Aujourd'hui l'économie - L’hydrogène vert, le nouvel horizon de l’Europe

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L’hydrogène sera l’un des leviers de la relance européenne et de la transition climatique. C’est ce que souhaite la commission de Bruxelles qui a présenté hier mercedi sa stratégie pour développer la production de ce nouveau gaz vert. Pour le moment la couleur de l’hydrogène c’est plutôt le gris: la production émane des énergies fossiles, avec des émissions de CO2 record, de l’ordre de 10 à 20 tonnes pour une tonne de gaz. Mais il existe une alternative verte, qui n'émet pas de carbone, c’est l’hydrogène issu de l’électrolyse de l’eau alimentée par des sources d'électricité renouvelable. Cet hydrogène vert est prometteur pour la transition énergétique. D’abord parce que sa combustion n'émet pas de CO2 et ensuite parce qu'il peut stocker l'énergie produite par l’éolien ou le solaire, une qualité très recherchée car ces sources intermittentes de courant. La technologie de l'électrolyse existe. Le problème c’est son coût. Pour le moment il est trois fois plus élevé que celui de l'hydrogène issu du gaz naturel par exemple. La commission veut donc soutenir à fond cette filière pour la verdir et la rendre compétitive. Ce pari sur l'hydrogène, c'est « l’amorce d’un chamboulement dans la façon dont on peut utiliser l’énergie en Europe » estime François Kalaydjian, directeur économie & veille stratégique chez IFP Energies nouvelles pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, l’objectif que se sont fixés les 27. La Commission souhaite multiplier par 6 les capacités de production d’hydrogène par électrolyse d'ici quatre ans L'ambition pour 2030 est de produire assez d’hydrogène pour couvrir à terme de 12 à 14% de la consommation énergétique de l’Europe. Cet hydrogène vert servira en priorité à décarboner les industries lourdes les plus polluantes, comme la sidérurgie, la cimenterie qui en sont des gros consommateurs. L’hydrogène peut aussi jouer un rôle clé dans le futur des transports. Pour les voitures individuelles. Et surtout pour les moyens de locomotion trop goulus en énergie pour fonctionner au moteur électrique classique. Comme les camions, les trains, les bus ou les bateaux. Car un plein à l’hydrogène est plus rapide et permet des trajets beaucoup plus longs. Il existe déjà à Paris une flotte de taxis fonctionnant à l'hydrogène. La Commission mise sur l’engagement du privé pour réaliser cette révolution. Avec le soutien des Etats qui seront autorisés à subventionner cette industrie. Et il y aura bien sûr des prêts européens dans le cadre du plan de relance de l’économie. Ce chantier colossal se chiffre en centaines de milliards d'euros Cela peut aller jusqu'à 400 milliards d’euros estime la Commission. C'est un chantier gigantesque aussi en étapes à franchir : avant de bâtir des électrolyseurs en quantité il faudra investir dans la recherche pour mettre au point des unités de grande taille, souligne François Kalaydjian. Car les modèles existants sont peu performants et sous-dimensionnés pour produire à grande échelle. En attendant la Commission acceptera le développement de l’hydrogène dit bleu, celui qui est issu du gaz naturel mais dont les émanations de carbone sont capturées. Une technologie propre et deux fois moins chère que celle de l’hydrogène vert. Mais ces nuances entre le vert et le bleu, les écologistes les voient rouges ! Ils redoutent que le projet ne soit dévoyé par les industries des hydrocarbures. Pas si simple selon les experts. Ces industries sont soumises à des exigences de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pas sûr qu’elles aient intérêt à investir dans des projets qui alourdissent in fine leur bilan carbone. En tout cas nombre d'entre eux sont déjà très présents dans cette filière encore embryonnaire. Beaucoup de gaziers ont rejoint l’Alliance européenne pour l’hydrogène vert lancée pour mettre en œuvre cette feuille de route. On retrouve également EDF qui favorise le nucléaire pour alimenter les futurs électrolyseurs. ►En bref Le Kenya et les Etats-Unis ont officiellement entamé des négociations pour signer un accord de libre échange Les échanges entre les deux pays se montent à un milliard 100 millions de dollars, ils sont en augmentation constante depuis plusieurs années. Après le Maroc, le Kenya est le deuxième pays africain avec qui l'Amérique de Donald Trump cherche à signer un traité commercial.

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