d'Etat et de gouvernements se rencontreront physiquement depuis la crise sanitaire. Lors de ce sommet des 17 et 18 juillet, les 27 doivent discuter du plan de relance de l'économie européenne. La Commission a proposé un plan de 750 milliards d’euros : 500 milliards sous forme de subventions directes et 250 milliards sous forme de prêt. Mais les quatre « frugaux », dont les Pays-Bas et l'Autriche, deux pays de la zone euro, font partie, ont toujours des réticences. L'Autriche par exemple préfèrerait un programme de prêts sous conditions plutôt que des subventions. Mais, l'idée d'imposer des conditions est loin de créer l'unanimité. Sur la question du financement néanmoins, selon le quotidien allemand FAZ, Vienne aurait assoupli sa position sur la possibilité de financer les aides par de l'endettement, ce qui isole un peu les Pays-Bas. Mais la quête du compromis est d'autant plus délicate que les négociations sur le plan de relance sont adossées à celles pour le budget de l’Union européenne d’environ 1 100 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Or, la zone euro et son patron ont tout intérêt à trouver un compromis rapidement. En 2020, le PIB de la zone euro pourrait chuter de 8,7%, selon les prévisions de Bruxelles. Or, l’automne sera un cap difficile à passer pour les entreprises avec la fin ou la réduction de certaines aides. Giuseppe Conte a mis ses homologues en garde cette semaine : « Sans réponse forte, coordonnée et européenne, nous détruirons le marché unique », a assuré le président du Conseil italien. Un échec des négociations aurait donc des conséquences politiques. Résistance à la taxe Gafa En dehors du plan de relance, il y a un projet européen qu'il ne va certainement pas aider à faire éclore, c'est celui de la taxe Gafa. Paschal Donohoe, qui avant d'entrer en politique a fait carrière dans le privé (chez Procter and Gambler, puis chez le géant des spiritueux Diageo), défend un taux des sociétés à 12,5%, particulièrement bas. Surtout, il fait de la résistance quand l'Union européenne envisage de taxer les Gafa faute d'accord à l'OCDE. Ce n'est guère surprenant vu que l'Irlande accueille les sièges européens de géants du numériques. Ce fan de Star Wars ne fera peut-être donc pas régner la paix entre les étoiles de la zone euro sur tous les sujets.

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